Franchise en soins de santé: jusqu'à 4,7 milliards d'euros d'économies potentielles

L'instauration d'une « franchise » en soins de santé, obligeant les patients à prendre en charge eux-mêmes un montant fixe de dépenses avant toute intervention de leur mutualité, pourrait générer jusqu'à 4,7 milliards d'euros d'économies. C'est ce qui ressort d'une analyse de l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (INAMI), dont De Tijd et L'Echo font état mercredi.

Le gouvernement De Wever souhaite réaliser, d'ici à 2029, un effort d'économies de 10 milliards d'euros. Les administrations ont été chargées d'approfondir une liste de 263 propositions politiques. Le secteur des soins de santé, dont le budget annuel s'élève à environ 60 milliards d'euros, est également concerné par cet exercice.

Selon une note de l'INAMI consultée par De Tijd et L'Echo les mesures étudiées pourraient rapporter jusqu'à environ 6 milliards d'euros dans le scénario le plus ambitieux. La proposition la plus marquante consiste à instaurer une franchise sur les dépenses de santé. Concrètement, les patients ne bénéficieraient d'aucun remboursement de leur mutualité tant qu'un seuil prédéfini de dépenses n'aurait pas été atteint.

Si tous les patients devaient prendre en charge les premiers 500 euros de dépenses de santé chaque année, l'économie potentielle atteindrait 4,7 milliards d'euros. Avec une franchise fixée à 400 euros, elle serait estimée à 3,9 milliards d'euros, et à environ 3 milliards d'euros pour une franchise de 300 euros.

Si les bénéficiaires de l'intervention majorée étaient exclus du dispositif, l'économie maximale serait ramenée à 3,6 milliards d'euros dans l'hypothèse d'une franchise de 500 euros.

Lire aussi:

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> Vandenbroucke: « La franchise dans les soins de santé n'a pas été calculée à la demande de Vooruit »

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Derniers commentaires

  • Robin GUEBEN

    15 juillet 2026

    La franchise c'est un concept du système de santé américain où les cotisations sont plus individualisées que mutualisées. Les systèmes de santé européens social-assurantiel sont plus mutualisés obligatoirement. Un européen va t il accepter d'être mutualisé et franchisé à la fois ? Si vous agissez sur le bout bout de chaîne, c'est-à-dire le patient, il va péter un câble...

    Il y a tellement de dépenses un peu gabegies à supprimer ou à ré-organiser : les capitations DMG 1/2 milliard chaque année, les capitations forfaitaires à calquer sur d'autres indices maladies que l'indice santé, la centralisation des programmes médicaux en centralisé (et leur prise en charge à 100% pour les forfaitaires donc pas de prime télématique pour ces médecins)...

    Il existe tellement de frais systémiques à régler à supprimer ou à ré-organiser : le tiers-payant systématique (par retour du TPS et TPA obligatoirement indiqué), une augmentation du ticket modérateur (qui serait bien mieux toléré par la masse qu'une franchise), des meilleurs remboursements en passant par le généraliste, une réorganisation et une extension des PMG de garde de MG, des possibilités de missions de santé publique rémunérées en échange de ne pas rémunérer à l'acte (sauf exception), des liens hôpital-MGs par rétablissement du statut académique SMA...

    Il faudra un jour ou l'autre s'attaquer au vrai travail, INAMI, plus qu'essayer de trouver des économies de bout de chandelle et créer de la colère de patient, du mal-être de soignant et transformer tout un système de santé en jeu de mikado...