Au sein du gouvernement Arizona, l’avant-projet de loi-cadre sur la réforme des soins de santé du ministre Vandenbroucke provoque des tensions. « Frank essaie toujours. Tu le sors par la porte, il rentre par la fenêtre ou par le toit. Il a une capacité à ne jamais se décourager. Cette capacité est décourageante pour les autres. »
Dans les coulisses des partis de l’Arizona les mots sont clairs. « A ce stade, le dossier n’est pas encore venu à la table du gouvernement (il est au stade des intercabinets) » nous dit l’un d’eux. Pourtant les différents acteurs politiques sont clairs : « soit le ministre relève de manière significative les suppléments d’honoraires, soit il sort la question des suppléments d’honoraires de son avant-projet qui devrait être dans l’accord du 21 juillet… et ils les lient à la question de la nomenclature des actes pour plus tard. Le reste peut passer (« même s’il y aura un peu d’élagage » rajoute un autre). »
Ce représentant de parti rappelle que « l’accord de gouvernement (qui a été négocié) ne fixe pas un plafond de supplément d’honoraires. Vandenbroucke remet en cause l’idée de la profession libérale : il empêche une liberté de tarification…. »
L’accord initial, juste l’accord
Au sein de la majorité, les partis ont décidé de s’en tenir à l’accord de gouvernement. « Aujourd’hui, le ministre de la santé ne vient pas avec la nomenclature des actes et il veut plafonner les suppléments d’honoraires très bas surtout pour l’ambulatoire. Ce n’est pas correct. On risque d’avoir des médecins qui vont migrer dans les hôpitaux, parce que même si c’est illégal, ils vont avoir des honoraires garantis. »
Pourquoi se priver de l’argent privé ?
Un autre intervenant ne comprend pas le texte du ministre : « En hôpital, ces suppléments d’honoraires sont payés par les assurances privées, c’est un financement complémentaire de la santé. Je ne comprends pas pourquoi il veut diminuer autant les honoraires. Vandenbroucke est en train de nous dire qu’il veut se priver de l’argent privé qui finance de nombreux services hospitaliers. …et il veut compenser tout cet argent avec de l’argent public qu’on n’a pas. »
Selon un autre acteur, le plafonnement à 125% des honoraires vient de la Flandre. « C’est la moyenne en Flandre parce que les hôpitaux possèdent plus de chambres individuelles et que plus de patient ont une DKV ou même assurance de ce type, qu’à Bruxelles et en Wallonie. Cela explique aussi pourquoi parfois ces derniers demandent 200% de suppléments d’honoraires pour qu’ils aient une rentabilité de leur chambre. »
Investir à bon escient dans les hôpitaux universitaires
D’autres rappellent qu’il n'y a jamais eu autant d'investissement prévu dans le monde de la santé que par ce gouvernement-ci…mais qu’il y a des réformes à faire. « Il est important de ne pas mettre des hôpitaux plus en difficulté qu’ils ne sont déjà. Par exemple, dans les hôpitaux universitaires, les médecins soignent et font de la recherche aussi. Ce ne sont pas toujours les hôpitaux les plus riches mais ils sont indispensables à l'équilibre. Si on trouve aujourd'hui une nouvelle molécule, une nouvelle thérapie, c'est parce qu'on fait de la recherche. Nous devons garder notre savoir et nos médecins et rester attentifs aux abus quand ils existent. Les médecins aussi doivent être vigilants à l’utilisation de l’argent public. »
Les dossiers qui posent moins de problème
Par contre, les partenaires autour de la table sont favorables « pour revoir le budget Inami, sanctionner les médecins fraudeurs (même s’il faut sans doute revoir la procédure : on ne peut en effet accepter qu’un numéro Inami soit retiré sur le simple fait que l’Inami dise au médecin : « vous avez fraudé ». On est dans un état de droit : « il faut passer par la justice avec ou pas une procédure accélérée »). »
Les prochains jours ne seront pas de tout repos….
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