Le ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters, a indiqué au Parlement wallon, en réponse à une question de la députée Caroline Desalle (Les Engagés), que la part des médecins généralistes dans les sous-quotas médicaux pour la Région wallonne atteignait progressivement 50 %.
La Commission francophone des sous-quotas, qui travaille en étroite collaboration avec les doyens des facultés de médecine, joue un rôle central dans la répartition des augmentations de quotas entre les spécialités et remet chaque année au Gouvernement fédéral un avis sur le nombre maximum de médecins pouvant obtenir un numéro INAMI.
Pour la période 2029-2033, la Commission de planification a fixé le quota global à 2.073 médecins, dont 929 francophones et 1.144 néerlandophones. Le ministre a rappelé que l’évolution démographique des généralistes s’appuie sur les données du cadastre réalisé annuellement par l’AViQ, sur base des informations transmises par les cercles de médecine générale. Entre 2016 et 2024, le nombre de médecins aurait augmenté d’environ 350 unités, tandis que le nombre d’équivalents temps plein (ETP) resterait relativement stable, tout comme le nombre de zones en pénurie.
Les nouvelles installations ne permettent toutefois pas encore de combler à la fois le déficit dans les communes en manque de médecins et les besoins de remplacement liés aux départs à la retraite ou aux cessations d’activité, a-t-il souligné.
Un rajeunissement des médecins généralistes est par ailleurs constaté. L’âge moyen serait passé de 52,9 ans en 2016 à 47,4 ans en 2024. Dans les cinq à dix prochaines années, 633 médecins de plus de 65 ans devront néanmoins être remplacés. Sur base de ce critère d’âge, environ 15 % des communes wallonnes seraient considérées comme à risque de pénurie.
Yves Coppieters a également insisté sur l’évolution des pratiques professionnelles, les jeunes médecins recherchant davantage un équilibre entre vie privée et vie professionnelle, ce qui se traduit par une diminution du temps de travail. Selon le ministre, « il faudrait 573 nouveaux médecins » pour remplacer les départs naturels des cinq prochaines années, alors que 303 praticiens avaient déjà plus de 70 ans en 2024-2025 et devront être remplacés à très court terme. Les universités ne diplôment en moyenne que 330 généralistes par an.
Afin de mieux répartir ces ressources, le ministre a rappelé l’importance des incitants régionaux, notamment le dispositif Impulseo, destiné à favoriser l’installation de médecins généralistes dans les zones en pénurie.
Enfin, Yves Coppieters a estimé que sa double fonction entre la Communauté française et la Région wallonne lui permettait d’influencer les sous-quotas. « On arrive petit à petit à 50 % de médecins généralistes dans les sous-quotas de l’ensemble des médecins pour la Région wallonne », a-t-il conclu.









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Robin GUEBEN
08 février 2026Vu que depuis 2010 les universités sont incapables de former de bons cliniciens (je n'insulte personne puisque je m'auto-évalue moi-même), je dirais plutôt qu'il faudrait 50% d'urgentistes, d'internistes généraux et de gériatres car les pathologies avancées ne savent pas être gérées dans l'ambulatoire et beaucoup de pathologies de médecine générale à la limite se retrouvent aux urgences, en médecine interne générale et en gériatrie.
Un moyen rapide de réduire la mise sous pression autant de l'ambulatoire que de l'hospitalier serait d'englober les gardes 1733 au sein même de l'hôpital partout en Belgique et d'instaurer un rôle de garde en journée pour les généralistes en milieu hospitalier aux urgences, en médecine interne générale ou gériatrie (ce qui permettraient aux généralistes de mieux les former à la médecine clinique et aux spécialistes en sous-nombre d'être plus soutenus).
Tant que la médecine générale n'entendra pas raison, la situation deviendra de plus en plus critique sur tous les tableaux.
L'union fait la force.