L’Union belge des prestataires des soins (UBPS) estime que l’accord dento-mutualiste récemment présenté ne comporte que des avancées partielles et reste largement inadapté à la réalité clinique, scientifique et économique de l’exercice dentaire, indique l’organisation dans un communiqué. Elle y voit une série de décisions essentiellement dictées par des contraintes budgétaires, au détriment de la prévention, de l’autonomie professionnelle et de la liberté thérapeutique des praticiens.
L’UBPS pointe d’abord plusieurs incohérences dans le remboursement de certains actes. Si la deuxième radiographie intra-buccale est désormais remboursée au même tarif que la première, la radiographie panoramique reste limitée à un remboursement tous les trois ans, sans justification médicale sérieuse, selon l’organisation. Ces choix relèveraient d’une gestion « purement comptable » des soins, déconnectée des besoins des patients et des impératifs cliniques auxquels les dentistes sont confrontés au quotidien.
La suppression du DPSI constitue, pour l’UBPS, un tournant préoccupant. L’organisation estime que cette décision, justifiée par des abus imputés à la profession, revient à sacrifier la prévention tout en affichant des objectifs d’amélioration de la santé bucco-dentaire. Elle regrette également que les praticiens n’aient pas été informés en amont des dysfonctionnements constatés, dénonçant une sanction collective appliquée sans transparence ni dialogue préalable.
L’UBPS critique par ailleurs l’instauration de tarifs maximaux pour certains actes de dentisterie générale et d’orthodontie. Cette mesure marquerait, selon elle, un changement de cap clair et constituerait une première étape vers la remise en cause du déconventionnement. L’organisation y voit le début d’un plafonnement progressif des honoraires, susceptible de transformer les dentistes en variables d’ajustement budgétaire et de fragiliser l’autonomie professionnelle ainsi que le cadre libéral de l’exercice.
Selon l’UBPS, cette évolution touchera l’ensemble de la profession, qu’il s’agisse de praticiens conventionnés ou non conventionnés. Les contraintes financières influenceraient directement les honoraires et, par conséquent, la manière de travailler, une logique jugée incompatible avec une profession médicale fondée sur des données scientifiques, des impératifs de santé publique et une liberté thérapeutique pleine et entière.
L’organisation estime en outre que la convention dentaire ne se maintient plus que par des ajustements successifs et des compromis répétés entre mutualités et associations professionnelles. Cette instabilité chronique révélerait les limites structurelles du modèle conventionnel actuel.
Face à ce constat, l’UBPS défend une approche alternative pour augmenter durablement le taux de conventionnement. Elle plaide pour un conventionnement obligatoire durant les cinq premières années d’exercice des dentistes généralistes, comprenant l’année de stage et les quatre premières années de pratique, ainsi que pour les dentistes étrangers ayant obtenu une reconnaissance officielle. Des modalités similaires pourraient être envisagées pour certaines spécialités dentaires, comme l’orthodontie ou la parodontologie. Cette approche garantirait, selon l’organisation, un taux de conventionnement prévisible, éviterait le recours au plafonnement des honoraires et permettrait de mieux reconnaître l’expérience professionnelle.
Dans son communiqué, l’UBPS appelle enfin à une réaction collective de la profession. Elle estime que les concessions successives menacent directement la liberté thérapeutique et le statut d’indépendant des praticiens et juge urgent de préserver l’autonomie de décision clinique et l’indépendance de l’exercice dentaire. Sans réorientation profonde, avertit-elle, les compromis actuels ne feraient que retarder une crise majeure, au détriment tant des praticiens que des patients.
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