Un pédiatre sur tous les fronts contre l’antibiorésistance

Créer un laboratoire de microbiologie performant à Mbujimayi, en République démocratique du Congo : tel est le projet Njilabo – « Laboratoire en chemin » du Pr Dimitri Van der Linden. Une démarche essentielle pour diagnostiquer les infections graves et lutter contre l’antibiorésistance, particulièrement élevée dans les régions à faibles ressources.

Dimitri Van der Linden, pédiatre infectiologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc, est à l’origine de cette initiative. Mais au-delà de la dimension scientifique, c’est une aventure profondément humaine qu’il porte avec détermination. Pour lever des fonds, il s’est lancé deux défis aussi ambitieux qu’inspirants.
Le premier défi relève d’un rêve personnel : interpréter un concerto pour piano accompagné d’un orchestre. Ce concert s’est concrétisé le dimanche 15 mars, à l’église de La Hulpe, devant près de 500 personnes. Un véritable succès. Derrière cette performance, six mois de travail acharné, plusieurs heures de répétition quotidienne et une motivation nourrie par une cause qui dépasse largement l’exploit individuel.
Le second défi prend la forme d’un périple hors norme : en trois mois, parcourir près de 4 000 kilomètres sur un vélo fabriqué en bois, qui incarne un engagement écologique et une volonté de mobilité douce, propice aux échanges.
De Thessalonique à Stockholm, il traversera la Macédoine du Nord, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, la Slovaquie, la Pologne et les pays baltes. En moyenne 90 kilomètres par jour, selon le dénivelé et les conditions météorologiques.

À la rencontre des généralistes

Ce trajet a une forte portée symbolique : il illustre le gradient d’antibiorésistance en Europe. Si les bactéries restent globalement sensibles aux antibiotiques dans le nord du continent, leur résistance augmente progressivement vers le sud. Une réalité liée aux politiques de santé et aux pratiques d’usage des antibiotiques.

Tout au long de son parcours, le pédiatre infectiologue ira à la rencontre de médecins généralistes, vétérinaires et agriculteurs pour donner des conférences interactives sur l’antibiorésistance, en créant des ponts entre les différents acteurs impliqués, tout en sensibilisant aux réalités des pays à moindres ressources où les moyens diagnostiques manquent cruellement. Trois rendez-vous sont d’ores et déjà fixés : à Thessalonique, la veille du départ, à Bucarest et à Suceava. D’autres dates sont en cours de programmation.

Cette approche s’inscrit dans le concept « One Health », qui souligne l’interdépendance entre santé humaine, animale et environnementale. Face à la complexité de l’antibiorésistance, une action coordonnée est indispensable : comprendre l’origine des bactéries résistantes, identifier leurs modes de transmission et agir à plusieurs niveaux pour les combattre.
L’enjeu est majeur. Selon un rapport de l’OMS publié en octobre 2025, la résistance aux antibiotiques a augmenté dans plus de 40 % des cas entre 2018 et 2023, avec une progression annuelle pouvant atteindre 15 %. Un constat alarmant, qui pourrait compromettre, à terme, la prise en charge des infections sévères.

Face à ce défi mondial, l’initiative de Dimitri Van der Linden rappelle combien l’engagement individuel, en alliant science, solidarité et dépassement de soi, peut réellement faire la différence.

Si vous souhaitez soutenir le projet Njilabo et parrainer le Pr Van der Linden, rendez-vous sur la page de son ASBL Mundia : https://munda-asbl.be/njilabo

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Derniers commentaires

  • Sybille Andries

    09 avril 2026

    Soutenez ce magnifique projet !! Go go go Dimitri!