Les médecins radiologues libéraux français sont en grève ce lundi 10 novembre 2025. Une grève dans tout le pays à l'appel de la Fédération Nationale des médecins radiologues. Les centres et cabinets de radiologie français sont donc pour la plupart fermés ce lundi.
Le mouvement de grève lancé ce lundi par la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR) intervient alors que l’Assurance maladie française a décidé de nouvelles baisses de tarifs, dans le cadre des mesures prévues par le Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Selon le président de la FNMR, Jean-Philippe Masson, interrogé dimanche, « entre 70% et 85% » des radiologues pourraient cesser le travail.
Ces mesures doivent permettre à l’Assurance maladie d’économiser au moins 300 millions d’euros d’ici 2027 sur les remboursements d’imagerie médicale. Elles comprennent la limitation du nombre d’examens réalisables par patient au cours d’une même journée et une modification du mode de facturation : le premier acte reste rémunéré à 100%, le deuxième à 50%, et les suivants ne sont plus facturables. « Cela revient à payer nos propres actes », estime un professionnel cité en France.
Les forfaits destinés à compenser les charges liées à l’utilisation des équipements lourds – scanners et IRM – sont par ailleurs réduits de 13%. À cela s’ajoute l’obligation de remplacer les appareils tous les quatorze ans, une durée jugée trop longue par plusieurs radiologues. Ceux-ci craingnent « une détérioration de la qualité du matériel utilisé » si les remplacements ne sont pas réalisés selon un cycle plus court, de l’ordre de sept ans.
De son côté, le directeur de l’Assurance maladie française, Thomas Fatôme, a déclaré à l'AFP que cette baisse des tarifs ne menace pas la pérennité du secteur, qu’il juge « extrêmement rentable ». Il affirme que les conclusions des travaux internes ainsi que deux rapports de l’Inspection générale des finances et de l’Inspection générale des affaires sociales vont dans ce sens. « Elle ne va pas remettre en cause la viabilité de la radiologie dans notre pays, ni les conditions d’accès aux soins », a-t-il indiqué, soulignant que les investissements dans les équipements d’IRM ou de scanner « vont rester très rentables ».
Selon lui, les économies prévues – 300 millions d’euros d’ici 2027 – n’impliqueront pas une baisse globale des dépenses en radiologie, mais un ralentissement « d’un tiers » par rapport à la progression attendue (1 milliard d’euros sur la période).
Les discussions entre la FNMR et l’Assurance maladie ont échoué non sur l’ampleur des économies à réaliser, mais sur les moyens d’y parvenir. La FNMR plaide pour des actions de « pertinence des soins », visant notamment à limiter les examens inutiles, tandis que l’Assurance maladie met en avant des mesures tarifaires. Les quelque 4 800 radiologues libéraux ont été appelés à participer au mouvement de ce lundi.
Lire aussi : Opération Bruxelles : quatre jours de grève des chirurgiens français du 11 au 14 janvier








