Une nouvelle étude menée par des chercheurs du GIGA de l'Université de Liège a mis en lumière le rôle inattendu d'une protéine, la Stard7, dans le développement des cancers intestinaux. Celui du côlon compte parmi les cancers les plus répandus dans le monde. Il est le troisième cancer le plus diagnostiqué et constitue la deuxième cause de décès liée à cette maladie.
Le GIGA de l'ULiège a porté son attention sur Strad7, une protéine dont le rôle connu jusqu'à présent était de transporter des graisses vers les mitochondries. Longtemps considérée comme un simple transporteur lipidique, la protéine Stard7 apparaît aujourd'hui comme un acteur clé du métabolisme mitochondrial et de l'initiation tumorale dans l'intestin.
Pour avancer, les chercheurs du Laboratoire de Chimie médicale du GIGA de l'ULiège ont eu besoin de modèles murins expérimentaux qui reproduisent fidèlement ce qui se passe chez l'être humain. Ils se sont basés sur des souris qui développent rapidement de nombreuses tumeurs dans le côlon distal, la partie du côlon la plus souvent touchée chez l'humain, ce qui en fait des répliques particulièrement fidèles de la maladie telle qu'elle se présente chez les patients.
Mais la découverte la plus surprenante de l'étude est ailleurs. "Nous avons observé que les effets de Stard7 sur le cancer ne sont pas les mêmes selon les circonstances, reprend le chercheur. Dans un premier modèle, le cancer est provoqué par une inflammation chronique de l'intestin, où l'absence de Stard7 réduit la formation de tumeurs. Dans ce cas, la protéine jouerait plutôt le rôle d'un accélérateur de la maladie, et son absence protège l'intestin. Mais dans un second modèle, où le cancer du côlon est déclenché par une défaillance d'un gène appelé APC, c'est l'inverse qui se produit, l'absence de Stard7 accélère l'apparition des tumeurs."








