Une réunion s’est tenue mercredi soir au cabinet du ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke. Le président du GBO, le Dr Lawrence Cuvelier, y a assisté aux côtés d’autres acteurs du secteur. Le ministre Vooruit y a présenté les décisions du gouvernement concernant son projet d’arrêté royal.
« Il nous a montré des propositions de négociation et des assouplissements, sans oublier qu’il a précisé que les échéances sont repoussées, comme pour le dossier sur les suppléments… », a indiqué le Dr Cuvelier.
Plusieurs aspects nécessitent désormais des réunions techniques. « La décision de la limitation des suppléments pour les non-conventionnés pose question au niveau juridique. Cela va nécessiter des aménagements (des suppléments fixes pour toutes les spécialités, cela n’a pas beaucoup de sens). Nous devons avancer sur ces éléments très importants », a-t-il souligné, en évoquant les contacts pris avec les juristes des syndicats et ceux de l’État.
Dans le cadre de la prochaine Medico-mut, prévue le 22 septembre, ces dossiers seront abordés. « Les concertations sont intenses avec à peu près tout le monde. Nous nous rendons bien compte que nous allons arriver avec des réformes plus profondes et que nous n’échapperons pas à cette dynamique initiée par le ministre en concertation avec les différents acteurs », a relevé le président du GBO. « Nous nous concertons avec les organismes assureurs et les autres syndicats médicaux. Nous devons arriver à une position commune pour discuter avec le ministre fédéral de la Santé. J’espère que nous y arriverons. »
Le tri aux urgences et dans les postes médicaux de garde constitue un autre dossier sensible. « Nous avons insisté pour que le tri, pour les urgences hospitalières et les postes médicaux de garde généralistes, soit mieux réfléchi. Les services d’urgences doivent avoir une compensation s’ils réalisent ce tri. En effet, sur le terrain, la dynamique concurrentielle entraîne un tri insuffisant au sein de certains hôpitaux. Il y aurait même une interdiction d’envoyer des patients aux postes médicaux de garde dans certaines institutions. Ce n’est pas acceptable en termes de santé publique. Le ministre veut évidemment que ce type de démarche soit banni sur le terrain. Il veut, comme nous, que ce tri soit réalisé de manière rationnelle. Pour cela, il convient de revoir le système et de l’adapter au mieux pour les différents acteurs et leur propre réalité économique aussi », a déclaré le Dr Cuvelier.
La pénurie de médecins doit également être prise en compte. « Évidemment, un patient “renvoyé” des urgences doit pouvoir rencontrer un médecin généraliste dans un délai acceptable. Sans quoi, nous allons avoir d’autres problèmes de santé publique… », a-t-il averti.
Enfin, le Dr Cuvelier est revenu sur la journée d’action du 7 juillet dernier. À la question de savoir si la grève a été utile dans l’évolution des négociations, il s’est montré très réservé. « Je ne crois pas. Je pense que cette grève était très risquée, en particulier concernant l’impact sur les patients. Par ailleurs, elle n’a pas eu tellement de succès au sein de la profession des généralistes. Je continue à penser qu’il ne faut pas l’utiliser lorsqu’on négocie. J’ai conscience que la négociation sera toujours difficile, moins sur les objectifs que sur les moyens d’y arriver. Nous devons combattre une forme d’autoritarisme qui manque de nuance de la part du ministre. Nous le savons et nous devons être vigilants. »








