Près de 800.000 Belges sont aidants proches d'un partenaire ou d'un membre de leur famille

En Belgique, près de 800.000 personnes sont aidants proches d'un partenaire ou d'un autre membre de leur famille malade, en situation de vulnérabilité ou de handicap. Les nouveaux chiffres publiés par Statbel montrent que cet engagement représente souvent plusieurs heures de soins par semaine et complique de plus en plus la conciliation avec la vie professionnelle.

Environ 800.000 Belges âgés de 18 à 74 ans sont aidants proches d'un partenaire ou d'un autre membre de leur famille âgé de 15 ans ou plus, malade, en situation de vulnérabilité ou de handicap. Ces données figurent dans les nouveaux résultats de l'Enquête sur les forces de travail publiés mardi par Statbel.

Dans 65,5% des cas, l'aide est apportée à un partenaire ou à un membre de la famille vivant en dehors du ménage. Pour près d'un tiers des aidants, la personne accompagnée partage le même domicile. Les femmes assument légèrement plus souvent ce rôle que les hommes (10,6% contre 8,6%).

Cette responsabilité représente un investissement important en temps. Cinquante-huit pour cent des aidants consacrent plus de cinq heures par semaine à ces tâches. Même parmi ceux qui exercent une activité professionnelle, 52% y consacrent encore plus de cinq heures hebdomadaires. Les femmes déclarent également consacrer davantage de temps à l'aide apportée à un proche que les hommes.

Une conciliation avec le travail de plus en plus difficile

Plus d'une personne occupée sur trois (35,1%) assumant des responsabilités de soins déclare avoir dû adapter son travail afin de pouvoir concilier son activité professionnelle avec la prise en charge d'un proche. Les femmes sont nettement plus nombreuses que les hommes à avoir modifié leur activité professionnelle (45,3% contre 25,4%). Elles réduisent plus souvent leur temps de travail, tandis que les hommes privilégient davantage un aménagement de leurs horaires.

Les difficultés de conciliation sont par ailleurs en augmentation. En 2025, 44,8% des personnes exerçant une activité professionnelle tout en assumant des responsabilités de soins déclaraient rencontrer des obstacles, contre 33% en 2018. Les principaux freins évoqués sont la longueur du temps de travail (13,7%), une activité professionnelle exigeante (11,1%) et des horaires de travail irréguliers (10,4%).

280.000 personnes dans la « génération sandwich »

Statbel estime également à 280.000 le nombre de personnes qui prennent simultanément en charge un enfant ou un petit-enfant de moins de 15 ans et un partenaire ou un autre membre de leur famille malade, en situation de vulnérabilité ou de handicap. Environ 150.000 d'entre elles cumulent cette double responsabilité avec une activité professionnelle.

La prise en charge d'un proche peut également conduire à une sortie du marché du travail. Parmi les personnes de moins de 65 ans sans emploi, 16,7% déclarent que ces responsabilités constituent la principale raison de leur inactivité. Cette proportion atteint 23,6% chez les femmes, contre 4,7% chez les hommes. Les personnes concernées estiment qu'un horaire de travail adapté, un temps de travail réduit, le télétravail ou une offre de prise en charge plus accessible faciliteraient leur retour à l'emploi.

> Découvrir l'ensemble des résultats

Vous souhaitez commenter cet article ?

L'accès à la totalité des fonctionnalités est réservé aux professionnels de la santé.

Si vous êtes un professionnel de la santé vous devez vous connecter ou vous inscrire gratuitement sur notre site pour accéder à la totalité de notre contenu.
Si vous êtes journaliste ou si vous souhaitez nous informer écrivez-nous à redaction@rmnet.be.