Londres : les conservateurs veulent interdire les grèves de médecins

Le Parti conservateur britannique a annoncé son intention de restreindre drastiquement le droit de grève des médecins. Kemi Badenoch, figure de proue du parti, estime que les actions de ces derniers mettent des vies en danger et qu’il est du devoir du gouvernement d’intervenir. « La médecine est une vocation, pas simplement un emploi », a-t-elle déclaré.

Kemi Badenoch (photo) a précisé que sa formation veut introduire à l’avenir une législation pour interdire les mouvements de grève des médecins, à l’instar de ce qui existe déjà pour la police et l’armée. Le plan repose sur trois volets : un service minimum obligatoire lors des grèves, l’interdiction des actions collectives massives de médecins et un appel à une coopération nationale pour réduire l’influence du syndicat British Medical Association (BMA).

« Ces grèves doivent être stoppées pour protéger les patients », affirme la position officielle du parti. Actuellement dans l’opposition, les conservateurs multiplient, selon des analystes politiques, les prises de position de type « campagne » afin de se poser à nouveau en garants de la stabilité des services publics.

La réaction du milieu médical, et particulièrement de la BMA, est unanimement négative. Tom Dolphin, président de la commission des junior doctors de la BMA, souligne : « Les médecins ne veulent pas faire grève, mais ils estiment ne plus avoir le choix. »

Il qualifie le projet de manœuvre politique : « C’est une tentative désespérée d’un parti qui a démantelé le NHS depuis quinze ans. Les conservateurs veulent nous réduire au silence alors que nous essayons de maintenir un système de santé qui a été saigné à blanc. »

La BMA rappelle que les grèves ne sont déclenchées qu’en dernier recours, lorsque les négociations sont dans l’impasse, et que de plus en plus de médecins considèrent ce moyen comme leur ultime levier pour se faire entendre. Selon l’organisation, les jeunes médecins sont particulièrement touchés par des années de stagnation salariale. « Depuis 2008, nos revenus ont chuté de près de 30 % en tenant compte de l’inflation. Dans le même temps, les attentes et la charge de travail ne cessent d’augmenter. C’est intenable, » dénonce Tom Dolphin.

Un tel interdit sur les grèves mènerait, selon la BMA, à une perte de confiance accrue entre soignants et gouvernement. « Si nous ne pouvons plus exercer de pression, nous perdons tout moyen d’imposer des soins sûrs et de qualité. C’est dangereux, y compris pour les patients, » avertit le syndicat.

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Derniers commentaires

  • Bruno LULLING

    01 aout 2025

    Notre tour viendra…