Le nombre de pharmacies recule en 2026, forte concentration des fermetures en Wallonie

Le nombre de pharmacies poursuit sa diminution en Belgique, avec des disparités régionales marquées et une recomposition progressive du réseau officinal. C’est ce qui ressort du récent Livre blanc de Sirius Insight consacré au secteur des pharmacies.

En 2026, la Belgique compte 4.873 pharmacies, dont 4.581 ouvertes au public (-77 depuis 2025) et 292 temporairement fermées (-1 depuis 2025). En moyenne, la Belgique compte 4 pharmacies pour 10.000 habitants. « Nous constatons une accélération de la diminution du nombre de pharmacies depuis 2024 sous l’effet de la nouvelle législation sur le transfert des pharmacies. » observe Karolien Sottiaux, COO de Sirius Insight.

Sur le terrain, 181 pharmacies ont fermé définitivement depuis 2020 : 54 % de toutes les fermetures de pharmacies ont eu lieu en Wallonie. « De fortes disparités régionales sont constatées en effet : 23 % des fermetures définitives de pharmacies ont eu lieu à Liège contre seulement 2 % dans le Limbourg. »

Dans le top 3, après la province de Liège (-41 pharmacies), on trouve la province du Hainaut (-35 pharmacies) et la province d’Anvers (-26 pharmacies).

292 pharmacies temporairement fermées

En 2026, 292 officines sont temporairement fermées. Près de la moitié (49 %) se situent en Wallonie, soit une baisse de 3 % par rapport à 2025.

Le Hainaut en compte 68, Bruxelles 55 et Liège 49. Au total, 24 % des pharmacies temporairement fermées se trouvent dans la province du Hainaut, contre 1 % dans le Brabant wallon.

Fusions et déménagements : priorité à la sécurisation

Les mouvements au sein du réseau traduisent une adaptation stratégique. Depuis 2023, les demandes de fusion et de déménagement ont diminué de 34 %. Parmi les dossiers introduits, 57 % concernent des transferts de proximité, 19 % des fusions, 14 % des transferts impliquant la fermeture d’une officine et 10 % des implantations en zones mal desservies.

« Les fusions sont moins populaires, les déménagements de proximité “sécurisés” restent essentiels », observe Karolien Sottiaux. Dans 73 % des cas, ces transferts s’effectuent dans un rayon de 100 mètres, traduisant une volonté de préserver la patientèle existante.

Par ailleurs, 6,2 % du territoire belge reste soumis à une zone de protection en 2026, limitant les possibilités d’implantation. Une légère baisse est toutefois observée par rapport à 2025.

Vers des modèles plus intégrés ?

L’étude souligne que certaines régions demeurent confrontées à un potentiel de marché insuffisant pour garantir la viabilité des officines et une couverture adéquate de la population. « Les pharmacies indépendantes comme les pharmacies de groupe doivent réfléchir à leur positionnement futur et à leur rôle sur le marché », estime Karolien Sottiaux, évoquant l’importance d’une stratégie à long terme.

À l’étranger, des modèles intégrant davantage les professionnels de santé au sein de pôles ou de collaborations structurées gagnent du terrain. La Belgique commence à explorer ces approches. 

> Découvrir le Livre blanc

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Derniers commentaires

  • Michel HUYBRECHTS

    04 mars 2026

    inutile