Plus de 9.500 décès liés à un IMC élevé en Belgique en 2022

Un indice de masse corporelle (IMC) élevé était associé à 9.509 décès en Belgique en 2022, soit 8,2 % de l’ensemble des décès ou plus d’un décès par heure, selon une analyse publiée jeudi par Sciensano. L’institut estime également à 157.178 le nombre d’années de vie perdues attribuables à ce facteur de risque et souligne l’importance de renforcer la prévention.

Les principales causes de décès attribuables à un IMC élevé sont les maladies cardiovasculaires, les démences, notamment la maladie d’Alzheimer, les maladies rénales chroniques et certains cancers de l’appareil digestif.

Le risque accru de démence et de diagnostic de maladie d’Alzheimer chez les personnes ayant un IMC élevé explique en partie l’importance de ces estimations, indique Sciensano. Avec le vieillissement de la population belge, ces pathologies occupent une place croissante parmi les causes de décès et contribuent fortement au fardeau global attribuable à un IMC élevé.

Ces décès surviennent principalement après 65 ans. Les femmes en enregistrent davantage, bien qu’elles soient moins exposées au surpoids et à l’obésité. Cette différence s’explique essentiellement par leur espérance de vie plus longue et leur présence plus importante aux âges où les démences sont les plus fréquentes.

Les hommes perdent en revanche davantage d’années de vie. Les maladies associées à un IMC élevé, en particulier les pathologies cardiovasculaires, surviennent plus précocement et entraînent des décès à des âges plus jeunes.

Une prévention à inscrire dans la durée

Selon les données citées par Sciensano, 49 % de la population âgée de trois ans et plus est en surpoids, dont 18 % en situation d’obésité. La proportion de personnes en surpoids a augmenté significativement depuis 2001, même si cette progression semble ralentir depuis 2018.

Au-delà de leur impact sur la qualité de vie, le surpoids et l’obésité constituent un déterminant majeur des maladies chroniques et de la mortalité prématurée, souligne l’institut. Leurs conséquences se construisent sur plusieurs décennies, ce qui nécessite d’agir bien avant l’apparition des maladies.

« Nos habitudes de vie sont largement façonnées par notre environnement. Lorsque les choix favorables à la santé deviennent les choix les plus faciles, il est possible de prévenir une part importante des maladies liées au surpoids et à l’obésité et d’en réduire durablement le fardeau », explique Kim Fernandez, scientifique chez Sciensano.

L’institut cite plusieurs initiatives mises en œuvre en Belgique pour promouvoir une alimentation plus saine : l’adoption du Nutri-Score, les engagements de reformulation de certains produits alimentaires et l’actualisation des recommandations nutritionnelles. Il considère ces mesures comme des avancées importantes, dont une stratégie globale, cohérente et intersectorielle pourrait renforcer l’impact.

En complément des actions visant les comportements individuels, Sciensano souligne la nécessité de développer des environnements favorisant une alimentation équilibrée et l’activité physique afin de réduire durablement le fardeau des maladies associées.

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