La Flandre prévoit une économie de 25,3 millions d’euros sur Impulseo, le dispositif qui soutient le démarrage et le développement des cabinets de médecine générale. Domus Medica affirme que le soutien pourrait disparaître et redoute des conséquences directes sur l’emploi dans les pratiques, la charge administrative des généralistes et la facture des patients.
L’économie sur Impulseo figure dans un ensemble de 93 millions d’euros de réductions de subsides dans le secteur du Bien-être, selon un tableau communiqué jeudi soir par la ministre flamande compétente, Caroline Gennez. La ministre indique avoir recherché notamment les doubles emplois et les subsides dont l’impact est jugé insuffisant.
Impulseo représente à lui seul 25,3 millions d’euros d’économies. Le dispositif intervient dans le soutien au démarrage ou au développement des cabinets de médecine générale. Selon les informations communiquées par Caroline Gennez, les jeunes généralistes notamment devraient ressentir les effets de la mesure.
Domus Medica réagit vivement. L’association de généralistes évoque au total près de 30 millions d’euros d’économies menaçant la première ligne. Outre Impulseo, elle fait état d’une économie supplémentaire de 3,8 millions d’euros, sans savoir encore quelles organisations et missions seront concernées.
Pour Domus Medica, la disparition du soutien Impulseo fragiliserait directement le fonctionnement des cabinets. L’association craint que certains généralistes soient amenés à se déconventionner. « Au final, c’est le patient qui paiera la facture », avertit sa présidente, Maaike Van Overloop.
L’emploi du personnel des cabinets est également en jeu, selon l’association. « Les cabinets de médecine générale risquent de devoir licencier des collaborateurs, mais leurs tâches ne disparaîtront pas. Elles reviendront aux généralistes, avec davantage d’administration et moins de temps pour les patients. Les cabinets ont aujourd’hui précisément besoin de davantage de soutien, pas de moins », souligne Maaike Van Overloop.
Domus Medica met cette décision en regard des ambitions affichées par le gouvernement flamand en matière de médecine générale, notamment dans les régions confrontées à une pénurie et pour le développement des pratiques multidisciplinaires.
« Comment le gouvernement flamand concilie-t-il ces économies avec ses propres promesses en matière d’accessibilité de la médecine générale, de soutien aux régions en pénurie de généralistes et de pratiques multidisciplinaires ? Et surtout, comment compte-t-il lutter contre la pénurie de généralistes tout en supprimant les moyens destinés précisément à les soutenir ? », demande Maaike Van Overloop.
Les économies annoncées par Caroline Gennez touchent également d’autres secteurs des soins : 14 millions d’euros sur le financement des équipements hospitaliers, 3,3 millions sur les hôpitaux de revalidation et 8 millions sur les soins complémentaires à domicile.
Domus Medica demande au gouvernement flamand des explications et une concertation avec les représentants des généralistes. « Cette économie doit être annulée », conclut Maaike Van Overloop.









Derniers commentaires
Charles KARIGER
07 octobre 2026Et hop, voici la confirmation: M. le ministre vient de le déclarer, clair et franc :"Frank Vandenbroucke a donc appelé les médecins généralistes à CONSIDÉRER LEUR PRATIQUE COMME UNE ENTREPRISE"!
C'était au Congrès national de médecine générale organisé par la SSMG et Domus Medica à Wavre.
Cf Artsenkrant/Le JdM 06.10.2026 !
Emballé, c'est pesé ! (Ou "Manê, thécel, pharès", Ton royaume est compté, pesé et divisé.)
Charles KARIGER
06 octobre 2026Non, jeune et cher Confrère, hélas non. Pas du tout cynique, simplement observateur lucide.
La situation résulte de nombreux facteurs. Parmi eux, deux principaux.
Dès 1964, les mutualo-politiques enragés par les succès des Chambres syndicales qui avaient torpillé leurs projets (loi du 09.08.1963) ont décidé de mater le corps médical par l’étranglement économique et sa « prolétarisation » (sic !).
En 1966, le « Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels » (ONU, NY, Résolution 2200 A-XXI du 16 décembre 1966) formalisa l’engagement des États à garantir le droit au meilleur état de santé possible.
Dès lors, la relation UNIQUE du Patient avec son médecin était destinée à disparaître, remplacée par l’OBLIGATION pour les états et leurs gouvernements de fournir à leurs populations un « service-santé ».
Au même titre que d’autres services, l’ordre public, la fourniture d’eau potable, la justice, la diplomatie, la défense, l’électricité, des infrastructures, etc.
Rappelez-vous : vous avez un numéro d’ENTREPRISE et certains soins relèvent du régime de la TVA. Finie la "profession libérale"!
Les soins sont ainsi devenus des marchandises et vous n’êtes que de faux indépendants tenus d’obéir aux décisions des pouvoirs et aux ordres de LEURS clients.
L’étranglement économique soigneusement et insidieusement instauré comprend un piège : les primes !
Les syndicalistes ouvriers savent très bien qu’aucune prime ne vaut l'augmentation d’un salaire.
De plus, ce ne sont en fait que de maigres « susucres » qui permettent un petit confort à condition de les mendier chaque année et ensuite d’être bien dociles de peur de les perdre. Le nœud est si serré que les pouvoirs peuvent se permettre de retarder leur «distribution» de plusieurs semestres.
Ou même, sans vergogne, d’en supprimer certaines en trahissant leur signature.
Taisez-vous, manants.
Quelle chance d’être vieux…
Robin GUEBEN
01 octobre 2026Les jeunes généralistes flamands continueront à s'installer conventionné même sans impulseo car ils sont trop soumis. La Flandre openfield-spiderweb pousse structurellement au conventionnement (si vous n'êtes pas conventionné, le voisin l'est). La génération Z est très ignorante et n'a pas les bases pour rebondir en pratique libérale, ils sont forcés intellectuellement à rester conventionnés. Et enfin qu'ils ont fait confiance à l'État et à l'INAMI, ils sont piégés économiquement à rester conventionnés parce que par exemple s'ils sont multidisciplinaires, ils n'ont pas les provisions pour licencier tout-le-monde et relancer un business solo.
Preuve : il y avait un couple de généralistes flamands en Flandre orientale qui avait fait un article pour dire qu'ils râlaient de ne pas avoir reçu l'impulseo I et qui s'était quand même installé avec conventionnement.
Que les maisons médicales au forfait de Bruxelles ne se réjouissent pas trop de garder leur impulseo car le destin sera encore moins enviable... Quant aux wallons, non seulement ils vont perdre l'impulseo mais ils vont être forcés à l'installation comme les généralistes en Allemagne ou simplement comme les pharmaciens.
Désolé d'être cynique mais c'est pas comme si je n'avais pas prévenu...