Les délais d’attente pour le diagnostic et le traitement de l’apnée du sommeil ont été abordés à la Chambre, à la suite d’une question de Carmen Ramlot (Les engagés), alors qu’une réforme visant à faciliter l’accès aux tests est en préparation. Le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, confirme la création d’une nouvelle prestation pour les généralistes dans le cadre de la nomenclature.
« Quand une personne dort mal depuis des années, attend des mois pour être diagnostiquée et voit sa santé se dégrader, chaque mois compte. » Carmen Ramlot, pharmacienne et députée fédérale, a interrogé le ministre sur les longs délais d’attente pour le diagnostic et le traitement de l’apnée du sommeil, trouble fréquent mais encore sous-diagnostiqué, aux conséquences importantes sur la santé cardiovasculaire, la fatigue chronique et la sécurité routière. « Les tests à domicile pour le diagnostic du syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAOS) peuvent réduire les listes d'attente parce qu'ils peuvent remplacer une polysomnographie (PSG) réalisée à l'hôpital pour certains patients. Le Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) y souscrit et prône une réforme du diagnostic et du traitement. »
Le ministre Frank Vandenbroucke indique qu’une réforme est en préparation afin de faciliter l’accès au diagnostic, notamment via les tests à domicile, et d’améliorer le rapport coût-efficacité de la prise en charge. « Les discussions se poursuivent et portent sur les modalités pratiques qui seront d'application et qui seront intégrées et réglées via les nouvelles réglementations. »
Deux groupes de travail se sont réunis au premier trimestre 2026 pour préciser ces modalités. « Les principes définitifs seront établis dans les prochaines semaines. Il s'agit donc de répondre à différentes questions telles que : comment le médecin, généraliste entre autres, peut-il soupçonner un syndrome d'apnée obstructive du sommeil chez un patient ? À quelles indications un patient doit-il répondre pour qu'un test diagnostique à domicile puisse être prescrit et réalisé ? Dans quel cas une polysomnographie à l'hôpital est-elle encore nécessaire ? Quels sont les critères qui déterminent qu'un test est valide ? Comment le suivi du patient doit-il être assuré après la période de suivi d'un an par le centre du sommeil ? Comment la transition entre l'ancien et le nouveau système doit-elle s'opérer ? »
Sur le plan financier, le ministre précise qu’une « nouvelle prestation devra être créée pour les médecins généralistes dans le cadre de la nomenclature. Une évolution progressive vers 45 % de tests à domicile est attendue sur une période de trois ans. L'objectif final à atteindre sur cinq ans est de 70 %. Une analyse financière est en cours. Les résultats définitifs de cette analyse sont également attendus dans les prochaines semaines. L'ambition est de mettre en œuvre la réforme au 1er janvier 2027 ».
Concernant les délais, le recours accru aux tests à domicile devrait désengorger les centres du sommeil et réduire les temps d’attente. « Plusieurs études randomisées organisationnelles montrent déjà que le recours au test diagnostique du SAOS à domicile réduit le délai d’accès au diagnostic et au traitement, en comparaison à la PSG à l’hôpital. Cet aspect fera en tout cas l’objet d’une évaluation spécifique », ajoute le ministre.








