52 refus pour une adolescente suicidaire. La question parlementaire posée par la socialiste Sabine Roberty au Parlement wallon expose crûment les lacunes d'un système à bout de souffle et une réponse gouvernementale qui illustre les contraintes budgétaires et institutionnelles auxquelles se heurte toute ambition de réforme.
Une mère qui a essuyé 52 refus en cherchant une place pour sa fille de 14 ans, multirécidiviste d'actes suicidaires. Ce témoignage, relayé par RTL Info , a servi de point de départ à une question parlementaire adressée par la députée PS Sabine Roberty au ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters. Derrière ce cas individuel, c'est un système entier que la socialiste a mis en cause : délais croissants pour accéder à un psychiatre, manque de lits en hospitalisation à temps complet, acteurs épuisés contraints de définir des ordres de priorité entre patients.
Les psychiatres n'ont pas attendu ce débat parlementaire pour sonner l'alarme. Depuis la crise Covid, la complexité et le volume des prises en charge ont progressé, sans que les capacités structurelles suivent. Ce que la question de Sabine Roberty a permis de mettre en lumière, c'est l'état des réponses politiques.
Un plan en élaboration, sans budget affecté
Yves Coppieters a répondu avec franchise. Sur la stratégie wallonne en santé mentale, annoncée depuis plusieurs mois : « Aucun budget spécifique n'est pour l'instant affecté au plan stratégique en cours d'élaboration. » Si un financement devait être négocié, ce serait au plus tôt lors du conclave budgétaire de fin d'année, avec un horizon qui ne pourrait, au mieux, se traduire qu’à partir du budget 2027. Quant aux 180 équivalents temps plein psy financés dans le cadre des mesures d'urgence Covid, ils relèvent d'un « budget facultatif » reconduit d'année en année. Pour 2026, la prolongation est acquise. Au-delà, rien n'est encore décidé.
La députée avait aussi demandé si de nouvelles places allaient être créées en initiatives d'habitations protégées (IHP) et en maisons de soins psychiatriques (MSP). La réponse : aucune décision n'est prévue, « dès lors que les décisions de la précédente législature ne sont pas encore complètement effectives ». Les 200 places créées sous la ministre Christie Morreale ne sont pas encore toutes opérationnelles. Le gouvernement entend d'abord en voir les effets.
La pédopsychiatrie, signal d'alarme transmis au fédéral
Sur les hôpitaux psychiatriques, le ministre a rappelé que la programmation et le financement relèvent exclusivement du niveau fédéral. L'Aviq a néanmoins transmis les demandes non satisfaites au SPF Santé publique, en attirant notamment l'attention sur l'offre pédopsychiatrique. Les autres entités fédérées ont fait de même.
Pour les urgences suicidaires, le ministre a mentionné « Un pass dans l'impasse », le centre spécialisé capable d'apporter une réponse ambulatoire lorsque l'hospitalisation n'est pas disponible.
« La santé mentale des jeunes est terrifiante. Des dizaines et des dizaines de familles sont confrontées à une peur constante. Les parents ont la boule au ventre », a répliqué Sabine Roberty, sans dissimuler sa déception. Elle a donné rendez-vous au ministre lors de l'examen du budget 2027, en promettant d'y être « très, très attentive ».









Derniers commentaires
Francois Planchon
06 mai 2026Le manque de psychiatres bloquera tout, même si on ouvre de nouveaux "services" et des budgets supplémentaires...
Commençons par débloquer les limites mises au recrutement d'étudiants, et à l'accès aux spécialités...
Mais il faudra 12 ans avant que cette mesure porte ses fruits, en psychiatrie...
Planifier sur le long et moyen terme ne semble pas faire partie du raisonnement de nos ministres...