Les mutualités ont réaffirmé lundi leur exigence d'une réforme "cohérente et ambitieuse" du système de conventions des médecins, après une réunion de concertation tenue vendredi au cabinet de Frank Vandenbroucke (Vooruit), ministre fédéral de la Santé publique. Elles dénoncent un projet aujourd'hui "vidé de sa substance" par de nombreuses concessions, au détriment de la protection des patients.
Les mutualités demandent que les exigences des médecins ne soient pas les seules prises en compte, mais également les leurs, dans l'intérêt des patients. Selon elles, le texte actuel ne contient plus les mesures initialement prévues p our garantir la sécurité tarifaire et une meilleure protection du patient.
Elles réclament la suppression de la convention partielle, sauf pour les médecins salariés conventionnés, la suppression des tarifs indicatifs, un encadrement réel des suppléments d'honoraires selon des critères transparents, l'instauration d'un seuil de 60% de médecins conventionnés par arrondissement et par spécialité, ainsi que le maintien des primes uniquement pour les prestataires entièrement conventionnés.
"Les mutualités ne resteront pas silencieuses face aux textes actuels. Elles sont également prêtes à se mobiliser fortement pour éviter une médecine à deux vitesses et faire de l'accès aux soins pour tous une priorité", a alerté le Collège intermutualiste national.
Le processus de concertation sociale autour de la réforme du système de conventions doit se poursuivre entre les différents acteurs dans les prochaines semaines. Pour les mutualités, cette phase doit "permettre de replacer le patient au centre de la réforme et de garantir une réelle sécurité tarifaire".









Derniers commentaires
Sammie SOETAERT
16 juillet 2025Alors que la réforme des soins de santé portée par le ministre Vandenbroucke agite tout le secteur médical, un acteur semble paradoxalement épargné par le débat : les mutualités. Pourtant, derrière les discours de solidarité, plusieurs signaux d’alerte dessinent le visage inquiétant d’un système tentaculaire, politisé, et en pleine dérive.
Le masque de la solidarité
D'abord créées comme caisses de secours mutuel – souvent par des ouvriers eux-mêmes, avant que l’État ne s’en mêle plus tard –, les mutuelles belges ont vu leur mission évoluer vers une influence croissante, jusqu’à devenir des acteurs politiques de premier plan. Solidaris, la plus visible d’entre elles, multiplie les prises de position publiques, les campagnes de communication accusatrices à l’encontre des médecins, et s’immisce directement dans les débats législatifs. Derrière cette omniprésence, des intérêts croisés, des conflits de rôles… et un pouvoir opaque.
Exemple édifiant : la nomination de Christel Geerts, mère de Conner Rousseau (président du parti Vooruit), à la présidence de Solidaris. Officiellement bénévole, cette figure politique renforce symboliquement le lien étroit entre mutuelles et partis. Faut-il s’étonner que la réforme Vandenbroucke épouse parfois mot pour mot les revendications de Solidaris, jusqu’à faire dire à certains médecins et à certains députés, que « le cabinet du ministre a été tenu par la main par Solidaris » ?
Le bras de fer avec les médecins
Depuis plusieurs mois, Solidaris orchestre une campagne de « medical bashing », dénonçant la prétendue explosion des tarifs chez les médecins. En réalité, la réforme en cours - sous couvert d’amélioration de l’accessibilité - menace l’équilibre du système de soins : incitation au conventionnement, plafonnement autoritaire des suppléments d’honoraires, suppression du conventionnement partiel, et surtout, 907 millions d’euros d’économies prévues sur le dos… des patients.
Solidaris s’érige en défenseur du patient, mais quelle est sa légitimité à accuser les médecins d’avidité alors qu’elle possède elle-même, au moins en partie, des maisons médicales, des pharmacies (MultiPharma), des magasins d’optique, voire des maisons de repos ? Faut-il rappeler que ces mutuelles ne sont pas de simples institutions sociales, mais de véritables groupes économiques, recevant plus de 1,2 milliard d’euros de subventions annuelles pour leurs frais administratifs ? Et pourtant leur charge administrative ne fait que diminuer avec l'obligation pour les médecins de passer au numérique.
Propagande, désinformation, et confusion des rôles
Le paradoxe est criant : tandis que les médecins sont stigmatisés pour leurs revenus (souvent bien moindres qu’annoncés une fois les frais professionnels déduits), les cadres des mutuelles restent dans l’ombre. Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris, appelle à la transparence… tout en refusant de rendre publics ses revenus exacts, malgré les obligations imposées aux hauts fonctionnaires. Plusieurs responsables mutualistes perçoivent pourtant des salaires dépassant les 200 000 € annuels, financés par l’État et les cotisations sociales.
Le plus troublant reste la multiplication des cas de conflits d’intérêts. Comment expliquer qu’une mutuelle, qui se veut le rempart contre les excès du système, rachète un hôpital public (CHR Sambre & Meuse) et, quelques semaines plus tard, introduise une demande de reconnaissance comme « entreprise en difficulté » ? Comment justifier qu’un acteur censé défendre l’intérêt des patients devienne à la fois payeur, contrôleur et gestionnaire de soins ? Comment tolérer, enfin, que des administrateurs d’hôpitaux ou de réseaux hospitaliers soient eux-mêmes issus de certaines mutuelles - voire toujours en poste en leur sein ?
Une influence qui dépasse le cadre médical
Solidaris va plus loin : production de vidéos politiques dans des hôpitaux publics (comme au CHU de Liège), tribunes dans la presse pour appeler à stopper la grève des médecins, interventions répétées dans les médias, sans jamais être interrogée sur sa propre gouvernance. Le cas de la Fédération des maisons médicales, officiellement opposée à la grève du 7 juillet, illustre bien ce brouillage des lignes : cette fédération est directement liée à Solidaris, dont elle relaie les positions… tout en se prétendant neutre.
Ajoutons à cela l’empilement d’activités commerciales : voyages organisés, remboursements de lunettes soumis à l’achat chez leurs opticiens partenaires, etc. Un modèle de santé… ou une entreprise à but (très) lucratif ?
Une réforme utile, mais incomplète
Faut-il refuser toute réforme ? Certainement pas. Le plafonnement des suppléments d’honoraires abusifs est une mesure légitime. Mais encore faut-il que les économies ne soient pas réalisées au détriment du patient et que les mutuelles elles-mêmes soient concernées par la transparence exigée des médecins.
En effet, lorsqu’un supplément en chambre seule est facturé au patient, ce sont souvent les assurances complémentaires qui prennent le relais. Or, les mutuelles ont massivement investi dans ces assurances ces dernières années. Dès lors, un plafonnement des suppléments en chambre seule ne bénéficierait-il pas avant tout… à ces mêmes mutuelles ?
La Cour des comptes pose aujourd’hui des questions de fond : pourquoi l’État continue-t-il à financer sans contrôle un système redondant ? Pourquoi garder 7 mutuelles avec des bâtiments physiques dans chaque ville à l’heure du tout numérique ? Quels sont les véritables actifs et revenus de ces structures ?
Pour un débat équitable
Au nom de quelle justice sociale les mutualités, sous couvert de solidarité, imposeraient-elles leur vision unique de la médecine à tous les citoyens et professionnels ? Un organisme qui prétend défendre l’accès aux soins devrait d’abord rendre des comptes sur sa propre gestion.
Peut-être est-il temps de réinterroger le rôle même des mutuelles. Faut-il les dépouiller de leurs activités commerciales ? Réunifier les systèmes sous une caisse unique publique ? Ou au minimum, leur imposer une transparence identique à celle exigée des médecins ?
Sammie SOETAERT
16 juillet 2025Alors que la réforme des soins de santé portée par le ministre Vandenbroucke agite tout le secteur médical, un acteur semble paradoxalement épargné par le débat : les mutualités. Pourtant, derrière les discours de solidarité, plusieurs signaux d’alerte dessinent le visage inquiétant d’un système tentaculaire, politisé, et en pleine dérive.
Le masque de la solidarité
D'abord créées comme caisses de secours mutuel – souvent par des ouvriers eux-mêmes, avant que l’État ne s’en mêle plus tard –, les mutuelles belges ont vu leur mission évoluer vers une influence croissante, jusqu’à devenir des acteurs politiques de premier plan. Solidaris, la plus visible d’entre elles, multiplie les prises de position publiques, les campagnes de communication accusatrices à l’encontre des médecins, et s’immisce directement dans les débats législatifs. Derrière cette omniprésence, des intérêts croisés, des conflits de rôles… et un pouvoir opaque.
Exemple édifiant : la nomination de Christel Geerts, mère de Conner Rousseau (président du parti Vooruit), à la présidence de Solidaris. Officiellement bénévole, cette figure politique renforce symboliquement le lien étroit entre mutuelles et partis. Faut-il s’étonner que la réforme Vandenbroucke épouse parfois mot pour mot les revendications de Solidaris, jusqu’à faire dire à certains médecins et à certains députés, que « le cabinet du ministre a été tenu par la main par Solidaris » ?
Le bras de fer avec les médecins
Depuis plusieurs mois, Solidaris orchestre une campagne de « medical bashing », dénonçant la prétendue explosion des tarifs chez les médecins. En réalité, la réforme en cours - sous couvert d’amélioration de l’accessibilité - menace l’équilibre du système de soins : incitation au conventionnement, plafonnement autoritaire des suppléments d’honoraires, suppression du conventionnement partiel, et surtout, 907 millions d’euros d’économies prévues sur le dos… des patients.
Solidaris s’érige en défenseur du patient, mais quelle est sa légitimité à accuser les médecins d’avidité alors qu’elle possède elle-même, au moins en partie, des maisons médicales, des pharmacies (MultiPharma), des magasins d’optique, voire des maisons de repos ? Faut-il rappeler que ces mutuelles ne sont pas de simples institutions sociales, mais de véritables groupes économiques, recevant plus de 1,2 milliard d’euros de subventions annuelles pour leurs frais administratifs ? Et pourtant leur charge administrative ne fait que diminuer avec l'obligation pour les médecins de passer au numérique.
Propagande, désinformation, et confusion des rôles
Le paradoxe est criant : tandis que les médecins sont stigmatisés pour leurs revenus (souvent bien moindres qu’annoncés une fois les frais professionnels déduits), les cadres des mutuelles restent dans l’ombre. Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris, appelle à la transparence… tout en refusant de rendre publics ses revenus exacts, malgré les obligations imposées aux hauts fonctionnaires. Plusieurs responsables mutualistes perçoivent pourtant des salaires dépassant les 200 000 € annuels, financés par l’État et les cotisations sociales.
Le plus troublant reste la multiplication des cas de conflits d’intérêts. Comment expliquer qu’une mutuelle, qui se veut le rempart contre les excès du système, rachète un hôpital public (CHR Sambre & Meuse) et, quelques semaines plus tard, introduise une demande de reconnaissance comme « entreprise en difficulté » ? Comment justifier qu’un acteur censé défendre l’intérêt des patients devienne à la fois payeur, contrôleur et gestionnaire de soins ? Comment tolérer, enfin, que des administrateurs d’hôpitaux ou de réseaux hospitaliers soient eux-mêmes issus de certaines mutuelles - voire toujours en poste en leur sein ?
Une influence qui dépasse le cadre médical
Solidaris va plus loin : production de vidéos politiques dans des hôpitaux publics (comme au CHU de Liège), tribunes dans la presse pour appeler à stopper la grève des médecins, interventions répétées dans les médias, sans jamais être interrogée sur sa propre gouvernance. Le cas de la Fédération des maisons médicales, officiellement opposée à la grève du 7 juillet, illustre bien ce brouillage des lignes : cette fédération est directement liée à Solidaris, dont elle relaie les positions… tout en se prétendant neutre.
Ajoutons à cela l’empilement d’activités commerciales : voyages organisés, remboursements de lunettes soumis à l’achat chez leurs opticiens partenaires, etc. Un modèle de santé… ou une entreprise à but (très) lucratif ?
Une réforme utile, mais incomplète
Faut-il refuser toute réforme ? Certainement pas. Le plafonnement des suppléments d’honoraires abusifs est une mesure légitime. Mais encore faut-il que les économies ne soient pas réalisées au détriment du patient et que les mutuelles elles-mêmes soient concernées par la transparence exigée des médecins.
En effet, lorsqu’un supplément en chambre seule est facturé au patient, ce sont souvent les assurances complémentaires qui prennent le relais. Or, les mutuelles ont massivement investi dans ces assurances ces dernières années. Dès lors, un plafonnement des suppléments en chambre seule ne bénéficierait-il pas avant tout… à ces mêmes mutuelles ?
La Cour des comptes pose aujourd’hui des questions de fond : pourquoi l’État continue-t-il à financer sans contrôle un système redondant ? Pourquoi garder 7 mutuelles avec des bâtiments physiques dans chaque ville à l’heure du tout numérique ? Quels sont les véritables actifs et revenus de ces structures ?
Pour un débat équitable
Au nom de quelle justice sociale les mutualités, sous couvert de solidarité, imposeraient-elles leur vision unique de la médecine à tous les citoyens et professionnels ? Un organisme qui prétend défendre l’accès aux soins devrait d’abord rendre des comptes sur sa propre gestion.
Peut-être est-il temps de réinterroger le rôle même des mutuelles. Faut-il les dépouiller de leurs activités commerciales ? Réunifier les systèmes sous une caisse unique publique ? Ou au minimum, leur imposer une transparence identique à celle exigée des médecins ?
Radu PANDELI
15 juillet 2025Les mutuelles sont LOIN de leur rôle de base et il faut les remettre à leur place !
Elles exigent des efforts pour la réforme seulement de la part des médecins sans aucun soutien de leur part
Charles KARIGER
14 juillet 2025La première ligne d’une réforme « cohérente et ambitieuse » serait la dissolution des scandaleuses « mutualités à la belge », tentacules insatiables et féroces des principaux partis politiques.
Se parant du titre trompeur d’ « organismes assureurs » (en dehors de certaines assurances sans rapport avec les soins de santé sensu proprio), ces boutiques partisanes ne sont pas des assureurs.
Elles se parent aussi d’un rôle de « contrôleur de la qualité des soins ». La belle affaire ! Qui accorde les autorisations de remboursement ? Des commis de bureau et bientôt des Idioties Artificielles car leur très petit nombre de médecins-conseils est si minime qu’ils ne peuvent examiner qu’une part infime des documents de demande qui parviennent à leurs bazars. N’imaginons pas même qu’ils examinent sérieusement un nombre adéquat de Patients. Foutaise. Mais des foutaises qui peuvent mener les soignants au Comité de contrôle.
Une seule entreprise (La Poste par exemple) pourrait pour bien moins cher remplir leur fonction d’intermédiaire administratif coûteux. (Coûteux ? Visitez leurs bureaux systématiquement logés dans des bâtiments très onéreux !) Un ou deux guichets par bureau de Poste suffiraient largement. Quelle économie. Mais quelle perte pour les partis. Comme ce serait dommage.
Leur arrogance profite des insuffisances de l’État. Ne se souciant pas de récolter des statistiques des pathologies dont souffrent nos concitoyens, celui-ci s’en remet aux élucubrations mutualistes dont personne n’a jamais étudié l’éventuelle récolte, les éventuels traitements statistiques ou l’éventuelle exactitude.
Enfin, ni le ministre ni les parasites mutualistes auxquels il est lié n’osent exposer que les sources de financements de la sécu diminuent de telle sorte qu’il est impossible de continuer à payer des pensions de retraites précoces et confortables, des océans d’indemnités de chômage et en même temps des soins de qualité.
Sans toucher bien sûr au financement des mutualités, leur proposition, aussitôt enfourchée par le ministre, est le LOWCOST.
Mais un lowcost vicieux : leurs obligations déontologiques contraindront les soignants à soigner correctement pour des clopinettes.
Ippon ! (le terme japonais désignant le score parfait, équivalent à une victoire instantanée.)
Alexandre Sarafidis
14 juillet 2025Si des mesures concernant doivent être prises , elles devraient être identiques pour tous les médecins
et pas variés en fonction de leur statut social de salariés ou indépendants.
Le statut social n’a rien avoir avec la médecine mais relève de l’assurabilite de chacun .
Cette mesure est faite pour diviser en ore une fois !!!
À moins d’y voir encore une entourloupe pour favoriser leur clinique privé où ils sont administrateurs ou faisant de la gestion , ce qui est inacceptable .
C’est le problème d’être juge et parti et d’être une mutualité et d’avoir des cliniques/hopitaux .
Les médecins salarié peuvent avoir un statut d’indépendant complémentaire ….si ils souhaite faire du privé .
Si des mesures sont prises , elles devront être identiques pour tous .