La Mutualité Chrétienne opposée à une hausse du ticket modérateur

Une visite chez le médecin généraliste ne peut pas coûter plus cher, a déclaré mardi le président de la Mutualité Chrétienne, Luc Van Gorp, au cours de l'émission radio "De Ochtend" de la VRT.

Le gouvernement fédéral envisage d'augmenter le ticket modérateur au titre de mesure pour réduire le déficit budgétaire. Mais la MC s'oppose à cette "taxe cachée qui pèse sur les plus vulnérables".

La présidente de la N-VA, Valerie Van Peel, a clairement indiqué au cours du week-end écoulé que son parti nourrissait toujours l'ambition de réduire le déficit budgétaire fédéral à 3% du PIB au cours de cette législature. Dans ce contexte, elle a dit regarder en premier lieu les dépenses publiques et l'activation des malades de longue durée, mais n'exclut pas non plus de nouvelles taxes dans le paquet global.

En outre, l'augmentation du ticket modérateur est également à l'ordre du jour. Le vice-Premier ministre Frank Vandenbroucke (Vooruit) l'avait déjà proposé auparavant.

"Il est étrange que, lorsqu'il s'agit de trouver des milliards, on se tourne vers les personnes les plus vulnérables, celles qui sont malades", a réagi mardi Luc Van Gorp. "Les tickets modérateurs ne doivent pas servir à renflouer les caisses, pour ensuite, pour ainsi dire, payer le coût de la Défense".

M. Van Gorp plaide pour des réformes fondamentales au sein du système de santé. Il faut notamment lutter contre la prescription inutile de médicaments, estime-t-il. "Les médecins ont le devoir pédagogique de ne pas prescrire de médicaments lorsque cela n'est pas nécessaire".

Selon lui, les patients sont en outre parfois incités à effectuer des visites médicales inutiles ou à prendre des rendez-vous pour des examens d'imagerie médicale, ce qui fait grimper les coûts.

Le prix d’une visite chez le médecin n’a pas été indexé depuis dix ans. « Il est tout de même absurde que vous et moi puissions aller chez le généraliste pour 4 euros ? Ou que ma voisine, pour moins que le prix d’un café, puisse aller bavarder avec le médecin pour être rassurée ? Les soins gratuits n’existent pas. Une contribution équitable du patient aux soins de qualité qu’il reçoit me paraît tout à fait normale et permet de lutter contre la surconsommation », a réagi la députée N-VA Kathleen Depoorter.

Elle réfute l’idée que les patients les plus vulnérables seraient les plus touchés. « Au contraire. Il y a l’intervention majorée et le maximum à facturer (MàF) également indexée  », a-t-elle précisé.

L’accord de gouvernement prévoit en outre que les moyens disponibles soient dirigés vers les bénéficiaires appropriés. Kathleen Depoorter souligne la situation des ménages juste au-dessus du seuil de bas revenus – les « travailleurs pauvres ». « Actuellement, ils doivent payer un montant maximum proportionnellement élevé avant de pouvoir bénéficier du MàF », a-t-elle indiqué.

Outre une hausse du ticket modérateur pour les consultations, la députée N-VA, pharmacienne de profession, plaide aussi pour un prix minimum des médicaments : 1 euro pour les patients bénéficiant de l’intervention majorée et 2 euros pour les autres patients.

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Derniers commentaires

  • Olivier DELAERE

    11 septembre 2025

    Le système de santé belge peut parfaitement se passer des mutualités. Il ne se passera jamais des médecins.