Le Conseil Supérieur de la Santé alerte sur la santé mentale des jeunes enfants

Le Conseil Supérieur de la Santé, dans un avis publié vendredi sur son site,  estime que l’attention portée en Belgique à la santé mentale des jeunes enfants reste insuffisante et appelle à renforcer la prévention, le soutien des familles, la formation des professionnels et l’accessibilité des soins.

Les premières années de la vie, de la grossesse jusqu'à l'âge de cinq ans, sont cruciales pour le développement d'un enfant. Pourtant, la santé mentale des jeunes enfants reste négligée dans les politiques, tant en termes d'attention que de financement. Pour y remédier, le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) publie un avis qui appelle à « la mise en place d’une stratégie nationale misant sur la conscientisation, le soutien des familles, la formation des professionnels et l’accessibilité des soins ».

L’avis souligne que « l’attention que la politique belge de santé porte actuellement à la santé mentale des jeunes enfants est insuffisante ». Le CSS insiste sur la nécessité d’investir tôt, rappelant que « tout investissement dans cette période de la vie permet d’améliorer la santé générale, de réduire les inégalités et de renforcer la résilience collective ». L’organisme met également en avant l’impact économique, estimant que « chaque euro investi dans la petite enfance permet d’épargner jusqu’à trois euros à l’âge adulte ».

Le Conseil identifie plusieurs priorités, notamment une meilleure information du public et un soutien renforcé aux familles, « pendant la grossesse ou après la naissance », via des entretiens prénataux, un accompagnement structuré et des mesures améliorant les conditions de vie, en particulier pour les familles vulnérables.

Formation et détection précoce : un axe central pour les professionnels de santé
Pour les médecins et les autres intervenants de première ligne, l’avis insiste sur « l’importance de la formation des professionnels à chaque niveau ». Le CSS indique qu’il est nécessaire d’assurer « une mise à niveau de toutes les formations dans le champ périnatal », en intégrant les connaissances actualisées sur le développement de l’enfant, la vulnérabilité psychologique et les facteurs de risque familiaux.

L’avis souligne également que les médecins doivent pouvoir s’appuyer sur « des outils de dépistage validés », permettant une identification rigoureuse des situations à risque. Selon le CSS, la détection doit s’effectuer « de façon précoce », afin que les professionnels puissent orienter immédiatement les familles.

L’instance précise que toute vulnérabilité identifiée doit « immédiatement conduire à l’élaboration d’un trajet de soins adapté à l’enfant, aux parents et à leur environnement ». Cet accompagnement ne peut être efficace, ajoute le Conseil, que si les professionnels travaillent dans « une collaboration étroite entre tous les intervenants », incluant médecins, sages-femmes, pédiatres, psychologues, services sociaux et structures d’accueil.

Enfin, le CSS recommande le développement de réseaux périnataux accessibles et proches des familles, destinés à faciliter la demande d’aide, réduire la stigmatisation et assurer un suivi cohérent.

Pour l’instance, seule « une stratégie nationale intégrée » et une coordination structurelle entre les niveaux de pouvoir permettront d’éviter le morcellement actuel et de créer un environnement favorable au développement des enfants.

> Lire l'avis dans son intégralité 

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