Climat : une nouvelle étude identifie les risques pour la santé et les soins en Belgique

Les vagues de chaleur, les inondations et leurs conséquences sur la santé mentale et la continuité des soins figurent parmi les risques examinés en priorité par l’étude BE-Adapt, présentée jeudi par le SPF Santé publique. Réalisée pour préparer le Plan fédéral d’adaptation 2027-2031, cette analyse identifie les leviers fédéraux pour protéger la population et les services essentiels. Les mesures proposées doivent encore faire l’objet d’un arbitrage politique.

Réalisée par VITO, ICEDD, Ramboll et Möbius à la demande du Service Changements climatiques du SPF Santé publique, l’étude Be-Adapt: Adaptation Measures in Belgium Based on Risk Analyses examine dix risques pour lesquels l’autorité fédérale peut jouer un rôle important. Elle s’appuie sur l’évaluation belge des risques climatiques du Centre d’analyse des risques du changement climatique (CERAC).

Six risques ont été étudiés de manière approfondie : les effets sanitaires des vagues de chaleur, la continuité des soins lors de fortes chaleurs et d’inondations, la santé mentale, les inégalités sociales, la vulnérabilité des infrastructures énergétiques et la possibilité d’assurer les habitations exposées aux inondations. Quatre autres domaines ont été examinés sur la base de processus et d’expertises existants, dont les maladies à transmission vectorielle.

La chaleur, un risque sanitaire prioritaire

Les vagues de chaleur constituent l’un des principaux risques sanitaires pour la Belgique. Le SPF Santé publique rappelle, dans son communiqué, qu’une surmortalité de près de 3.000 personnes a été enregistrée durant l’été 2026, selon Sciensano.

L’évaluation du CERAC identifie notamment les personnes âgées, les femmes enceintes, les patients atteints de pathologies chroniques physiques ou psychiques et les personnes vivant dans des logements précaires parmi les groupes les plus exposés. Les conditions de logement déterminent en partie la capacité à se protéger : dans les villes, environ 14 % des ménages, et jusqu’à 40 % des plus vulnérables, ne parviennent pas à maintenir leur habitation au frais en été.

Le CERAC relève également que les fortes chaleurs aggravent les effets de la pollution atmosphérique. Les conséquences sanitaires du dérèglement climatique comprennent aussi une amplification des allergies aux pollens.

Des établissements fragilisés quand la demande augmente

La continuité des soins constitue un risque distinct dans BE-Adapt. Les épisodes climatiques extrêmes peuvent affecter simultanément la population et les structures chargées de la prendre en charge.

Les hôpitaux et les maisons de repos sont eux-mêmes vulnérables aux fortes chaleurs et aux inondations, souligne le CERAC. Or, ces événements s’accompagnent précisément d’une augmentation de la demande de soins. Sans adaptation des infrastructures et de l’organisation des services, le système de santé risque donc de subir une pression supplémentaire.

L’étude fédérale identifie plusieurs domaines d’intervention : le suivi des risques, les systèmes d’alerte précoce, la préparation aux crises, la protection des infrastructures critiques et le renforcement de la continuité des services essentiels. La vulnérabilité des infrastructures énergétiques fait également l’objet d’une analyse approfondie.

Ces travaux soulignent la nécessité de coordonner les politiques de santé, d’énergie, de protection sociale et de gestion de crise. L’adaptation des soins suppose ainsi une coopération entre les différents niveaux de pouvoir et les secteurs concernés.

La santé mentale parmi les six priorités

BE-Adapt accorde également une place spécifique aux effets du changement climatique sur la santé mentale. L’évaluation du CERAC décrit des risques d’augmentation de l’anxiété, de la dépression et des traumatismes associés aux événements météorologiques extrêmes. Elle souligne la nécessité de développer une offre plus large de soins de santé mentale pour y faire face.

L’analyse fédérale traite parallèlement l’aggravation des inégalités sociales et la pression sur la cohésion sociale comme un risque à part entière. Le soutien aux groupes vulnérables et la communication sur les risques figurent parmi les leviers proposés.

Les inondations illustrent l’ampleur des conséquences matérielles des catastrophes climatiques. Selon les chiffres rappelés par le SPF Santé publique, celles de 2021 en Wallonie ont causé plus de 5,2 milliards d’euros de dégâts. La possibilité de maintenir une couverture d’assurance pour les habitations situées dans des zones exposées constitue l’un des six sujets analysés en profondeur.

Les maladies vectorielles également examinées

La propagation de maladies à transmission vectorielle, notamment par les moustiques et les tiques, figure parmi les quatre risques étudiés de manière moins approfondie. Ce choix tient au recours à des processus et expertises existants et ne signifie pas que ces risques seraient jugés moins importants.

Les trois autres domaines concernés sont la vulnérabilité des infrastructures de transport, les perturbations des chaînes alimentaires internationales et les déplacements de personnes à la suite de catastrophes climatiques.

Des propositions, pas encore des décisions

Pour chacun des six risques prioritaires, les chercheurs ont identifié des mesures que le niveau fédéral pourrait mettre en œuvre. L’objectif est d’anticiper les dommages et les perturbations, tout en renforçant la protection des populations vulnérables et le fonctionnement des services essentiels.

Les propositions de BE-Adapt doivent encore être évaluées par les administrations fédérales avant les décisions du gouvernement. Cette évaluation portera sur leur efficacité, leur faisabilité et leur coût. Le ministre du Climat Jean-Luc Crucke coordonnera ensuite le processus de décision au sein du gouvernement fédéral.

« Notre objectif est clair : mieux anticiper les risques et mieux protéger la population, nos infrastructures et notre économie », déclare le ministre. Le Plan fédéral d’adaptation 2027-2031 devrait être finalisé dans le courant de l’année 2027.

> Les résultats détaillés de l’étude BE-Adapt sont disponibles sur le site du Service Changements climatiques.

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