La santé financière des ménages belges s'améliore, mais plus de la moitié d'entre eux (54%) restent en mauvaise santé financière ou vulnérables, ressort-il jeudi d'une étude du bureau de consultance Deloitte sur la santé financière, développée en collaboration avec la banque Argenta.
Les données de cette enquête "Financial Health 2025", menée auprès de 3.000 personnes, révèlent donc une "nette amélioration" de la santé financière moyenne, puisque 46% des ménages sont désormais considérés comme financièrement résilients, contre 36% lors de la première étude en 202 2.
Sur le plan régional, la Wallonie et Bruxelles ont connu la plus forte amélioration. Au sud du pays, la part des ménages financièrement en mauvaise santé est ainsi passée de 40 à 27%, alors que celles des familles en bonne santé a plus que doublé, passant de 5 à 11%. La capitale a suivi une tendance similaire, avec "plus que" 23% des ménages en mauvaise santé financière, contre 31% il y a trois ans. Ceux en bonne santé financière sont passés de 11 à 18%. La Flandre, déjà plus résiliente en 2022, a montré une amélioration continue mais plus modeste, relèvent Deloitte et Argenta. La part des ménages en bonne sant é financière y est passée de 16 à 22%, tandis que celle des familles en situation inverse est passée de 27 à 21%.
"Les gains sont en grande partie dus à des facteurs économiques externes. 2022 a été une année de chocs, notamment la guerre en Ukraine et la crise énergétique. En 2025, l'atténuation de l'inflation, l'indexation des salaires et la normalisation des prix de l'énergie ont permis d'améliorer les dépenses et le pouvoir d'achat des ménages", interprète Kasper Peters, responsable des services financiers chez Deloitte Belgique.
Autres signaux positifs: un quart des ménages (26%) parviennent à épargner au moins 500 euros par mois, alors qu'il y en avait un sur cinq (19%) en 2022; la part des ménages qui ne sont pas en mesure d'épargner du tout (ou qui épargnent moins de 100 euros par mois) est passée de 36 à 30%; la proportion de personnes n'ayant aucune difficulté à payer leurs factures est passée de 37 à 45%; et les personnes non touchées par les hausses de prix des produits de première nécessité sont passées de 11 à 19%.
"Les familles se sentent plus en sécurité, mieux en mesure de payer leurs factures et de plus en plus confiantes à l'égard de l'épargne et des achats importants. Cependant, ces améliorations ne se traduisent pas encore par un changement de comportement durable", analyse encore Kasper Peters.
En revanche, seul un Belge sur trois (32%) démontre des compétences financières suffisantes, alors que moins d'un tiers a répondu correctement aux questions (de base) en la matière, ce qui marque une légère diminution par rapport à 2022.
A noter encore, la résilience financière qui s'améliore fortement chez les femmes, dont le taux est passé de 33% à 44%. La part des femmes en mauvaise santé financière a reculé de 32 à 22%, alors qu'il y a 20% d'hommes dans ce cas. L'écart entre les deux sexes est de seulement 2 points de pourcentage, une quasi-convergence, notent Deloitte et Argenta.
Les jeunes adultes de moins de 35 ans restent le groupe d'âge "le plus malsain financièrement", malgré des améliorations générales dues à l'épargne. Les groupes plus âgés, en particulier ceux de 35 à 54 ans, ont enregistré les hausses les plus importantes dans presque tous les domaines financiers. Les célibataires continuent également de faire face à des défis disproportionnés puisque seulement 12% des ménages d'une personne sont en bonne santé financière, contre 22% de ceux en couple. Les deux tiers des célibataires restent financièrement vulnérables.
Au vu des résultats de leur étude, Deloitte et Argenta appellent à une collaboration continue entre les institutions financières, les organismes de réglementation, les employeurs, les éducateurs et les décideurs politiques. Ils plaident notamment pour investir dans la planification et les compétences financières de tous les groupes de population, et pas seulement des plus vulnérables.








