Un médecin sanctionné par l’Ordre pour non-respect des droits du patient

Une médecin généraliste a reçu un avertissement disciplinaire pour avoir manqué à ses obligations en matière de droits du patient, indique l’Ordre des médecins. Elle n’a pas répondu correctement à une demande d’accès indirect à un dossier médical dans le cadre d’une succession, invoquant sa méconnaissance de certains articles de la loi sur les droits du patient. Elle a par ailleurs transmis par téléphone des données médicales sensibles à un médecin-expert.

Dans le contexte d’une succession, plusieurs transactions financières suspectes avaient été relevées. Cela avait conduit à la désignation d’un médecin-expert, puis d’un second après que le premier a eu des problèmes de santé. La généraliste a été sollicitée pour donner un accès indirect au dossier.

Une affaire embêtante

La médecin a reçu à plusieurs reprises des courriers recommandés du médecin-expert, auxquels elle a tardé à répondre. Elle expliquait ses hésitations par le fait qu’il s’agissait, selon elle, d’un conflit familial, sans lien avec des « transactions financières suspectes ». « Ce n’était pas une question médicale », affirmait-elle. Elle avait sollicité l’avis de l’Ordre sur la possibilité de transmettre des informations, mais « n’a jamais reçu de réponse », selon elle.

Le bureau de l’Ordre s’est inquiété de son premier courrier, dans lequel elle donnait l’impression de refuser l’accès parce qu’il s’agissait d’une « affaire embêtante », une querelle familiale à laquelle elle ne voulait pas être mêlée. L’Ordre a rappelé qu’un tel refus va à l’encontre du droit d’accès indirect prévu par la loi, dès lors que la demande est dûment motivée et spécifiée.

La médecin a indiqué qu’il s’agissait de la première demande de ce type de toute sa carrière et qu’elle ignorait la procédure légale. Elle ne savait pas qu’elle devait vérifier si le patient s’était opposé de son vivant à la consultation du dossier et si la demande répondait aux conditions de motivation. Elle n’avait pas davantage conscience qu’elle devait confirmer à la personne requérante l’existence ou non d’un droit d’accès indirect. Elle n’a pas demandé conseil à un collègue sur la procédure à suivre et n’a pas pris contact téléphonique avec le demandeur.

Transmission téléphonique interdite

Autre manquement : la médecin a communiqué par téléphone au médecin-expert le résultat du MMSE ainsi que la date du diagnostic de démence du patient décédé. Elle a reconnu savoir que la transmission téléphonique de données médicales était interdite.

Normalement, le médecin-expert désigné doit consulter le dossier sur place. Mais en raison d’un accident grave, le premier expert n’a pas pu le faire, ce qui a retardé la procédure de plusieurs mois.

Si le conseil provincial a pris en compte certaines circonstances atténuantes évoquées par la médecin, il a jugé sa réaction trop attentiste et a rappelé que la transmission téléphonique de données médicales est prohibée.

« Pour lui faire prendre conscience du caractère inadmissible de son comportement et l’inciter à adopter une autre attitude à l’avenir, une sanction disciplinaire s’imposait », précise la décision. En l’occurrence, il s’agit d’un avertissement.

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Derniers commentaires

  • Adrien RAMBOUX

    01 septembre 2025

    Quand je lis cette belle salade , je me dis qu’il est tout à fait inutile de prolonger nos carrières médicales au delà d’un certain terme . Nous devrions nous poser la question tous de l’arrêter prématurément.
    Malgré plus de 10 années d’étude , des affres rencontrées lors de trop nombreuses gardes , de soirées entières dévouées à l’hôpital et nos malades , des responsabilités encourues face à des décisions humaines majeures nous nous rendons compte que malgré l’âge, la maturité et une bonne expérience, nous restons tous à la merci de mesure que l’on pourrait traduire de désolante , vexatoire voire humiliante . Je ne peux que plaindre et être attristé par la sentence de ma collègue citée dans cet article.
    C’est vraiment triste … et ou se trouve la Médecine dans cette affaire ?

    Alors ? Soit je n’ai rien compris et dans ce cas il est temps pour moi d’aller élever un troupeau de chèvre en haute Savoie (ce qui est la plus belle solution) soit continuons encore quelques temps … et dans ce cas je conseillerais à tous de ne plus jamais baisser la garde … AR