Réduction d’Impulseo en Wallonie : « On nous demande de décider en aveugle » (P. De Munck)

La réduction possible du budget du programme Impulseo suscite des inquiétudes parmi les acteurs de la première ligne en Wallonie. Une enveloppe d’économies de 3 millions d’euros est évoquée, alors que plusieurs organisations du secteur demandent qu’une évaluation scientifique du dispositif soit menée avant toute décision. Les discussions se poursuivent entre les différents intervenants, dans un climat décrit comme tendu.

Le 23 février dernier, les acteurs de la première ligne se sont à nouveau réunis : SAFA, centres de coordination d’aides et de soins, fédérations hospitalières, maisons médicales, médecins généralistes et mutuelles. Les réunions se poursuivent en coulisse afin d’identifier les économies possibles dans le secteur. Brigitte Bouton, directrice du département de la branche Santé à l'AVIQ, a appelé les différents intervenants à mener le débat dans un plus grand respect des uns et des autres.

À ce stade, certains acteurs ont déjà rentré une note d’économies, d’autres pas, alors que le calendrier reste serré. « Personne n'a envie de faire des efforts budgétaires », explique une intervenante.

Du côté des généralistes, plusieurs représentants mettent en garde contre une réduction du programme Impulseo sans évaluation préalable. « Il ne faut pas considérer que le programme Impulseo n'a pas donné de résultats. Sans Impulseo, la situation serait peut-être pire. Nous ne le saurons jamais, nous manquons de données objectives et validées à ce niveau », explique le Dr Paul De Munck, président honoraire et administrateur du Groupement belge des omnipraticiens.

Décision attendue au gouvernement

La concertation doit se poursuivre entre la présidente du Comité de branche, Alda Greoli, ex-ministre wallonne de la Santé, et l’administration. Le dossier sera ensuite transmis au Comité de branche puis au Conseil général avant que le ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters, prenne une décision finale en gouvernement.

Pour le Dr Paul De Munck, la question de la réduction du programme Impulseo pose un problème de méthode. « Il est difficile de devoir couper dans des moyens et de prendre des décisions sans une véritable base scientifique. Nous aurions dû pouvoir nous reposer sur une étude des besoins et de l'impact, une étude rétrospective avec tous les jeunes médecins qui ont bénéficié de l'aide Impulseo pendant les deux, trois ou quatre années précédentes. On nous demande de prendre des décisions en aveugle alors qu’on est déjà sous-financé. Il est aussi important de rappeler que la mesure Impulseo figure dans la Déclaration de politique régionale (DPR) du gouvernement wallon et qu’il était prévu de renforcer le dispositif par le gouvernement MR-Engagés », ajoute-t-il.

Réflexion plus large sur l’organisation des soins

Parmi les propositions avancées par les généralistes figure celle « d’améliorer l'attractivité dans les zones qui sont encore insuffisamment couvertes ». Les représentants de la médecine générale insistent toutefois sur la nécessité d’une approche globale. « Nous l’expliquons au cabinet : prendre une mesure Impulseo isolée, uniquement centrée sur la médecine générale, à terme ne sera évidemment pas efficace pour l’amélioration des soins de santé. Nous devons, sur les différentes zones, avoir une réflexion globale et efficace. »

Dans l’intervalle, la multiplication des réunions pèse sur les différents acteurs, dans un contexte économique jugé difficile, alors que les besoins sur le terrain restent importants et que la couverture des soins de santé de la population se dégrade.

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Derniers commentaires

  • Robin GUEBEN

    05 mars 2026

    C'est quand même assez impressionnant le nombre d'étatistes qui ne comprennent pas des principes économiques d'étatisme comme la logique coercitive ou reprendre dans une poche ce qu'on a donné dans l'autre ou alors je parie que vous avez pensé la reprendre dans une hausse de la taxation du Privé sous une législature socialiste 2024-2029 (c'est un peu raté). Le mécanisme Impulseo ne fonctionne pas chez une génération Y portée sur l'accomplissement personnel, la méritocratie et l'épicurisme. Le mécanisme Impulseo ne fonctionnera pas chez une génération Z portée sur la découverte personnelle, la simplicité et l'hédonisme. Seul le libéralisme (je-gagne-ce-que-je-bosse) fonctionnera avec ces concepts.
    Prédiction : l'État va chercher la faille pour faire rembourser la génération Y pour la donner en roulement à la génération Z (parce que il n'y a plus que les arnaques de Ponzi que vous saisissez désormais) ou bien à sommes moindres mais cumulées à des polycliniques de généralistes pour engendrer des loyers professionnels sur le secteur Privé.
    Je doute que vous réussirez à re-séduire les nouvelles générations vers les socialistes et les socio-chrétiens, il faudra, tôt ou tard, lire d'autres livres sur l'étagère de l'Économie ;)