Chambre commune à l’hôpital : faut-il tenir compte de l’identité de genre du patient ?

L’attribution des chambres communes à l’hôpital peut soulever des questions lorsque l’identité de genre d’un patient ne correspond pas au sexe mentionné dans ses documents officiels. Dans un avis récent, le Conseil national de l’Ordre des médecins aborde cette situation et estime que l’identité de genre doit être prise en considération, y compris lorsque celle-ci diverge du sexe juridique.

Saisi d’une question sur l’attribution des chambres communes aux patients transgenres ou non genrés, le Conseil national s’est appuyé sur l’avis de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes. Celui-ci considère que l’attribution d’une chambre devrait se faire en fonction de l’identité de genre du patient, définie comme « l’expérience personnelle de son propre genre, qui peut correspondre ou non au genre attribué à la naissance ou figurant sur la carte d’identité ».

L’Ordre rappelle que, dans la pratique hospitalière, le sexe mentionné dans les documents d’identité est généralement utilisé par les services administratifs au moment de l’admission. Toutefois, lorsque ce sexe juridique ne correspond pas à l’identité de genre du patient, une solution doit être recherchée afin de garantir son confort et sa dignité. « L’identité de genre du patient prime sur les intérêts administratifs », souligne le Conseil national.

Cette approche s’inscrit, selon l’Ordre, dans les principes déontologiques de la profession médicale. Les médecins sont tenus de respecter la vie privée, l’intimité et l’identité de tous les patients, qu’elle soit culturelle, sexuelle, religieuse ou philosophique.

Dans cette perspective, l’Ordre invite les établissements de soins à rechercher un équilibre entre les contraintes organisationnelles propres aux hôpitaux et les besoins spécifiques de chaque patient. Des initiatives favorisant le bien-être et la dignité des personnes hospitalisées contribuent, selon l’avis, à améliorer l’accès aux soins et, par conséquent, la qualité des soins.

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Derniers commentaires

  • Francois Planchon

    16 mars 2026

    Suite : Si un personne se trouve à l'étranger, et qu'il y a un doute sur son identité (situation malheureusement fréquente), je la vois mal prétendre être une femme alors que son test ADN et son anatomie désigne un homme... ou l'inverse...
    Si elle doit passer par un scanner corporel d'aéroport qui indique un homme alors que le passeport indique une femme, ou l'inverse, il y aura évidemment un doute légitime des services douaniers et de sécurité nationale sur son identité...
    Une procédure de levée des doutes, non humiliante, est évidemment à prévoir... mais tous les pays ne sont évidemment pas prêts à s'ouvrir à cette démarche.
    Imaginons maintenant un accident majeur nécessitant une identification compliquée de corps : si on accepte une inadéquation entre le sexe biologique et le sexe administratif... les familles risquent d'attendre longtemps une réponse pourtant légitime à leurs inquiétudes.
    Imaginons une enquête criminelle avec des recherches ADN des auteurs ou des victimes : il devient évident que le sexe biologique DOIT figurer sur les données officielles accessibles à la police et aux parquets !

    Maintenir le sexe biologique objectif sur les documents officiels est donc indispensable, quitte à ajouter une rubrique du sexe souhaité dans les relations sociales...
    Ajoutons que garder la possibilité d'ajouter "indéterminé", ou une autre précision, doit subsister dans les très rares cas d'anomalies génétiques...
    Le bon sens bienveillant doit guider les législations, tout en bannissant les discriminations...

    Je termine par un exemple vécu : dans mon travail, j'ai dû gérer la situation sociale et administrative d'une personne hermaphrodite, ayant fait le choix de vivre comme une femme, mais avec un état civil la désignant comme homme...
    Elle n'a jamais souhaité entreprendre les démarches pour un changement de sexe à l'état civil, qui aurait pourtant été possible, pour éviter des démarches qu'elle jugeait trop lourdes, et ce malgré ma proposition de l'accompagner si elle le souhaitait.
    Par contre, suite à un changement de législation Belge dans les années 90, j'avais pris l'initiative de l'informer de la (nouvelle à l'époque) possibilité de changer gratuitement et facilement de prénom.
    Elle a accepté. Je l'ai aidée à rédiger le courrier, puis assuré le suivi à l'état civil.
    Le prénom choisi était un prénom à consonance féminine, qu'elle utilisait déjà comme surnom avec ses amis.
    La démarche a été rapide et lui a apporté un grand soulagement dans sa vie publique et surtout administrative... où elle était désignée par son prénom à consonance masculine qui contrastait franchement avec son apparence...

    La personne étant décédée depuis longtemps, sans descendance, je peux mentionner cet exemple pour illustrer le soutien possible à apporter par les professionnels, et la bienveillance attentive que nous devons garder en éveil... face à des personnes souvent blessées moralement... sans que cela soit nécessairement apparent.

  • Francois Planchon

    16 mars 2026

    C'est un peu surréaliste : le sexe biologique, à de très très rares exceptions près, reste quand même une donnée médicale objective, ET surtout une donnée d'identification NON falsifiable de par sa nature même... !

    Dans les unités de soins, il faut aussi prendre en considération les intérêts des autres patients, et des soignants, qui peuvent requérir, bien évidemment, de se trouver dans le voisinage de personnes de même sexe BIOLOGIQUE...
    Les contraintes liées au partage des toilettes / salle de bain / douches des chambres communes ou à 2 lits, et aux partages de locaux (et vestiaires) pour une large part des soins nécessitant un déshabillage, sont très souvent liées au sexe "biologique" !

    Dans le civil, chacun est libre de s'habiller selon ses souhaits (pour autant qu'il respecte la pudeur des autres et la législation - ex. de la burqa- ), et pourquoi pas libre de demander qu'on l'appelle Mr ou Mme (ou autre) dans ses relations sociales...

    MAIS le sexe biologique reste quand même une donnée biométrique objective, infalsifiable, d'identification qui doit rester officiellement accessible, sous peine de complications sans fin !!!!