La saison du pollen de bouleau démarre déjà : que montrent les premières mesures ?

La saison du pollen de bouleau a officiellement débuté en Belgique, plus tôt que d’habitude en raison des températures exceptionnellement douces observées ces dernières semaines. Les premières mesures du réseau AirAllergy de Sciensano montrent déjà des concentrations élevées dans l’air, avec un chevauchement inhabituel avec les pollens de noisetier et d’aulne encore présents.

La saison pollinique du bouleau commence habituellement vers la fin du mois de mars en Belgique. Cette année, les premières concentrations significatives ont déjà été mesurées début mars, dans un contexte météorologique particulièrement doux.

Selon le réseau national de surveillance aérobiologique AirAllergy, coordonné par l’équipe Mycologie et Aérobiologie de Sciensano, cette avance entraîne un chevauchement avec les saisons polliniques du noisetier et de l’aulne, dont les grains sont encore présents dans l’air. Ce phénomène tend à prolonger la période d’exposition aux allergènes pour les personnes sensibles.

Le bouleau est considéré comme l’un des arbres les plus allergisants en Belgique, notamment en raison de la grande quantité de pollen qu’il libère dans l’atmosphère. On estime qu’au moins un Belge sur dix présente une sensibilité à ce pollen, pouvant se traduire par des symptômes respiratoires ou ORL.

Des concentrations déjà élevées à Bruxelles

Les premières mesures indiquent déjà des niveaux significatifs dans certaines régions. « Ces derniers jours, nous avons déjà atteint à Bruxelles une concentration de plus de 90 grains de pollen de bouleau par mètre cube d’air », rapporte Nicolas Bruffaerts, collaborateur scientifique chez Sciensano.

Selon les observations du réseau AirAllergy, le seuil de 80 grains de pollen de bouleau par mètre cube d’air correspond généralement à l’apparition de symptômes chez la majorité des personnes allergiques. « Lorsque ce seuil est dépassé, la plupart des personnes allergiques développent des symptômes », ajoute Nicolas Bruffaerts.

Si les conditions météorologiques restent sèches et venteuses, les concentrations pourraient encore augmenter dans les prochains jours.

Une saison pollinique de plus en plus précoce

Cette année, les concentrations de pollen d’aulne ont déjà atteint des niveaux particulièrement élevés. Un pic saisonnier de 5.316 grains/m³ d’air a été enregistré à Genk, un niveau inédit dans les séries de mesures.

Ces observations s’inscrivent dans une tendance observée depuis plusieurs années : des périodes de floraison plus précoces et parfois plus intenses. Les spécialistes relient cette évolution à l’augmentation des températures hivernales et au changement climatique.

Pour les personnes allergiques, ces chevauchements entre différentes saisons polliniques peuvent se traduire par une période symptomatique prolongée, parfois quasi continue entre la fin de l’hiver et le printemps.

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