Plus de 10% d’absentéisme en 2024 : BACHI plaide pour un selfcare responsable

L’absentéisme a franchi en 2024 le seuil des 10% dans le secteur privé belge. Selon une enquête publiée lundi par la Belgian Association of the Consumer Healthcare Industry (BACHI), près de la moitié des affections courantes pourraient être prises en charge efficacement par des produits de santé en vente libre, réduisant ainsi la pression sur l’économie et sur le système de soins.

Les dernières données montrent que l’absentéisme de courte durée (moins d’un mois) a représenté 3,29% des jours perdus en 2024, tandis que celui de moyenne durée (entre un mois et un an) a grimpé à 3,25%, contre 3,04% l’année précédente. Ensemble, ces deux catégories, qui concernent principalement des affections bénignes, totalisent près de 6,5% des pertes de journées de travail. Pour une population active estimée à 73% des 15-64 ans et un taux d’emploi de 72,6% chez les 20-64 ans, ces absences représentent un coût considérable pour les entreprises et pour la sécurité sociale.

Les affections les plus fréquentes citées par les répondants sont les maux de tête (64%), les douleurs musculaires ou articulaires (61%), le rhume (59%) et les maux de gorge (48%). BACHI estime qu’une réduction de seulement 10% des arrêts de courte durée grâce à un recours accru aux produits en vente libre permettrait d’économiser plus de 50 millions d’euros par an. « L’accessibilité renforcée des produits OTC n’est pas une simple commodité : c’est un levier économique et social majeur », souligne l’organisation.

L’enquête rappelle également le rôle central du pharmacien. Plus de 90% des consommateurs se disent satisfaits ou très satisfaits du conseil délivré, un signe de confiance qui illustre la qualité de l’accompagnement professionnel. En parallèle, 53% des répondants estiment que la disponibilité des produits constitue un facteur déterminant.

Pour BACHI, la prévention et l’accès facilité aux médicaments OTC en pharmacie permettent de traiter rapidement des troubles mineurs, évitant l’aggravation des symptômes et réduisant dès lors les absences au travail. L’organisation défend aussi le « switch », c’est-à-dire le transfert de certains médicaments de prescription vers la vente libre, comme une piste pour libérer des ressources médicales et répondre plus efficacement aux besoins courants.

« L’enjeu dépasse les considérations économiques », conclut BACHI. « Il s’agit de bâtir un modèle de santé plus réactif, accessible et adapté aux réalités du travail moderne. »

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