Actuellement, une menace pèse sur l’avenir du caisson hyperbare de l’hôpital Vésale, au sein du CHU de Charleroi (HUmani), situé à Montigny-le-Tilleul. Une situation inquiétante qui concerne potentiellement des milliers de patients et de nombreuses pathologies.
Au Parlement, la députée wallonne Özlem Ozen souligne que la mobilisation s’accentue : « Une pétition citoyenne a été déposée au niveau fédéral afin d’interpeller la Chambre des représentants sur cette situation, sans toutefois atteindre le nombre de signatures requis. Plus récemment, la commune de Courcelles a adopté une motion non contraignante appelant à une mobilisation urgente des autorités fédérales et régionales, de l’INAMI, du KCE, des communes wallonnes et des réseaux hospitaliers, afin de garantir la pérennité de ce service. Il s’agit de la première initiative communale de ce type en Wallonie. »
Complexité juridique
Le ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters, reconnaît que « sur le plan juridique et institutionnel, le dossier de l’oxygénothérapie hyperbare (OHB) illustre la complexité de la répartition des compétences entre le Fédéral et les entités fédérées. Depuis la sixième réforme de l’État, la Wallonie est compétente pour le financement des infrastructures hospitalières et des équipements médico-techniques lourds. Toutefois, le caisson hyperbare n’est pas repris dans la liste légale des “équipements médico-techniques lourds” (contrairement à l’IRM ou au PET-scan). En conséquence, il ne peut bénéficier des dispositifs de financement forfaitaires réservés à ces équipements. À ce jour, l’intervention régionale se limite au “prix d’hébergement”, qui couvre de manière théorique et globale les charges liées à l’achat de matériel médical. »
Actuellement, l’absence de normes d’encadrement spécifiques pour les centres hyperbares empêche un financement structurel du personnel. Le remboursement de l’acte technique par l’INAMI semble aujourd’hui insuffisant pour couvrir la réalité des frais d’exploitation.
Que va faire la Wallonie ?
Le ministre est clair à ce sujet : « Parmi les réflexions, celle d’une intervention directe de la Région pour combler le déficit de fonctionnement poserait une difficulté de sécurité juridique en l’absence de cadre réglementaire précis. J’ai interpellé mon homologue fédéral, Frank Vandenbroucke, afin d’examiner les possibilités de refinancement structurel de cette prise en charge. »
Mais cela suffira-t -il ? Il y a urgence. Le bourgmestre de Charleroi, Thomas Dermine, et le ministre-président wallon, Adrien Dolimont, sont aussi sensibles à cette question.








