Le flux sortant du personnel soignant est l’une des principales menaces pour la capacité et la qualité des soins de santé en Belgique, mais les autorités ne disposent toujours pas de chiffres actualisés sur les départs. Comment expliquer des données aussi en retard dans un système autant numérisé et sans chiffres à jour, peut-on encore parler de planification ? Explications du ministre Vandenbroucke.
« À l'heure actuelle, il n'est pas possible de fournir des chiffres précis sur le nombre de professionnels de la santé ayant quitté le secteur au cours des cinq dernières années », affirme le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke dans une réponse écrite à la Chambre, relayée lundi. « Cela s'explique par le fait que les données disponibles reposent principalement sur des actes administratifs tels que les agréments ou les visas. Bien que ces données offrent un aperçu des flux entrants annuels, elles ne permettent pas de dresser un tableau complet des départs ni de l'activité professionnelle réelle sur le terrain. »
En revanche, des chiffres annuels concernant l’entrée dans la profession, fondés sur les agréments ou visas délivrés, sont disponibles et publiés chaque année dans les rapports relatifs aux praticiens autorisés.
Une évaluation irrégulière, avec deux ans de retard
La Commission de planification de l'offre médicale évalue également l’offre sur le marché du travail, mais « de manière non régulière », précise Frank Vandenbroucke. « Ces évaluations, réalisées par catégorie professionnelle, nécessitent des ressources et du temps considérables. À cela s'ajoute un délai structurel dans la disponibilité des données d'activité, qui sont généralement publiées avec au moins deux années de retard. »
Ce décalage est lié au « temps requis pour obtenir, traiter et analyser les données consolidées issues de sources telles que la Banque Carrefour ». Ainsi, « les données les plus récentes concernant les médecins et les dentistes sont actuellement disponibles jusqu'à l'année 2021. Une mise à jour jusqu'en 2023 est prévue pour la seconde moitié de cette année, mais elle n'est pas encore accessible. Pour les infirmiers et les aides-soignants, les chiffres publiés couvrent la période jusqu'en 2022. Une actualisation pour l'année 2023 est également prévue dans le courant de cette année », poursuit-il.
Des données anonymes qui empêchent le suivi longitudinal
Autre obstacle : les données actuelles sont des « instantanés anonymes », ce qui « rend difficile l'adoption d'une approche longitudinale. Or, une telle approche est essentielle pour pouvoir suivre de manière fiable qui entre et qui quitte la profession. »
Un registre des pratiques, mais pas avant plusieurs années
Le ministre reconnaît ces limites : « C'est pourquoi la mise en place du registre de pratique constitue une avancée majeure. Ce registre permettra, à moyen terme, de recueillir des données plus fréquentes et plus précises sur l'exercice effectif des professions de santé. Il offrira ainsi une base solide pour suivre plus rigoureusement l'évolution des flux d'entrée et de sortie. »
Mais là encore, il faudra attendre : « Les statistiques demandées nécessiteront toutefois un certain délai, car le registre devra d'abord accumuler des données sur plusieurs années pour pouvoir refléter des tendances et des évolutions de manière pertinente. Une fois que le registre aura été en fonctionnement pendant quelques années, il sera possible de disposer de chiffres plus récents et détaillés, permettant une analyse longitudinale complète », conclut Frank Vandenbroucke.









Derniers commentaires
Paul DESSART
18 septembre 2025Bonjour,
Avec les mesures VDB les coûts des soins de santé risquent encore d’augmenter en Belgique.
Nous recherchons pour une émisison TV consacrée sur RTLTvi des
- Professionnels de la santé qui veulent évoquer le concret de leur situation
- Des familles, patients qui ne s’en sortent plus ou doivent faire des choix.
Vous êtes inquiets ou concernés ?
Merci de me contacter rapidement.
Michaël Denutte
0473/244.707
denuttem@gmail.com
Francois Planchon
16 septembre 2025Bonjour au manager de service à vitesse plus que très variable : il instaure un repérage informatique capable de déceler les abus éventuels de facturation d'actes de chaque médecin en activité... pour pouvoir sanctionner les abus... (et les faits ne lui donnent pas tout à fait tort, il faut quand même le reconnaître).
ET il déclare, avec le même aplomb, ne pas pouvoir comptabiliser les médecins qui arrêtent de facturer des actes, même s'ils continuent de prescrire pour leurs proches (SANS facturer d'actes) ... et ceux qui sont en activité, càd qui facturent leurs prestations...
Une simple pression sur une touche devrait tenir à jour un comptage précis d'activité par spécialités, y compris pour les maisons médicales qui doivent tenir à jour la liste de leurs prestataires par No Inami interposé... en fournissant de beaux graphiques par communes, permettant de détecter en temps réel les zones "à pourvoir"...
Surréaliste d'incompétence cumulées...
David Simon
26 aout 2025Le Ministre est bien mal conseillé
Logiquement, le nombre d’actes remboursés par les OA est désormais récupérable par les OA en temps réel et comparé aux années antérieures
On peut ainsi faire une épidémiologie complète de l’activité de chaque medecin honoré au forfait et en déduire l’évolution de son activité
Seuls les médecins rémunérés au forfait passent sous les radars. Il suffit d’obliger les maisons médicales à fournir ces chiffres extraits de leur DMI en imposant cette fonction au cahier des charges de la labellisation afin que ces chiffres soient certifiés par le fournisseur de services de leur DMI
Paul DESSART
26 aout 2025Toujours aussi menteur ce bon VDB
Vous avez 6 semaines a t'il dit aux syndicats pour donner des chiffres avant mon projet cadre mais lui il ne sait pas en avoir alors que pour les professionnels de la santé c'est big brother !
Yves METENS
25 aout 2025chaque année on invente un cadastre des pratiques
une fois au fédéral
une fois au régional
de mémoire le provincial ne l'a pas encore fait (absence de subside?)
la faillite d'un état , d'un système ...