Cancer du sein: «Des freins au dépistage existent!» Coppieters cible les radiologues, sénologues, généralistes…

La participation au programme de dépistage officiel du cancer du sein pour les femmes âgées de 50 à 69 ans atteint seulement 4,3% en Wallonie. Ce taux ne décolle pas depuis des années, alors qu’il est de 49,7% en Flandre. Pourquoi? 

Pour Yves Coppieters, ministre de la Santé, «malgré tous les efforts de communication vers le public cible et vers les professionnels, la répartition dépistage opportuniste versus dépistage organisé reste inchangée depuis des années au profit du dépistage opportuniste. Ainsi, il importe de préciser que le taux de couverture totale pour les deux dépistages atteignait près de 49% en 2023 en Région wallonne», précise-t-il au Parlement wallon.

Des problèmes éthiques!
Dans sa réflexion, il va plus loin: «En Région wallonne, des freins au dépistage organisé persistent: d’une part, du fait d’habitudes bien ancrées chez les radiologues, gynécologues et médecins généralistes et, d’autre part, en raison d’aspects financiers, surtout chez les sénologues. Cette situation pose des problèmes éthiques et économiques et induit une confusion peu satisfaisante.»

Il entend faire évoluer les mentalités et l’impact sur le terrain: «Le travail en cours avec le CCRef, le Centre de coordination et de référence pour le dépistage des cancers, porte sur l’amélioration des taux de participation. La piste de l’envoi d’une convocation avec un rendez-vous prédéfini dans une unité de radiologie agréée, à l’instar de ce qui se fait en Flandre, est toujours à l’étude en termes de faisabilité technique et financière, notamment pour éviter quelques écueils ou risques préidentifiés: un trop grand nombre de rendez-vous non honorés comme rencontrés en Flandre et le développement d’un outil unique de prise de rendez-vous.»

Un nouveau code de nomenclature?
D’autres pistes sont explorées en parallèle. «L’extension en province de Luxembourg de l’utilisation d’unités mobiles – le dispositif de Mammobile – comme en province de Liège. Ce dispositif vise à pallier notamment les longs délais de rendez-vous et les distances à parcourir qui ne motivent pas les femmes à se faire dépister.»

Par ailleurs, des travaux sont en cours au sein du groupe de travail Prévention visant à formuler des recommandations en matière d’objectifs de soins de santé au Conseil général de l’INAMI. «C’est notamment l’occasion de proposer à nouveau un travail sur les codes de nomenclature de la mammographie pour mieux orienter la majorité des femmes asymptomatiques et pour réserver le bilan sénologique aux femmes qui en ont vraiment besoin. Nous ancrons nos actions dans la durée pour nous assurer que les changements consentis le seront durablement. Nous travaillons activement pour augmenter ce taux de participation de ce programme de dépistage capital en termes de santé publique.»

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Derniers commentaires

  • Jean-Pol Bleus

    09 avril 2026

    Du grand n'importe quoi. Gynécologues, généralistes, sénologues pratiquent tous un dépistage au niveau de leur patientèle. Avant de faire des affirmations gratuites, le ministre devrait demander à ses services d'étudier le coût financier de structures comme le mammobile(véhicule, chauffeur, technologue, double lecture) versus une consultation de sénologie. Et on ne parle pas de l'efficacité!

  • Robin GUEBEN

    09 avril 2026

    Les freins seraient les aspects financiers et des problèmes éthiques économiques ? N'importe quoi... C'est quel stagiaire qui pond les avis ? Parce que ça devient vraiment n'importe quoi là.
    Le 1er problème c'est toujours le même, le "tri" et la prévention n'est pas bien faite par la première ligne des généralistes. S'ils palpaient des seins, s'ils faisaient des échographies, et surtout s'ils faisaient bien leurs sumehr antécédents, ça dégrossirait déjà pas mal. Le 2e problème, c'est toujours le même aussi, si le "réseau" est bien organisé, ça roule. Le gynécologue sénologue du CHR Verviers qui envoie chez la radiologue sénologue à la clinique Peltzer et inversément, ça roule. Le gynécologue sénologue de feu Saint-Vincent à Roccourt qui demande à sa femme anapath de faire l'examen en extemporané, ça roule. Si tous ces gens prennent leur retraite, c'est beaucoup moins fluide. Le système de soins flamand est beaucoup plus dans une espèce de fordisme, qu'il serait impossible d'appliquer en Wallonie-Bruxelles.

    Universités, formez mieux. Hôpitaux, organisez-vous mieux. État, réfléchissez deux minutes avant de créer une nouvelle déflation !