Les dispensateurs de soins peuvent désormais consulter leurs propres données d’activité via le portail ProSanté, annonce l’INAMI jeudi. Ces statistiques interactives, enrichies progressivement, visent à soutenir l’évaluation des pratiques et à renforcer la responsabilité partagée au sein du système de santé.
L’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) met à disposition de chaque dispensateur de soins des statistiques individualisées accessibles en ligne via le portail ProSanté. Cet outil permet aux professionnels de visualiser leurs activités et d’en analyser l’évolution dans le temps.
Les données disponibles portent, dans un premier temps, sur les prestations de santé attestées à l’assurance soins de santé, avec une évolution sur les cinq dernières années. Elles seront progressivement complétées par des informations relatives aux prescriptions de soins et de médicaments ainsi qu’aux attestations d’incapacité de travail.
L’outil se distingue par son caractère interactif. Les utilisateurs peuvent filtrer leurs données selon différents critères et les visualiser sous forme de tableaux ou de graphiques, afin d’affiner leur analyse. Des fonctionnalités de comparaison avec les pratiques de leurs pairs ou avec des indicateurs de qualité doivent également être intégrées.
Pour les médecins généralistes, un premier module thématique est déjà disponible et porte sur la prescription d’antibiotiques. Il s’appuie sur les indicateurs de « déviation manifeste » par rapport aux bonnes pratiques, définis en 2023 par le Conseil National de Promotion de la Qualité (CNPQ). Les résultats mis en ligne concernent l’année ayant suivi la publication de ces indicateurs et offrent une visualisation dynamique des prescriptions.
Pedro Facon, administrateur général de l’INAMI, explique que « l’objectif est de leur permettre d’avoir une meilleure vue générale de leur pratique, de l’évaluer par rapport à celle de leurs confrères ou à des indicateurs de qualité et, si nécessaire, de l’ajuster ». Il souligne que ces statistiques individuelles constituent « un élément essentiel d’apprentissage et d’amélioration continue ».
D’autres thématiques liées aux indicateurs de déviation manifeste doivent être ajoutées dans les prochains mois, notamment en chirurgie bariatrique, en ménisectomie et dans la prescription d’inhibiteurs de pompe à protons (IPP). À terme, l’INAMI prévoit également d’intégrer des indicateurs de qualité développés avec la Direction Appropriate Care.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de transparence et de partage des données avec les professionnels de santé. Elle vise à soutenir l’appropriate care, en favorisant une utilisation optimale des ressources de l’assurance soins de santé et en encourageant des pratiques plus pertinentes.
L’INAMI entend ainsi renforcer la responsabilisation des acteurs du système. Le partage de ces données doit permettre aux dispensateurs de mieux appréhender leurs comportements de facturation et, à terme, de prescription, tout en alimentant le dialogue au sein du secteur.









Derniers commentaires
Robin GUEBEN
10 avril 2026Oh woaw, percentile 75 pour la prescription d'antibiotiques. Désolé de soigner des gens avec de réelles infections de patients envoyés par des confrères et consoeurs en garde 1733 car ils ont peur de leur profil de prescriptions. Pardon de gérer des patients gériatriques plurimorbides sans les envoyer à l'hôpital pour un rien. Navré d'essayer de contrôler les épidémies en centres scolaires et spécialisés.
Il va sérieusement falloir remettre à plat les attentes professionnelles concernant le métier de médecin généraliste parce que ça file un mauvais coton épidémiologique. Ou alors faut-il dire "Oui vous avez une pneumonie, mais voici un verre d'eau, ça va ou ça va pas aller, soyez fort on verra bien" ?
Marie-Louise ALLEN
10 avril 2026déviation des prescriptions? dérive politique? future chasse aux déviants?
l'idéal serait évidemment 0 prescription, c'est à dire 100% de "patients" en bonne santé, c'est à dire non intoxiqués par moultes produits perturbateurs endocriniens, cancérigènes, etc, autorisés sans restriction par la main gauche de "celui" (état) dont la main droite surveille nos déviances .....
Marc PAPADOPOULOS
09 avril 2026Après vérification , l'Inami n'a pas mis à disposition les stat de prescription des antibiotiques mais bien les stat concernant les dépenses facturées, dans mon cas pour l'année 2024.
L'outil n'est absolument pas interactif, de même que les statistiques disponibles via healthstat.be ( antibiotiques, suivi diabète et insuffisance rénale), pour lesquels l'accès est assez lent, compliqué et totalement non exportable pour une analyse entre médecins du même groupement...