Pétition pour plus de médecins dans la botte du Hainaut : déjà plus de 1.000 signatures

Assez. Les pénuries dans certaines zones de la Wallonie amènent les patients à ne plus trouver un suivi de qualité pour de nombreuses maladies chroniques, notamment. L’Alliance pour les soins de proximité Botte du Hainaut et Namur, soutenue par l'AGRF (médecins généralistes) et l’UPSEM (pharmaciens), a décidé de lancer une pétition qui a déjà recueilli plus de 1.000 signatures. Parmi les centaines de commentaires, on ressent la souffrance des patients qui doivent faire entre 70 et 100 kilomètres pour se rendre chez un spécialiste.

Le message de cette pétition est clair : « Des services essentiels, tels que le service de diabétologie, ont récemment été supprimés ou fortement réduits en capacité, laissant les patients sans solutions locales viables et contraignant certains à se déplacer sur de longues distances pour recevoir des soins cruciaux. »

Cette situation est non seulement une urgence sanitaire, mais également un enjeu d'équité et de justice sociale. « Les soins de proximité ne sont pas un luxe, mais un droit fondamental. Les fermetures successives exacerbent les inégalités d'accès aux soins entre zones urbaines et rurales, transformant ce qui devrait être un droit en privilège. Nous appelons les autorités compétentes à prendre des mesures immédiates et concrètes pour rétablir et renforcer les services médicaux de proximité. »

Des demandes humaines et financières

Pour les signataires de cette pétition, il est urgent de mettre en place « un investissement accru dans les infrastructures médicales locales, des incitations pour attirer et retenir les professionnels de santé dans notre région, et une révision des politiques de santé publique afin de prioriser l'équité d'accès aux soins ».

La Dre Kristien Van Acker, ancienne diabétologue et médecin-cheffe du Centre de Santé des Fagnes (CSF), est très inquiète. Elle parle d’un problème de santé publique et de manque de suivi spécialisé pour « 1.300 patients diabétiques, notamment, qui ont un réel besoin de soins de proximité Il y a beaucoup de patients qui n’ont plus eu de rendez-vous depuis 6 mois. On les envoie vers Vésale, à 50 kilomètres, où il y a 6 mois de délais. Ces patients sont découragés et ne se soignent plus.» déclare t-elle à la RTBF.

Dans L’Avenir, François Monin, le président de l’Upsem, abonde dans ce sens et insiste sur l’importance d’avoir un diabétologue pour une question de santé, mais aussi d’un point de vue administratif. « Normalement, une personne paie l’insuline 1 euro ; sans les documents, c’est au prix plein de 31 euros qu’elle doit la payer. » Pour sa part, Laurent Staquet, pharmacien dans la région, alerte sur le risque de voir certains patients « prendre la décision d’arrêter leur traitement et leur santé pourrait en pâtir ».

Interrogé sur cette réalité de terrain, le porte-parole du CHU Charleroi-Chimay HUmani, Frédéric Dubois, a rappelé à la RTBF qu’il « n’y a absolument aucune volonté de fermer le service de diabétologie. Une procédure de recrutement d’un diabétologue est lancée, mais il s’agit d’une spécialité très recherchée et une pénurie est constatée, suite, entre autres, au numerus clausus ».

> Pétition lancée par l’Alliance pour des soins de proximité : www.mesopinions.com

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Derniers commentaires

  • Freddy GORET

    26 février 2026

    Les belges sont fort gatés
    j ai pratiqué en France ( reconnaissance francaise depuis 20 ans) par exemple en Bourgogne il n est pas rare qu un patient soit obligé de faire 250 km pour aller se faire soigner dans la capitale
    alors 60 km en belgique c est rien
    avec notre TRES CHER ministre la situation ne va pas s améliorer bien au contraire
    En province de Luxembourg vu les limitations du ministre ( sur reconnaissance de BIM , limitations des suppléments , contraintes administratives , aggression de patients et des mutuelles et de la presse asservie aux syndicats et aux politiques ....) les confréres préférent aller travailler au Grand Duché
    Dans les autres régions proches de la Hollande de l Allemagne ou de la France c est probablement une problematique identique

  • Charles KARIGER

    26 février 2026

    Et si l'on doublait tous les honoraires de consultation, absolument tous ?