"Je suis innocent": l'ex-anesthésiste de Besançon campe sur sa position

"Je n'ai jamais empoisonné quelqu'un. Je suis innocent", a assuré l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier, tendu mais déterminé, lundi au premier jour de son procès à Besançon pour trente empoisonnements de patients, dont douze mortels.

L'homme à la stature de colosse s'est avancé sans trembler devant la cour, pour la première fois de la journée lundi soir. "Je réfute tous les faits qui me sont reprochés", a-t-il lancé d'une voix claire et posée.

La présidente de la cour d'assises du Doubs, Delphine Thibierge, venait d'énumérer pendant plusieurs heures la litanie de cas reprochés à l'accusé de 53 ans, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

L'ancien médecin "reste serein, il s'est exprimé en disant qu'il maintenait ce qu'il avait toujours dit depuis le début: qu'il était innocent", a affirmé devant la presse son avocat Me Randall Schwerdorffer, qui plaidera l'acquittement.

Après huit ans d'enquête, l'ancien anesthésiste-réanimateur, qui comparaît libre, a pris place dans le box des accusés en jean et chemise bleu clair, soutenu par sa famille. Il fait face à plus de 150 parties civiles.

Parmi elles, Amandine Iehlen, dont le père Damien est mort en 2008 d'un arrêt cardiaque lors d'une opération du rein. Il avait reçu une dose de lidocaïne, un anesthésique local, dix fois supérieure à la normale.

Dix-sept ans après, Mme Iehlen, aujourd'hui présidente de l'association de victimes, a confié aux journalistes, en début d'après-midi, avoir "hâte d'entendre la voix" de l'ex-anesthésiste, et d'obtenir "des réponses".

Dans cette affaire vertigineuse, Frédéric Péchier est accusé d'avoir, entre 2008 et 2017, sciemment empoisonné 30 patients âgés de 4 à 89 ans, dans deux cliniques privées de Besançon. Douze sont morts.

A partir de mardi et pour deux semaines, la cour se penchera sur les cas les plus récents, ceux qui ont éveillé les soupçons des enquêteurs et abouti à la mise en examen de l'anesthésiste en mars 2017.

Ensuite, au fil des semaines, seront examinés chacun des empoisonnements reprochés au médecin.

Le verdict est attendu le 19 décembre.

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