Le député Jean-François Gatelier (Les Engagés) a déposé à la Chambre une proposition de résolution visant à assurer que l’intervention majorée soit octroyée à ceux qui en ont véritablement besoin. Il propose de réaliser une enquête auprès du corps médical pour mettre à jour les dysfonctionnements du système BIM.
Le député-médecin rappelle dans sa résolution que le nombre de bénéficiaires du statut BIM a fortement augmenté ces dernières années. De 1,971 million de bénéficiaires en 2015, ce nombre est passé à 2,412 millions en 2024.
« À l’heure actuelle, des médecins témoignent du fait qu’ils prennent en charge des patients qui bénéficient du statut BIM alors qu’ils sont dans des situations financières confortables, mais également de patients qui ne bénéficient pas du statut BIM alors qu’ils se trouvent dans des situations financières difficiles », témoigne le Dr Gatelier.
Il considère qu’une évaluation du système doit être réalisée pour faire un état de la situation. « Ce mécanisme doit, en effet, répondre à ces deux types de situations qui ne sont pas acceptables : d’une part, chaque euro dépensé doit l’être de façon optimale et ne peut être octroyé à des personnes qui n’en ont pas besoin, et d’autre part, ce système doit pouvoir aider les personnes qui en ont vraiment besoin. »
Et de proposer quelques pistes de réforme :
-
Prendre en compte le patrimoine mobilier et immobilier, à l’instar de ce qui est pratiqué pour le revenu d’intégration sociale (RIS), à l’exception de la résidence principale ;
-
Instaurer un seuil de tolérance pour les petits patrimoines mobiliers ;
-
Assurer une simplicité administrative via une meilleure coopération avec le SPF Finances.
Dysfonctionnements du système
Le député fédéral propose de réaliser une enquête auprès des médecins pour qu’ils partagent leurs témoignages quant aux dysfonctionnements du système BIM qu’ils rencontrent dans leur pratique, c’est-à-dire les situations dans lesquelles le patient bénéficie du statut alors qu’il se trouve dans une situation financière confortable, et celles dans lesquelles le patient ne bénéficie pas du statut alors qu’il est dans une situation financière difficile.
Le Dr Gatelier demande au gouvernement d’évaluer les outils dont disposent les mutualités pour enquêter sur les revenus, afin de vérifier si ceux-ci sont suffisants et permettent un contrôle de l’ensemble des revenus dont dispose le citoyen, et pour vérifier s’ils permettent de détecter l’ensemble des citoyens qui peuvent effectivement bénéficier de ce statut.
Enfin, il conviendrait d’évaluer l’impact social et budgétaire d’une telle réforme, afin d’assurer à la fois l’équité sociale, la soutenabilité financière et la simplicité administrative.
« L’objectif n’est pas de restreindre l’accès aux soins, mais de renforcer l’équité sociale et la légitimité du dispositif en ciblant mieux les situations de réelle précarité », soutient le Dr Gatelier.
Lire aussi: Intervention majorée : Vandenbroucke relativise le coût de l’élargissement automatique
> Découvrir sa proposition de résolution









Derniers commentaires
Bénédicte Vandervellen
14 novembre 2025Tout a fait d’accord;quand on voit arriver la patiente dans une Mercedes GLC dernier modele revenant de 2 mois de vacances , avec des ongles en gel manicurés toutes les semaines , cela crie vengeance ( et ce n’est qu’un exempe)
Nora Lodiso
14 novembre 2025Merci de penser à réfléchir à cette dynamique... Le nœud se situe ,à mes yeux, entre les "BIM STATUT " et les" BIM REVENU ", les 1er ayant parfois un patrimoine conséquent qui rend indécent l'octroi du statut bénéficiaire.
Marc OBLIN
13 novembre 2025Totalement d'accord. Il n'est pas rare que des patients BIM ont en pratique un niveau de vie tel que leurs seules allocations ne peuvent le justifier. Voir en pratique les (nombreuses) résidences à l'étranger ou dans le pays d'origine, les héritages faits à l'étranger, les revenus de propriétés en location tant en Belgique qu'à l'étranger, les vacances, etc.
Dora VERTES
13 novembre 2025Merci beaucoup d’enfin réfléchir à cette situation.
Pour ma part, les cas particuliers qui me posent problème et me questionnent sont les personnes qui obtiennent le statut BIM non par la question financière, mais suite à une pathologie que la mutuelle « juge » comme « lourde » et octroie donc la statut …
Ce qui m’étonne parfois par la suite, ce sont ces mêmes patients qui me demandent de remplir des documents pour leur assurance complémentaire qui est donc « inutilisable » mais que le patient en situation jugée précaire continue malgré tout de payer ….
L’octroi du statut BIM devrait à mon sens être fait suite à l’évaluation des revenus/rentes en Belgique et à l’étranger; en personne physique et en société… et à priori pas par les mutuelles. En effet, les mutuelles détenant des contrats d’assurances complémentaires « profitent » également lorsque le médecin et/ou l’institution de soins ne peut pas ajouter de supplément. Ce qui pose clairement un conflit d’intérêt majeur pour l’octroi de ces statuts !
Louis Gossing
13 novembre 2025Je dirais surtout les patients qui multiplient les seconds avis. Consulter 4-5médecins voir plus et obtenir la même conclusion... On devrait limiter les seconds avis, ou bien devenir payant comme tous patients non BIM. Ou même pour les patients non BIM qui prennent plusieurs seconds avis doivent payer le prix plein sans intervention de la mutuelle. Cela limiterait déjà largement les coûts
François NAERT
13 novembre 2025Tout à fait d’accord aussi car effectivement je reçois
pas mal de patients BIM qui ,en les interrogeant un peu, ont un statut BIM qui ne se justifie absolument
pas . Il suffit parfois de simplement voir leur voiture de marque Premium sur le Parking…….ou leur niveau de vie en général ( voyages….)
Marie-Eve Bousmar
13 novembre 2025Tout à fait d'accord !!