Le patient a désormais un droit d’accès complet aux notes personnelles du médecin

Le droit du patient à consulter son dossier médical s’étend désormais aux « notes personnelles » rédigées par les médecins et autres prestataires de soins. La Cour constitutionnelle a rejeté un recours en annulation partielle de la loi modifiée sur les droits du patient, confirmant ainsi cette évolution.

Le recours avait été introduit par l’Association professionnelle des psychologues cliniciens. Elle estimait que les notes personnelles, telles que les réflexions ou hypothèses de travail, ne devraient pas relever du droit de consultation. La Cour ne partage pas cette position : toutes les notes rédigées par un prestataire de soins au sujet d’un patient font désormais intégralement partie du dossier médical de ce dernier.

« La suppression de la distinction entre notes personnelles et autres informations signifie que ces notes deviennent également accessibles au patient », précise Tom Goffin, professeur de droit de la santé à l’université de Gand. Cette décision s’applique aux médecins ainsi qu’à tous les autres prestataires de soins. La Cour ne distingue pas entre soins somatiques et soins de santé mentale. Les notes des psychologues et des psychiatres relèvent donc elles aussi du droit de consultation.

Dans un arrêt rendu le 10 juillet 2025, la Cour constitutionnelle confirme que ces notes constituent des données à caractère personnel, même lorsqu’elles contiennent aussi des informations sur le prestataire lui-même. Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) ne fait aucune distinction entre les données relatives à la santé physique et celles relatives à la santé mentale. Il en résulte que le patient a droit à une consultation complète.

L’exception thérapeutique est maintenue

Les prestataires de soins conservent toutefois une nuance importante : l’exception thérapeutique. Si la consultation de certaines notes devait entraîner un préjudice grave pour la santé du patient, un médecin peut en suspendre temporairement l’accès, à condition de motiver dûment sa décision. Le délai légal de 15 jours pour répondre à une demande de consultation permet cette prise en compte.

Les médecins ont dès lors tout intérêt à formuler leurs notes avec encore plus de soin. Les hypothèses, soupçons ou impressions provisoires ont toujours leur place dans le dossier, mais doivent désormais être exprimés de manière claire, professionnelle et réfléchie, en tenant compte du fait que le patient peut les lire. Cette évolution représente un véritable changement, notamment dans le domaine de la santé mentale, où les notes personnelles étaient souvent considérées comme strictement confidentielles.

Avec cet arrêt, le droit de consultation du patient est nettement renforcé. Ce qui pouvait auparavant être protégé sous la notion de « notes personnelles » fait désormais partie intégrante d’un dossier médical plus transparent. Pour les médecins, cela implique une documentation rigoureuse, un langage professionnel, et une utilisation réfléchie de l’exception thérapeutique, lorsqu’elle s’impose.

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Derniers commentaires

  • Julie Dauvillée

    22 juillet 2025

    Quelle tristesse pour notre médecine qui se veut par définition bienveillante et qui perdra une aide précieuse.

  • Sophie Guyard

    15 juillet 2025

    Donc je n’écris plus dans mes notes personnelles troubles de la personnalité avec paranoïa

  • Pierre-Etienne VAN ASSCHE

    15 juillet 2025

    Cette nouvelle disposition est tout simplement criminelle et criminogène ! C'est aussi une atteinte à la liberté thérapeutique et à la lberté personnelle des praticiens ! Le " ministre " se prendrait-il pour " Big Brother " ? Le seul de sa famille qui n'a pas pu devenir médecin se venge de la plus lamentables des façons...

  • Francois Planchon

    15 juillet 2025

    Complètement surréaliste, exemple : si un patient ou son entourage s'est montré violent, ou menaçant, un praticien va évidemment relater et commenter les faits dans une note personnelle. Il est évident que cette note DOIT rester personnelle, et qu'elle pourrait jeter de l'huile sur le feu si elle est lue par le patient ou sa famille... La possibilité de tenir des notes personnelles, outil de travail, doit subsister...

  • Hervé Godiscal

    14 juillet 2025

    Bureaucratisation de l'art médical.... Et après pourquoi pas des dossiers politiques rémunérés bien sûr !
    Redevenons vraiment indépendants pour le bien de tous .

  • Jean-Louis MARY

    14 juillet 2025

    Dans la logique du personnage qui dirige les soins de santé : un incquisiteur .
    Dorénavent figureront dans mes consultations les données de l’examen clinique, qq abréviations type suivi, entretien psychothérapie, infection, bilan etc et strictement rien d’autre
    Dommage car l’aide mémoire bien utile que constituait la mine du DMG va se réduire comme une peau de changin
    VDB tue la médecine, au profit d’une technocratie nuisible, in fine, pour le patient .
    Triste et lamentable.
    Mon épouse est psychiatre, elle est restée fidèle au dossier papier , n’utilisant son soft que pour prescrire et la facturation , elle avait raison, ne jamais faire confiance dans nos dirigeants .

  • Xavier Hardy

    14 juillet 2025

    C'est très simple. Comme psychiatre, mais aussi dans toutes les relations humaines, certaines réflexions personnelles que je rédigeais en guise de souvenir ne sont pas à mettre entre toutes les mains. Pas malveillantes mais pouvant heurter l'un ou l'autre profil psychopathologique. Certaines notes très sommaires seront présentes dans le dossier tandis que d'autres resteront hors dossier, anonymisées et donc impossibles à attribuer à un quelconque patient.
    C'est désespérant...

  • Charles KARIGER

    14 juillet 2025

    Simplement grotesque ? Non, vraiment criminel.

    Première urgence, retirer tout ce qui, d’une manière ou d’une autre pourrait nuire à l’ «entourage élargi » de nos Patients. Direction poubelle.
    Ensuite, même chose pour tout ce qui pourrait nuire à nos Patients eux-mêmes.
    (Exemple : avoir signalé une quelconque inconduite extraconjugale ou un SOUPÇON de maltraitance ou d’abus, l’évocation d’une pathologie transmissible, avoir indiqué une hypothèse étiologique, etc.) Tant pis si, bien utilisés, ces renseignements auraient pu leur être bien utile un jour ou l'autre.

    Tant pis pour la santé des Patients. Ils l'ont voulu.

    Les peuples ont les gouvernements, les institutions et les lois qu’ils méritent.
    Tout comme le refus du remboursement du KAFTRIO salvateur à beaucoup de « mucos », il ne revient pas aux soignants d’exposer ni leurs écus ni leur responsabilité civile et pénale parce que ces populations prennent des décisions idiotes ou idéologiques.

    Il me semble qu’il y a actuellement un type qui prétend organiser en force « le bon soin au bon moment et au bon endroit ». On y va à toute vitesse. Quelle rigolade !

  • Jean-Luc Jorion

    14 juillet 2025

    Et le RGPD la dedans???
    Une note personnelle et par définition personnelle !