Un nouveau modèle de première ligne présenté à Tomorrowland : le kiosque de soins (ZorgKiosk)

Présenté dans le cadre d'une réunion internationale lors de l’événement Tomorrowland à Boom, le kiosque de soins (ZorgKiosk) est un nouveau concept d’organisation des soins de première ligne porté en Flandre par le Dr Jos Vanhoof. Ce point de soins physique, structuré autour du médecin généraliste, entend répondre à la pression croissante exercée sur la médecine générale.

Selon le Dr Vanhoof, généraliste à Lommel, le cabinet de médecine générale classique n’est plus organisé pour répondre à la demande de soins future. « Les médecins généralistes ne travaillent plus en consultation libre, mais sur rendez-vous. La population vieillissante demande des soins plus complexes, les jeunes médecins recherchent davantage d’équilibre, et les médecins plus âgés arrêtent plus tôt », déclare-t-il. Dans le même temps, des tâches fondamentales glissent vers les pharmaciens et les infirmiers, ce qui, selon lui, fait perdre au généraliste la maîtrise de l’organisation des soins. « Nos tâches fondamentales – prévention, soins aigus et chroniques, accompagnement de fin de vie – sont érodées. »

Le kiosque de soins se présente comme une structure multidisciplinaire placée sous la coordination du médecin généraliste. Il rassemble différents professionnels de santé – psychologues, diététiciens, infirmiers – autour de protocoles standardisés pour la prévention, la détection précoce, la gestion des maladies chroniques ou l’hospitalisation à domicile. Le modèle s’inspire d’exemples étrangers comme Gesundes Kinzigtal en Allemagne ou Hoivatilat en Finlande. « Le kiosque de soins est une réponse générique, applicable que vous travailliez seul ou dans une pratique de groupe », précise le Dr Vanhoof.

Ces systèmes auraient permis, selon le médecin, une économie moyenne de 164 euros par habitant et par an. Appliqué à la Belgique, cela représenterait 1,8 milliard d’euros. « Ce n’est pas une utopie. Cela fonctionne déjà ailleurs », assure le Dr Vanhoof, qui propose d’implanter au moins un kiosque par zone de première ligne, soutenu par dix généralistes au minimum.

Le projet s’accompagne de la création de la Fédération des Médecins Coopérants (Federale Artsen Coöperatieve – FEDAC), lancée en mai par Jos Vanhoof, Stijn Geysenbergh, Michel Creemers et Elodie Brunel. La coopérative ambitionne de regrouper 500 médecins d’ici deux ans autour des valeurs d’autonomie professionnelle, de qualité des soins et d’entrepreneuriat éthique. Elle souhaite proposer des outils concrets aux médecins pour organiser une offre durable, qualitative et indépendante.

Présent à la Love Tomorrow Summit, le Dr Vanhoof se réjouit de l’écho reçu auprès d’acteurs internationaux. Des représentants d’Amazon Web Services, du data hub Inrupt et l’entrepreneur britannique Steven Bartlett ont manifesté leur intérêt pour ce modèle de soins. Une nouvelle participation est déjà envisagée pour l’an prochain.

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