Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke a présenté mercredi un cadre pluriannuel avec l’industrie pharmaceutique, qui prévoit 104,5 millions d’euros d’économies via une augmentation du coût des médicaments pour les patients. Dans un communiqué, Solidaris critique une mesure qu’elle juge injuste et pénalisante, y compris pour les publics les plus fragiles.
La mutualité Solidaris dénonce vivement une série de mesures présentées mercredi par le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), dans le cadre d’un accord pluriannuel avec l’industrie pharmaceutique. Celles-ci devraient générer 104,5 millions d’euros d’économies dans le budget des médicaments, notamment via une augmentation des prix à charge des patients. Pour Solidaris, il s’agit d’une « taxe injuste » touchant plus de la moitié de la population.
Selon les calculs de la mutualité socialiste, plus d’un million de Belges pourraient voir leur facture annuelle de médicaments augmenter jusqu’à 130 euros. En ligne de mire : les statines et les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), deux familles thérapeutiques largement prescrites. Par exemple, pour les IPP, le prix à charge du patient pour une boîte de Pantomed ou Pantoprazole 40 mg x 56 (2 mois de traitement) passera de 4 euros actuellement à 15 euros demain. Pour les statines, le Lipitor ou Atorvastatine 20 mg x 100 (3 mois de traitement) passera de 6 euros à 20 euros.
« Dans un pays où les coûts des soins de santé à charge des patients sont déjà très élevés, cette hausse des prix n’est rien d’autre qu’une taxe supplémentaire injuste pour les malades », déplore Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris. « Le véritable courage politique aurait été de faire payer l’industrie pharmaceutique qui génère des profits absolument colossaux, et non les patients. »
La réforme prévoit également la fin de la gratuité pour certains médicaments dits « d’importance vitale » (notamment contre le cancer et le diabète), via l’instauration d’un ticket modérateur minimum. Cette mesure devrait permettre une économie supplémentaire de 26,2 millions d’euros.
Frank Vandenbroucke affirme que les patients les plus vulnérables seront protégés via le mécanisme du maximum à facturer (MAF). Mais Solidaris conteste cette affirmation, en indiquant que seuls 25 % des bénéficiaires de l’intervention majorée (BIM) atteignent actuellement ce plafond. Les trois quarts des patients concernés ne seraient donc pas protégés par ce dispositif.
La mutualité socialiste estime que ces mesures, qui s’inscrivent dans un effort budgétaire plus large à réaliser pour 2026, représentent à elles seules près de 12 % des économies attendues. Solidaris souligne aussi que le « dérapage » du budget médicaments est avant tout dû à l’envolée des prix pratiqués par l’industrie pharmaceutique. Elle plaide dès lors pour une renégociation des prix, plutôt que pour un transfert des coûts vers les patients.
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Derniers commentaires
Francois Planchon
11 juillet 2025Quand on voit au domicile de certains patients l'accumulation de médicaments non consommés, et certaines sur-prescriptions en médicaments et analyses, ça point du doigt un manque d'anamnèse "basique", de la part d'une minorité peu consciencieuse de prestataires, qui pénalisent l'ensemble de leurs confrères ...
Il faudrait réfléchir aux moyens à mettre en place pour réduire ces abus, sans pénaliser l'entièreté des patients et prestataires, sans distinction, en augmentant aveuglément les tickets modérateurs...
Les punitions collectives pour éviter la chasse aux coupables, désolé, mais c'est démodé !