Comment les jeunes généralistes choisissent leur lieu d’installation ? (Étude)

La proximité de la famille, l’emploi du partenaire et l’ambiance au sein d’une équipe influencent davantage le choix d’installation des jeunes médecins généralistes que les incitants financiers proposés par les autorités. C’est ce qui ressort d’une étude en Flandre de la Vrije Universiteit Brussel (VUB), menée avec les universités de Gand, Louvain et Anvers sous l’égide de l’ICHO et publiée récemment dans l’European Journal of General Practice.

Pour la Dre Lotta Coenen, auteure principale de l’étude, « le médecin généraliste du futur choisit clairement la collaboration et la qualité de vie ». Les chercheurs estiment ainsi que « l’époque du médecin solo joignable jour et nuit semble définitivement révolue ».

L’enquête menée auprès de 772 médecins diplômés au cours des dix dernières années met en évidence une forte stabilité géographique. La majorité des généralistes exercent dans un rayon de 25 kilomètres autour de leur lieu de formation. Le choix d’une commune dépend souvent d’éléments pratiques, comme le lieu de travail du partenaire, l’école des enfants ou la proximité familiale.

Selon l’étude, 93,4 % des répondants exercent toujours la médecine générale, un chiffre que les chercheurs interprètent comme le signe d’un choix professionnel durable lorsque les conditions de travail sont jugées satisfaisantes.

L’organisation des cabinets apparaît également déterminante. Les jeunes médecins privilégient largement les pratiques de groupe, perçues comme plus compatibles avec un équilibre entre vie professionnelle et vie privée, tout en permettant d’assurer une continuité des soins.

La relation avec les collègues joue aussi un rôle essentiel. « Le respect mutuel et une vision partagée des soins et de l’équilibre de vie sont des facteurs majeurs pour rester dans une pratique, ou au contraire la quitter en cas de conflit », relève l’étude.

Les auteurs estiment enfin que les politiques de lutte contre les pénuries de généralistes devraient davantage miser sur le soutien pratique que sur les seules primes financières. Les prêts sans intérêt de 20.000 euros proposés par le passé n’ont eu qu’un impact limité sur les choix d’installation.

À l’inverse, les communes offrant une aide au logement, à la garde d’enfants ou à la réduction de la charge administrative auraient davantage de chances d’attirer de nouveaux médecins généralistes.

    • Coenen, L. E., Maseman, M., Lobbestael, J., Gielis, G., Gils, A., Vansintejan, J., & Van Rossem, I. (2026). Motivational factors for general practice training and career establishment: A cross-sectional study in Flanders, Belgium. European Journal of General Practice, 32(1). https://doi.org/10.1080/13814788.2026.2628411

     

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