Une étude belge explore le PRP contre la perte d’odorat post-traumatique

Le Pr Jérôme Lechien, ORL au Centre Hospitalier EpiCURA et professeur à l’Université de Mons (UMons), a publié une étude pionnière sur l’utilisation du plasma riche en plaquettes (PRP) pour traiter les pertes d’odorat chroniques consécutives à un traumatisme crânien. Les résultats seront présentés en octobre au congrès annuel de l’American Academy of Otolaryngology à Indianapolis.

Selon les données cliniques, entre 10 et 20 % des patients ayant subi un traumatisme crânien développent des troubles persistants de l’odorat, en particulier en cas de fracture du crâne ou de commotion cérébrale. Jusqu’ici, les options thérapeutiques restaient limitées, et les effets pouvaient durer plusieurs années, voire devenir définitifs.

Une première mondiale

L’étude du Pr Lechien est la première au monde à démontrer l’efficacité du PRP chez des patients souffrant de perte d’odorat post-traumatique. Si ce traitement avait déjà montré des résultats positifs dans les pertes olfactives d’origine virale, notamment après une infection par le SARS-CoV-2, son application dans les séquelles liées à un choc crânien restait inexplorée.

L’équipe du Pr Lechien a suivi 33 patients, évalués à la fois par des tests objectifs (olfactométrie) et des questionnaires subjectifs. Après injection de PRP, deux tiers des participants (66,7 %) ont présenté une amélioration significative. Dans certains cas, cette amélioration a été constatée plus de cinq ans après le traumatisme initial.

Vers une diffusion européenne

Ces résultats ont déjà suscité l’intérêt à l’international : des ORL en Italie et à Londres ont commencé à appliquer la même technique, après avoir été formés par le Pr Lechien. Le traitement sera au centre d’une communication lors du prochain congrès de l’American Academy of Otolaryngology – Head & Neck Surgery (AAO-HNSF), prévu du 11 au 14 octobre 2025 à Indianapolis (États-Unis).

Un trouble souvent sous-estimé

La perte d’odorat est un handicap invisible mais lourd de conséquences. Elle affecte l’alimentation, la détection des dangers (fumée, gaz), et les émotions liées aux odeurs. « Il ne s’agit pas d’un simple désagrément : c’est une altération profonde de la qualité de vie », insiste le Pr Lechien. Cette étude ouvre ainsi la voie à une nouvelle approche thérapeutique pour des milliers de patients encore sans solution, même plusieurs années après leur accident.

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