Le gouvernement wallon a approuvé mercredi une nouvelle stratégie hospitalière articulée autour de cinq axes. Objectif : mieux préparer le secteur aux réformes fédérales en cours, en mettant l’accent sur les résultats, la lisibilité et l’ancrage territorial des soins.
Le secteur hospitalier dans son ensemble est sous tension actuellement avec l’avant-projet de loi-cadre sur la réforme des soins de santé du ministre Vandenbroucke. Pourtant, au gouvernement wallon, le ministre de la Santé, Yves Coppieters, entend poursuivre son travail avec le secteur : « Notre travail est complémentaire. L’objectif est aussi de bien se préparer au niveau régional pour être en capacité de s’adapter à la réforme du paysage hospitalier. Par exemple, nous avons la compétence sur les infrastructures hospitalières : il faut de la souplesse pour adapter le parc à la suite des éventuelles réformes fédérales. Il faut anticiper. »
Une stratégie claire
Dans ce contexte, le gouvernement wallon a approuvé aujourd’hui une stratégie dédiée à la politique hospitalière, qui définit les grands axes d’intervention de la Wallonie dans le cadre de la réforme fédérale en cours. L’objectif est clair : « faire évoluer l’organisation hospitalière wallonne vers une approche centrée sur les résultats, mieux articulée aux lignes de soins, et ancrée dans les réalités territoriales. En clarifiant notre vision, en adaptant nos outils, et en jouant pleinement notre rôle dans la gouvernance du système, la Wallonie veut garantir une offre de soins hospitaliers plus lisible, plus équitable et plus adaptée aux besoins réels. »
Cinq axes forts
La stratégie s’inscrit dans le partage des compétences entre l’État fédéral (répartition des soins, plan médical, personnel hospitalier) et la Région wallonne (agrément, infrastructures, qualité, logistique, prévention, etc.) et vise à clarifier le rôle des entités fédérées dans un paysage en mutation, tout en assumant les leviers que la Wallonie peut mobiliser.
Le ministre retient cinq points importants :
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Qualité des soins : faire évoluer les démarches qualité vers une logique d’amélioration continue centrée sur les résultats (et non plus seulement sur les normes structurelles). Un arrêté wallon spécifique viendra soutenir cette démarche, en articulation avec le cadre fédéral.
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Infrastructures hospitalières : adapter le dispositif d’investissements hospitaliers afin d’anticiper les transformations du paysage hospitalier, notamment via une approche plus souple des projets et une prise en compte des critères ESG (environnement, social, gouvernance).
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Normes d’agrément : moderniser et simplifier les normes imposées aux hôpitaux, pour mieux accompagner les pratiques de terrain. L’objectif est de basculer vers une logique d’agrément par les résultats, plus proche de la réalité du patient et de l’équipe soignante.
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Articulation entre les lignes de soins : préciser le rôle des hôpitaux, en tenant compte de la future répartition des soins entre les fonctions générales, spécialisées et de jour définies par l’État fédéral. Il s’agira notamment de faciliter les collaborations entre les hôpitaux et les dispositifs d’amont et d’aval, tout en assurant la lisibilité du système pour les patients.
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Planification territoriale : renforcer sur le long terme la planification régionale des activités hospitalières, en concertation avec les autorités fédérales, afin d’assurer une répartition cohérente et équitable de l’offre de soins sur le territoire.
Cette stratégie marque une volonté claire de la Wallonie de renforcer sa capacité d’action et d’adaptation face aux évolutions du système hospitalier, tout en garantissant une offre de soins de qualité sur l’ensemble de son territoire.








