Dès la semaine prochaine, les premiers médecins généralistes seront envoyés dans des zones en France qualifiées de « déserts médicaux », c’est-à-dire des villages où il est devenu très difficile pour les habitants d’accéder à des soins en raison d’un manque de personnel. Les détails du plan ont été présentés lundi à Pissos, dans le sud-ouest du pays, par le ministre français de la Santé, Yannick Neuder.
Auparavant, 151 territoires intercommunaux, principalement situés dans le centre et le sud-ouest de la France, avaient déjà été désignés comme « zones rouges ». Les habitants n’y trouvent plus de médecin généraliste, et d’autres services médicaux, comme les soins dentaires ou les consultations gynécologiques, y sont souvent impossibles. Ces zones concernent environ 2,5 millions de personnes.
M. Bayrou avait évoqué au printemps une mesure coercitive, mais avait ensuite renvoyé une telle possibilité, rejetée par nombre de médecins, à l'évolution de "dispositions législatives". En juin, certains députés français, emmenés par le socialiste Guillaume Garot, avaient promu des mesures plus strictes, imposant des contraintes à l'installation des médecins, mais suscitant une opposition encore plus marquée de ces derniers.
Le gouvernement a désormais mis en place un plan prévoyant l’envoi de généralistes supplémentaires dans ces zones. L’intervention se fera sur base volontaire, à raison de deux jours par mois, a précisé le ministre. Les médecins recevront une indemnité moyenne de 200 euros par jour.
M. Neuder (photo) veut d'abord mobiliser "les médecins qui disposent de temps", à l'instar des "remplaçants, retraités ou travaillant à temps partiel", pour ne "pas dépeupler un territoire".
Le nombre de volontaires déjà inscrits n’est pas encore connu, a rappelé le ministre lundi, soulignant que le projet vient seulement de démarrer. Pour le département des Landes, plus de cinquante médecins généralistes se sont toutefois déjà manifestés.
Les critiques estiment que deux jours par mois restent insuffisants et préviennent qu’un encadrement est nécessaire pour gérer, par exemple, le matériel et l’administration. Le ministre Neuder, qui est également cardiologue, a promis une évaluation d’ici la fin de l’année ou au début de l’année prochaine.
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