Wallonie : 3 millions à trouver, notamment chez les généralistes

Les budgets des entités fédérées sont en difficulté. Au cabinet du ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters, des réunions de travail se tiennent avec l’ensemble des acteurs des soins de santé afin d’articuler au mieux tous les soins en repartant de la première ligne. En toile de fond, la volonté est claire : utiliser au mieux chaque euro. Les primes Impulseo pourraient être revues.

Derrière cette optimisation, un chiffre est sur la table : un objectif d’économie de 3 millions d’euros à l’horizon 2027. Cette demande émane du gouvernement… Les acteurs du secteur (via des groupes de travail incluant l’AViQ) sont invités à proposer eux-mêmes des pistes « raisonnables ». Pour rappel, afin d’actualiser le dispositif de soutien à la pratique de la médecine générale pour qu’il soit davantage en phase avec la réalité opérationnelle des médecins généralistes, un groupe de travail « médecine générale », composé des syndicats de médecins et de la Fédération des associations de généralistes de la Région wallonne, a été constitué et s’est réuni à plusieurs reprises afin de poursuivre les travaux déjà entamés sous la précédente législature. « Ce groupe de travail réfléchit à d’autres aspects liés à la médecine générale, comme l’actualisation des missions des cercles de médecine générale, qui permettront, via un décret en préparation, d’ancrer la notion de médecine générale dans le Code wallon de l’action sociale et de la santé », avait précisé le ministre au Parlement récemment.

Qui va payer ?

Mais où trouver l’argent ? Les 3 millions ? Une partie de cette somme devra être mise sur la table par les médecins généralistes. Ils en sont conscients et leurs représentants y travaillent. De son côté, le ministre n’a jamais caché qu’il tenait, a priori, au dispositif Impulseo, mais que celui-ci pourrait être revu. L’intention politique n’est pas de supprimer le dispositif, mais de le réformer structurellement pour qu’il s’adapte aux nouvelles réalités de l’organisation de la première ligne.
« À ce stade, contrairement à une coupe budgétaire “linéaire” ou décidée unilatéralement par les autorités publiques, le processus privilégie la concertation », nous souligne une source.

Réunion le 13 février

L’enjeu pour la médecine générale est de sauvegarder l’essentiel du soutien à la pratique (via Impulseo) tout en acceptant de participer à l’effort d’économie régional. Les différentes pistes d’économies précises seront déposées sur la table lors d’une réunion prévue le 13 février prochain. L’AViQ est chargée d’élaborer ce que l’on appelle une fiche de proposition d’économie à réaliser sur le dispositif. « Les généralistes ne devront pas faire les 3 millions d’euros d’économies seuls ; ils n’en feront peut-être que 300 000 euros ou 1 million. Les discussions se poursuivent », nous dit une autre source.

Un enjeu important

Récemment au Parlement, le ministre a rappelé que « le nombre de primes Impulseo I accordées a considérablement augmenté depuis la reprise du dispositif par l’AViQ. Il en est de même en ce qui concerne le nombre de subsides octroyés dans le cadre des dispositifs Impulseo II et III, qui attribuent une intervention soit dans les coûts salariaux, soit dans les frais de recours à des services de télésecrétariat. Le budget total des primes et subsides relatif à l’année 2026 est ainsi estimé à plus de 14 millions d’euros. Toutefois, cette augmentation des moyens doit s’accompagner d’une réflexion sur l’efficience du dispositif : le budget 2026 constituera une transition vers plus de maîtrise des dépenses, en la matière, dans le cadre des discussions avec la médecine générale. »

À noter qu’un subside est également prévu pour des structures d’appui en médecine générale, qui proposent un accompagnement aux jeunes médecins pendant les 18 mois suivant leur installation. « Le dispositif Impulseo n’est, cependant, pas le seul outil existant pour favoriser l’installation de nouveaux médecins en zones de pénurie. Une autre approche vise à octroyer un agrément aux équipes multidisciplinaires organisées selon les critères correspondants aux associations de santé intégrée (ASI). Le soutien aux “maisons médicales” est prévu dans la DPR et se traduit par plusieurs dispositifs de soutien à certaines activités des associations de santé (ASI) », a enfin précisé le ministre au Parlement voici quelque temps.

Une réflexion globale est donc en cours…

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Derniers commentaires

  • Charles KARIGER

    03 février 2026


    Pendant quarante ans, TOUTE la Be, fédérale, régionale, provinciale, communale, syndicale, privée et publique, individuelle et collective, entreprises et indépendants ont vécu en dépensant jour après jour un po-gnon inexistant. Dans le domaine des soins aussi.
    À présent que les (multiples sortes de) dettes ainsi accumulées et comme « cachées sous le tapis » sont si grandes que plus aucun prêteur ― même pas une banque publique à 100% comme Belfius ― n’ose y ajouter le moindre kopeck, NOUS VOICI DANS LE MUR. (Pour deux générations au moins si les USA et la Chine ne nous raclent pas trop la chair des os.)
    Raisonnablement, lucidement, il faudrait examiner la nomenclature des soins, prothèses, médicaments, etc et en supprimer ce que l’on ne peut plus faire payer par la collectivité. Il arrive un moment où la sagesse commande d’amputer.
    (L’État du Malawi, PIB par habitant d’environ 1˙200 dollars par AN, offre-t-il des transplantations d’organe ?)
    Au lieu de cela, nous nous embarquons dans un simulacre sur un principe fallacieux. Selon nos « négogociateurs », il serait possible de faire semblant qu’un soin ou un produit ne soit rémunéré ou payé que moins que ce qu’il coûte.
    Chantilly sur la tarte, tout cela en prétendant la bouche en cœur que cela va améliorer les soins !
    Décidément, l’enseignement de Trumpfy sur les comptabilités alternatives est bien suivi.

  • Robin GUEBEN

    02 février 2026

    Vraiment j'enrage : on va diminuer des enveloppes consacrées aux jeunes et donc à l'avenir de la profession au profit d'un capitalisme de connivence public pour les vieux généralistes et de leurs pensions, via les DMG ou les forfaits médicaux donnés aux maisons médicales. C'est surréaliste d'illogisme. Que ferez-vous quand tous les vieux médecins généralistes seront retraités ou morts et que tous les jeunes médecins seront partis en Suisse ? Une exit-tax ? Une FATCA à l'américaine ? En tout cas, il n'y aura plus de première ligne médicale et il est illusoire de penser qu'on va forcer des étudiants destinés à une spécialité vers la médecine générale s'ils n'en ont pas l'envie (vos fameux 50% de MG). La stupidité politicienne pour l'économie dans le secteur intermédiaire me désespère.

  • Robin GUEBEN

    02 février 2026

    Que monsieur le ministre de la santé régionale et communautaire demande à monsieur le ministre de la santé fédérale de supprimer les DMG des généralistes (qui sont de la pure corruption) et il gagnera 550 millions d'euros par an et ça lui évitera de gratouiller 3 millions sur les honnêtes généralistes libéraux sur leurs actes et leurs soins.
    Signé : un ex-généraliste belge.