« Notre ministre entend mais n’écoute pas », déplore le Dr Élodie Brunel, secrétaire générale de l’ABSyM, au micro de Thomas Gadisseux dans la matinale de La Première. La responsable syndicale justifie la grève des médecins de ce lundi par un manque de concertation autour de la réforme portée par le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit). Selon le Dr Brunel, la concertation avec les représentants des médecins n’a réellement débuté que sous la pression du préavis de grève.
La grève des médecins, menée ce lundi à l’initiative de plusieurs syndicats médicaux dont l’Association belge des syndicats médicaux (ABSyM), trouve sa justification dans un dialogue jugé insuffisant avec le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit). C’est ce qu’a déclaré la secrétaire générale de l’ABSyM, le Dr Élodie Brunel, lors d’une interview accordée à Matin Première.
Selon le Dr Brunel, la concertation avec les représentants des médecins n’a réellement débuté que sous la pression du préavis de grève. « La concertation n’est pas au rendez-vous. Elle n’a été amorcée qu’après le dépôt de notre préavis », a-t-elle regretté, pointant un processus de réforme « mal chronologique » et mené sans tenir compte des priorités du secteur.
La réforme portée par le ministre Vandenbroucke vise notamment à encadrer plus strictement les suppléments d’honoraires. Si l’ABSyM ne conteste pas la nécessité d’une réforme, elle déplore un ordre des étapes inadapté. « Avant de se pencher sur les suppléments d’honoraires, il faut d’abord revoir la nomenclature et le financement des hôpitaux », a insisté Élodie Brunel, en précisant que la refonte des tarifs de base est attendue pour 2028. « À partir du moment où le tarif de base sera fixé, ensuite on pourra réfléchir aux suppléments d’honoraires », a-t-elle ajouté.
La secrétaire générale de l’ABSyM s’est par ailleurs exprimée sur la succession des réunions tenues avec le cabinet du ministre. « Le projet de loi a été présenté le 3 juin. La première réunion a eu lieu le 12. Nous avons déposé notre préavis le 20 juin et ce n’est qu’alors que des concertations ont été organisées. Des amendements ont été proposés, mais ils restent insuffisants », a-t-elle souligné pour justifier le maintien de la grève.
Concernant les suppléments d’honoraires, le Dr Brunel a rappelé qu’ils contribuent au financement des hôpitaux, particulièrement en région bruxelloise. « C’est l’hôpital qui en bénéficie directement, pas les médecins », a-t-elle précisé. Elle a également dénoncé le risque d’une « médecine à deux vitesses » si la réforme était mise en œuvre sans repenser au préalable la rémunération de base et le financement des structures hospitalières.
L’ABSyM réaffirme par ailleurs son attachement au caractère libéral et indépendant de la profession médicale. « Un médecin doit rester libre d’être conventionné ou non. Nous voulons éviter de basculer vers une médecine d’État autoritaire et centralisée », a averti le Dr Brunel.
En ce qui concerne la continuité des soins durant la grève, la secrétaire générale de l’ABSyM a précisé que les urgences restent assurées et que les médecins ont la liberté d’organiser la prise en charge des patients comme ils l’entendent, dans le respect de leurs obligations légales.
Enfin, l’ABSyM prévient que d’autres actions pourraient être envisagées si des avancées significatives ne sont pas obtenues. « La balle est dans le camp du ministre », a conclu Élodie Brunel.









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Paul De Munck
07 juillet 2025Désolé ,Chère Elodie mais ce n'est ni votre préavis de grève , ni la grève très partielle de ce jour qui a déclenché la concertation avec le Ministre comme tu le sais fort bien. Juste pour rester objectif
!