Malades de longue durée : les arrêts d’indemnisation en forte hausse dans les mutualités

Le nombre de malades de longue durée qui perdent leur indemnité après un contact avec le médecin-conseil de leur mutualité a fortement augmenté ces dernières années. Chez Solidaris, les arrêts d’indemnisation ont progressé de 42 % en deux ans et ont plus que doublé à la Mutualité chrétienne (MC). La multiplication des contacts obligatoires et le renforcement des équipes chargées du suivi expliquent en grande partie cette hausse.

C’est ce qui ressort des chiffres obtenus par De Morgen auprès de Solidaris, de la MC et des Mutualités Libres. Chez Solidaris, le nombre d’arrêts d’indemnisation est passé de 9.305 en 2023 à 13.179 en 2025. La tendance s’est encore poursuivie au premier semestre 2026.

Aux Mutualités Libres, leur nombre est passé de 2.525 au cours des six premiers mois de 2024 à 3.997 durant la même période en 2026, soit une hausse de 58,3 %. À la MC, il a plus que doublé entre le premier semestre 2023 et le premier semestre 2026. Près de 5.000 indemnités ont ainsi été interrompues au cours des six premiers mois de cette année.

Les mutualités soulignent que leurs médecins n’ont pas durci leurs évaluations. Depuis juillet 2024, les contacts obligatoires sont en revanche plus nombreux. Une personne en incapacité de travail doit rencontrer le médecin-conseil après quatre, sept et onze mois. « Grâce à ces contacts supplémentaires, nous discutons plus souvent d’une éventuelle reprise du travail », explique Paul Callewaert, dirigeant de Solidaris. « C’est positif. »

Les équipes chargées du suivi des malades de longue durée ont également été renforcées. Il y a un peu plus de dix ans, Solidaris comptait environ 40 collaborateurs en Flandre dans ce domaine, contre 120 aujourd’hui. Outre les médecins, ces équipes réunissent des infirmiers, des kinésithérapeutes, des psychologues et des coordinateurs retour au travail. Les Mutualités Libres ont encore engagé quatre médecins cet été.

La majorité des arrêts d’indemnisation concernent des personnes en incapacité de travail depuis moins d’un an. Plus l’absence se prolonge, plus le retour au travail devient généralement difficile. Les personnes gravement malades ainsi que les patients atteints de maladies dégénératives telles que la sclérose en plaques (SEP) ou la sclérose latérale amyotrophique (SLA) sont toutefois épargnés.

Les chiffres sous-estiment par ailleurs le nombre de personnes qui reprennent le travail après un contrôle. Un médecin-conseil peut décider qu’une personne sera de nouveau apte au travail à partir d’une certaine date, ce qui entraîne alors la fin de son indemnisation. Si elle reprend le travail de sa propre initiative avant cette échéance, elle n’apparaît pas dans les statistiques des arrêts d’indemnisation.

De nombreux dossiers plus anciens doivent encore être réévalués. Plus de 200.000 malades de longue durée sont actuellement reconnus en incapacité de travail jusqu’à leur pension. Ils peuvent eux aussi s’attendre à un nouveau contrôle, même si le réexamen de l’ensemble de ces dossiers pourrait prendre plusieurs années.

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