Réforme de la nomenclature: comment seront calculés les honoraires des généralistes ?

La médecine générale est elle aussi concernée par la nouvelle méthode de calcul de la composante intellectuelle des honoraires médicaux. Medi-Sphère a pu se procurer le rapport de cette étude, examiné ce lundi en Médicomut dans le cadre de la réforme de la nomenclature. Il décrit la manière dont les prestations des médecins seront désormais évaluées en fonction du temps, de la complexité et du risque. Cette méthode doit servir de base aux futurs honoraires de la nomenclature réformée.

Medi-Sphère a pu se procurer le rapport de 159 pages consacré à la nouvelle méthode d'évaluation de la composante intellectuelle des honoraires médicaux. L'INAMI entend mettre fin à une nomenclature dans laquelle les honoraires se sont construits au fil du temps et sont souvent difficiles à justifier. À la place, il souhaite mettre en place un système reposant sur des critères objectifs afin d'évaluer la valeur intellectuelle des prestations médicales.

L'étude a été menée durant 42 mois, de janvier 2022 à juin 2025, par les équipes de recherche de l'ULB/GEDIS et de la KU Leuven. Trente-sept disciplines médicales ont été analysées, dont la médecine générale.

Les chercheurs précisent toutefois que, pour les généralistes, l'exercice porte sur les prestations techniques, médicales et chirurgicales (ATMC) de la nomenclature ainsi que sur la consultation de base. Chaque prestation a été évaluée selon trois paramètres : le temps nécessaire à sa réalisation, sa complexité et le niveau de risque assumé par le médecin.

L'évaluation ne se limite pas à la durée de l'acte. Elle prend également en compte le temps consacré à la préparation, à l'analyse des résultats d'examens, aux concertations multidisciplinaires ainsi qu'à toutes les tâches intellectuelles directement liées à la prestation.

La complexité et le risque ont été cotés sur une échelle de un à cinq. La complexité tient compte notamment du niveau de formation, de l'expérience et de l'expertise requises. Le risque prend en considération les conséquences potentielles pour le patient, mais aussi la responsabilité et le niveau de stress supportés par le médecin.

Pour chaque discipline, un comité de six experts a été constitué. Le GBS/VBS a désigné un expert, tout comme les sociétés scientifiques francophones et néerlandophones. Chacun des deux groupes de recherche universitaires a également désigné un expert afin de garantir une représentation équilibrée des différentes sensibilités professionnelles et linguistiques.

Les premières évaluations ont ensuite été confrontées lors d'une réunion de consensus. Lorsque les estimations de durée divergeaient de plus de 100 % ou que les scores de complexité ou de risque différaient de plus d'un point, les prestations étaient réexaminées jusqu'à l'obtention d'un consensus.

Les chercheurs ne se sont toutefois pas limités à l'avis de ces experts. Les évaluations provisoires ont ensuite été soumises, au moyen de questionnaires électroniques, à des médecins belges appartenant à la spécialité concernée. Les résultats pouvaient ainsi être adaptés avant l'établissement des échelles de valeurs définitives. Les chercheurs voulaient éviter que la réforme ne repose uniquement sur l'appréciation d'un nombre limité d'experts.

S'ils considèrent cette étude comme une étape importante, les chercheurs estiment que le travail n'est pas encore achevé. La comparaison entre les différentes disciplines nécessite encore des ajustements.

La note cite à cet égard l'exemple de la France, où trois à quatre comparaisons entre spécialités sont organisées en moyenne. Rapporté à la Belgique, cela représenterait environ 125 comparaisons interdisciplinaires. Au cours de ce projet de recherche, 46 comparaisons de ce type ont finalement été réalisées. Les auteurs recommandent donc de poursuivre cet exercice et d'y associer davantage d'experts.

La principale conclusion de l'étude est que la valeur intellectuelle des prestations médicales peut être évaluée de manière systématique et scientifiquement fondée. Pour la première fois, un cadre méthodologique permet ainsi de comparer plus objectivement les prestations, tant au sein d'une même discipline qu'entre disciplines.

Les chercheurs ne désignent ni gagnants ni perdants et ne proposent pas de nouveaux honoraires. En revanche, lorsque ces échelles de valeurs seront combinées au calcul des frais de pratique et aux budgets disponibles, l'INAMI disposera d'un instrument objectif pour calculer et recalibrer les honoraires dans le cadre de la nomenclature réformée. Le débat pourrait ainsi progressivement quitter le terrain des tarifs historiques pour s'appuyer sur des critères mesurables tels que le temps, la complexité et le risque.

> Découvrir le rapport 

Lire aussi: Réforme de la nomenclature: comment l'INAMI veut scinder les honoraires des médecins?

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Derniers commentaires

  • Yves METENS

    29 juin 2026

    Donc logiquement , notre pratique devrait être mieux rémunérée.....
    Mais mon petit doigt me dit que ...

  • Robin GUEBEN

    29 juin 2026

    Et j'espère aussi que 2026 ne va pas devenir le nouveau 1980 avec des codes inchangés-figés pendant 50 ans, qui seront indexés ou non au bon vouloir du ministre s'il n'y a pas d'accord en medico-mut et que désormais le ministre prend le lead des décisions, par voie légale de la loi-cadre.

  • Robin GUEBEN

    29 juin 2026

    C'est sûr qu'une économie planifiée, ça prend énormément de temps et d'énergie. Et le contrôle de cette économie planifiée (en tiers-payant en plus) coûtera énormément d'argent. Et c'est pas la peine de compter sur l'IA car elles sont toutes étrangères, donc l'argent du contrôle des profils va partir aux USA.

    Enfin vous envisagez la médecine par coefficients, je me demande si vous avez fini par lire ma lettre de 2022 pour la commission New Deal ou si c'est à force de vous avoir bassiné les oreilles ; je vous avais dit qu'il faudrait penser aussi à un coefficient de compétence académique acquise (car il faut laisser les actes à toutes les spécialités en marge car on va avoir un problème de ressources humaines en soignants dans les années qui viennent) et un coefficient "fordisme" (un acte qui est souvent fait est mieux fait et donc doit coûter plus cher, ce qui permet d'avoir une concurrence saine qui contrebalance le coefficient de compétence académique acquise et permet du perfectionnement en continu chez les prestataires.

    Après je répète que si vous créez trop de complication administrative sur la médecine à l'acte et que vous créez une aisance de pratique surévaluée financièrement pour la partie de concierge medecine du forfait et des DMG, les médecins vont arrêter de travailler à faire des actes et vont se fonctionnariser inconsciemment. Vous devez aussi drastiquement réévaluer la concierge medecine en parallèle !