Covid long : vers un centre d’expertise en Belgique ?

La députée Katleen Bury (Vlaams Belang) a interpellé mercredi le ministre fédéral de la Santé publique Frank Vandenbroucke sur la nécessité de mettre en place un centre d’expertise dédié au covid long. Le ministre reconnaît les lacunes du système actuel, mais annonce des concertations en cours pour un nouveau trajet de soins, avec une possible création de centres spécialisés.

« Les conséquences du covid long restent particulièrement lourdes pour de nombreux Belges », a souligné Katleen Bury lors de la Commission santé de la Chambre. Fatigue persistante, troubles respiratoires, difficultés de concentration… La députée a évoqué les multiples plaintes rapportées par les patients, qui se sentent souvent « baladés de service en service, sans orientation claire ni interlocuteur désigné ».

Elle a cité l’exemple des Pays-Bas, où un centre d’expertise a été créé et permet non seulement une prise en charge spécialisée, mais aussi une meilleure diffusion des connaissances auprès des prestataires de soins. Elle a également fait référence à une étude récente de l’université de Yale, qui identifie des marqueurs immunologiques spécifiques au syndrome post-vaccinal (PVS), appelant à une meilleure structuration de la réponse belge.

En réponse, le ministre Vandenbroucke a admis que l’accord actuel sur le covid long « n’est pas idéal », mais qu’il constitue « une étape importante établie avec les associations de patients ». Il permet l’accès à des soins personnalisés — kinésithérapie, diététique, ergothérapie, neuropsychologie — pour les troubles somatiques et cognitifs liés au covid long, via activation par un médecin généraliste. Toutefois, le nombre de patients ayant effectivement bénéficié de ce cadre est plus faible que prévu.

« Nous analysons les raisons de cette faible activation et en tiendrons compte pour élaborer un nouvel accord », a-t-il déclaré. Une réunion de consensus a déjà été organisée fin septembre avec des experts, des médecins de première et de deuxième ligne, des chercheurs et des paramédicaux, en vue de définir une population cible et un trajet de soins élargi à d’autres patients présentant des symptômes similaires.

Le ministre confirme que toutes les parties prenantes, y compris les associations de patients, seront prochainement impliquées dans un groupe de travail élargi. L’organisation du trajet de soins y sera discutée, « y compris la possible création de centres d’expertise ou d’autres formes de consolidation de la connaissance scientifique sur le covid long ».

Enfin, des contacts sont en cours avec les centres néerlandais afin de mieux comprendre leur fonctionnement. « Toutes les informations récoltées permettront de développer un projet de nouvel accord, qui sera ensuite soumis aux experts, aux patients et aux autres parties prenantes », a conclu le ministre.

Katleen Bury s’est réjouie de cette réponse ouverte mais a demandé une clarification sur le calendrier : « J’ai bien entendu parler de concertations, de réunions, de consensus, mais pas de timing concret. Si vous pouviez m’en fournir un, cela me rendrait très heureuse. »

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