Après les récents reportages consacrés aux sociétés médicales et aux revenus des médecins, la Belgian Society of Radiology (BSR) dénonce une vision réductrice de la spécialité. Dans un communiqué publié vendredi, elle rappelle que les bénéfices des sociétés médicales ne reflètent pas les revenus personnels des praticiens et plaide pour un débat centré sur les soins, l'innovation et l'avenir de la médecine.
« Une société n'est pas une fiche de paie. » C'est le message adressé par la Belgian Society of Radiology (BSR) après les récents débats sur les revenus des médecins. Si elle juge ce débat « légitime et nécessaire », la société scientifique estime qu'il passe à côté de son véritable objectif lorsque des disciplines médicales complexes sont réduites à un classement des bénéfices de sociétés.
Selon la BSR, les chiffres publiés sur les sociétés médicales sont souvent présentés comme s'ils reflétaient les revenus personnels des médecins. Or, les bénéfices déclarés servent fréquemment à financer des investissements en équipements, en informatique, en formation, en assurances et en activités professionnelles futures. Ils sont en outre présentés avant toute fiscalité supplémentaire sur les dividendes ou les distributions versées au médecin lui-même. Assimiler le bénéfice d'une société au revenu net personnel conduit ainsi à « une perception fondamentalement erronée ».
La société scientifique rappelle également que la radiologie est aujourd'hui « l'une des disciplines les plus centrales de la médecine ». Presque chaque patient qui se rend aux urgences, reçoit un diagnostic de cancer, subit un AVC, est opéré ou bénéficie du suivi d'une maladie chronique entre directement ou indirectement en contact avec un radiologue. Pourtant, le travail de ces spécialistes demeure largement invisible. « Le patient voit souvent l'appareil, mais pas le médecin derrière l'interprétation, les concertations multidisciplinaires, les gardes, le contrôle de qualité, la formation, la recherche scientifique et la disponibilité permanente sur lesquelles repose la médecine moderne. »
La BSR souligne que cette médecine repose également sur des investissements continus. Intelligence artificielle, scanner à comptage photonique, techniques avancées d'IRM, traitements oncologiques guidés par l'image et nouvelles procédures interventionnelles nécessitent des moyens importants. Elle cite notamment la thrombectomie mécanique : « Grâce à une thrombectomie mécanique réalisée par des radiologues interventionnels, des patients qui autrefois restaient dépendants de soins à vie après un AVC aigu peuvent aujourd'hui retrouver une vie autonome. »
Selon l'organisation, les équipes belges assurent ces prises en charge 24 heures sur 24 et sept jours sur sept grâce à une infrastructure, une formation et une permanence développées par « l'esprit d'entreprise de médecins et d'hôpitaux prêts à prendre des risques bien avant l'existence d'un financement structurel ». La BSR estime que « lorsqu'on se limite à examiner des classements de revenus, toute cette valeur ajoutée sociétale disparaît complètement du tableau ».
La société scientifique rappelle également que les radiologues prennent chaque jour des milliers de décisions diagnostiques qui déterminent la suite du parcours des patients. « Une hémorragie cérébrale non détectée, une embolie pulmonaire non reconnue ou un diagnostic tardif de cancer peuvent avoir des conséquences graves. » Cette responsabilité ne s'arrête pas à cinq heures du soir : les radiologues assurent des gardes, participent aux concertations multidisciplinaires et garantissent les soins urgents.
La BSR ne s'oppose pas à un débat sur les honoraires ou sur les différences entre disciplines médicales, mais estime qu'il ne doit pas partir d'une comparaison simpliste des résultats de sociétés. Elle rappelle qu'aujourd'hui la Belgique figure parmi les pays offrant l'accès le plus rapide à une imagerie médicale de haute qualité et à des traitements interventionnels avancés. Selon elle, « cette position n'est pas le fruit du hasard, mais le résultat de décennies d'investissements réalisés conjointement par les médecins et les hôpitaux ».
Pour la société scientifique, le véritable enjeu porte sur les soins qui pourront être proposés demain. « La véritable question est de savoir quels soins nos patients recevront demain, quelles innovations nous voulons continuer à proposer et comment faire en sorte que la Belgique demeure à l'avenir parmi les leaders mondiaux de la médecine. »
« La radiologie n'est pas un poste de dépense en marge des soins, mais l'un des fondements sur lesquels repose la médecine moderne », souligne encore la BSR. « Il est regrettable que cette réalité soit, une fois de plus, éclipsée sous une avalanche de prétendus bénéfices de sociétés. »









Derniers commentaires
Cédric DE MEY
15 juin 2026Question bête.
Mais est ce que les sociétés unipersonnelles des radiologues paient les machines d'imagerie ?
Ou est ce que c'est compris dans la rétrocession des honoraires ?
Charles KARIGER
12 juin 2026À quand des excuses publiques du Ministre à propos de ces « fuites » certainement pas dues au hasard