Nouveau gouvernement bruxellois : que prévoit la déclaration de politique régionale en matière de santé ?

Les enjeux sociaux et de santé sont présentés comme « une préoccupation majeure des Bruxelloises et Bruxellois » dans la déclaration de politique régionale du nouveau gouvernement bruxellois dévoilée vendredi. Absent des castings publiés jusqu’ici dans la presse, le nom du futur ministre bruxellois de la Santé a finalement été confirmé par le PS : il s’agira d’Ahmed Laaouej , également compétent pour l’Action sociale et les Solidarités. Karine Lalieux aura par ailleurs la Santé dans ses attributions à la Commission communautaire française (Cocof).

Dans ce chapitre 11 consacré au social et à la santé, l’exécutif tire les leçons de la crise sanitaire, qui a « démontré l’importance de renforcer ces politiques, tant sur la première ligne que sur l’offre en matière de santé mentale ». Le texte constate également que « trop peu de familles ont accès à un médecin généraliste », un enjeu central pour l’organisation des soins de proximité dans la capitale.

Le gouvernement annonce vouloir optimiser la coordination et la répartition des missions en matière d’action sociale et de santé au niveau intra-bruxellois. Il entend poursuivre le décloisonnement des institutions « pour assurer la cohérence des politiques mises en œuvre ». Le Plan social-santé intégré (PSSI) sera maintenu, tout en réalisant « un travail de priorisation pour fixer des objectifs clairs et des moyens d’action précis ».

Pour les médecins généralistes et l’ensemble des professionnels de première ligne, la déclaration prévoit un renforcement des politiques de prévention et des soins de proximité, en particulier dans les quartiers confrontés à une pénurie de soignants. Le gouvernement affirme qu’il renforcera « les politiques de prévention ainsi que la première ligne, singulièrement dans les quartiers en situation de pénuries de professionnels de la santé ».

La nouvelle majorité veut développer « une politique de santé de proximité dans tous les quartiers », avec une attention particulière pour certains publics fragilisés. Cette approche devra intégrer la promotion de la santé, « en ce compris l’approche “health in all policies” et de prévention ». Le texte insiste sur la nécessité de mieux atteindre « les publics les plus éloignés des dispositifs social/santé », en s’appuyant sur des démarches d’« aller-vers » déjà existantes. Des « médibus » seront notamment mis en place pour renforcer la prévention dans ces quartiers.

L’offre de soins périnataux doit également être renforcée, avec « un accompagnement multidisciplinaire spécifique pour soutenir les futurs parents dont les femmes enceintes vulnérables ».

Afin de soutenir l’accessibilité et l’offre de la première ligne, le gouvernement prévoit un appui accru aux structures pluridisciplinaires. Il annonce qu’il soutiendra « les structures pluridisciplinaires comme les maisons médicales, les services hospitaliers ou encore les maisons de repos », ainsi que leurs alternatives, telles que les résidences-services sociales ou les habitats groupés. Les services de santé mentale et les centres de revalidation sont également cités, avec « une attention particulière pour le secteur public et associatif ».

La déclaration souligne aussi le rôle des soignants, dont « l’engagement est essentiel », annonçant une attention particulière en matière de « reconnaissance et d’attractivités des métiers ».

Le texte prévoit par ailleurs un renforcement du soutien financier lié à la mission publique de certains hôpitaux bruxellois, afin de permettre « l’accueil et le suivi des patients les plus précarisés ».

La lutte contre le non-recours aux droits et aux soins constituera un axe transversal. Il s’agira de « garantir l’effectivité réelle des droits existants, en simplifiant les démarches et en améliorant l’information des publics ». Le maintien à domicile des personnes âgées ou en perte d’autonomie fait aussi partie des engagements régionaux, avec un soutien structurel renforcé aux aidants proches via des dispositifs de répit et une simplification administrative.

En matière de santé mentale, la déclaration affirme que « la priorité doit être la prévention », avec des initiatives annoncées en promotion et accompagnement. L’extension du nombre de lits est également présentée comme « une préoccupation qui doit mobiliser le gouvernement ».

La lutte contre les addictions figure aussi parmi les axes évoqués, l’exécutif annonçant qu’il accompagnera les personnes concernées « pour leur offrir un trajet de sevrage ». Enfin, la déclaration lie la cohésion sociale et la santé à la lutte contre le sans-abrisme, avec le renforcement de la prévention de la perte de logement et de dispositifs comme Housing First.

> Découvrir l'intégralité de la déclaration de politique régionale

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