L'Union professionnelle vétérinaire (UPV) et son homologue néerlandophone Verenigde Dierenartsen (VeDa) ont annoncé jeudi avoir quitté, la veille, une séance de démonstration d'un nouveau système d'encodage des antibiotiques, organisée par les autorités fédérales. Ils dénoncent une nouvelle preuve d'imposer "des charges irréalistes", "des outils non fonctionnels" et déplorent "une précarisation silencieuse de la profession".
Selon les syndicats, qui représentent plusieurs centaines de professionnels en Belgique, cette future obligation est la goutte qui fait déborder le vase. Ils pointent que "sans soutien" du fédéral, les vétérinaires belges "ont réduit de plus de 60% depuis 2011 la vente d'antibiotiques en médecine vétérinaire, l'une des baisses les plus importantes de l'Union européenne". Tout ça "sans prime, sans renfort administratif", et "au prix d'une charge mentale, d'un épuisement" et d'"un taux de suicide stratosphérique".
Les organisations déplorent un cumul d'obligations légales sans compensation. Avec le risque que le nouveau système d'encodage proposé par le fédéral "transforme le vétérinaire en opérateur administratif à plein temps, au détriment du soin, de la prévention et du lien avec les propriétaires et les éleveurs". La seule prime promise ne serait versée que "quatre ans après le démarrage de la charge" et "sans garanties claires sur le montant réel", contestent-ils encore.
L'UPV et VeDa demandent dès lors aux élus du Parlement de suspendre la mise en œuvre de ce système d'encodage, d'organiser une audition parlementaire avec les représentants de la profession notamment, de mettre en place un financement "équitable et prévisible" et de poursuivre une approche où "la médecine vétérinaire ne reste pas la seule à assumer des obligations lourdes sans moyens dédiés".
Dans une réponse transmise à Belga, le cabinet du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke dit comprendre que le nouveau système d'encodage des antibiotiques "ne soit pas simple à appréhender" et qu'il "représente une charge administrative supplémentaire dans une pratique déjà très chargée". Le cabinet rappelle l'existence d'une prime pour accompagner ce travail, "même si elle ne répond pas encore à toutes les attentes", admet-il. L'UPV et VeDA dénonçaient notamment un paiement trop tardif, prévu en 2029.
"Le mécontentement exprimé est pris en compte, et une rencontre avec les ministres concernés sera rapidement organisée pour en discuter et envisager des solutions constructives", a confié la porte-parole du ministre.








