© AlexTaminiaux
Après 44 années de travail au sein des institutions hospitalières dont plus de 30 ans aux urgences, je suis content de quitter l’hôpital. Une petite phrase suffit, à elle seule, à résumer la situation : le patient est devenu un client. Il est désormais une source de revenus pour cette entreprise dénommée hôpital qui est aux mains des financiers. Un bon docteur est un docteur qui rapporte ; l’excellence est dans les chiffres, pas forcément dans la qualité.
Nos autorités sont en train de démanteler le réseau des « petites » institutions hospitalières de proximité au profit de mégastructures totalement déshumanisées où les maîtres-mots sont efficience et rentabilité.
L’acquisition de nouveaux savoirs a transformé le corps médical. Nombreux sont nos confrères qui sont devenus des médecins voués à un organe et par conséquent dépourvus de vision holistique.
L’avènement de l’informatique nous a éloignés de notre patient, l’écran de notre ordinateur se substituant à celui-ci. Qu’en sera-t-il de l’IA ?
Que proposer face à toutes ces dérives ? Cette profession est formidable car elle consiste à s’occuper de nos semblables. Cultivons l’empathie et faisons en sorte que le patient demeure au centre de nos préoccupations et garde la primauté sur toute autre considération.









Derniers commentaires
Luc MICHEL
02 avril 2026"Pathologies rentables versus pathologies non rentables", c'est le fin mot des "brillants" CEO qui défilent dans les hôpitaux, souvent aussi arrogants qu'incompétents.
C'est-à-dire la combinaison la plus délétère pour les hôpitaux et les soins aux patients.
Jean Bury
01 avril 2026Dr jean Bury- Hematologue -Medecine interne -retraite
C'est exact que l' on parle trop d' argent dans les soins de sante et dans les hopitaux;
mais les premiers a en parler et en profiter sont les médecins qui ne veulent jamais balayer devant leur porte et qui sont les premiers a faire en sorte que toute réforme en profondeur ne voit le jour et echoue.
Michel Mahaux
31 mars 2026Trop facile de la part de quelques médecins désabusés de se lamenter sur les (selon eux) dérives de l’institution hospitalière en lui attribuant tous les maux. Peut -être seraient-ils bien avisés de se remettre aussi en question.
Le monde change, la médecine évolue, l’institution hospitalière également. Je ne peux qu’admirer tous ceux qui collaborent chaque jour pour continuer à offrir des soins de santé de qualité accessibles au plus grand nombre. Ils sont nombreux à le faire en y mettant le meilleur d’eux-mêmes !
Que ceux qui quittent l’hôpital frustrés pour n’avoir pas pu évoluer avec lui cessent de décourager ceux qui continuent à s’y investir.
L’avenir n’est pas fait de « c’était mieux avant »
Michel Mahaux
Claude Van der donckt
31 mars 2026J’ai suivi le même parcours ;mais il y a plus de vingt ans.Déjà apparessaient les dérives inquiétantes décrites dans cet article.
Merci.
Romain STRAUS
31 mars 2026Les politiques et financiers de nos soins sante revent tous de remplacer l'humain par une IA quelconque serviable, manipulable et rentable corveable a merci et surtout a leur service pour un maximum de rentabilite et de pouvoir. Alea jecta est.
Catherine HENNAUX
31 mars 2026Merci Pol pour cette observation dont je partage l'analyse. Je te souhaite une retraite pleine de nouvelles aventures. Je reste encore sur le terrain quelques années mais à bonne distance des hôpitaux, ce qui est nécessaire pour cultiver nos valeurs professionnelles renforcées au fil des réformes et optimisations successives des soins hospitaliers.
Bien à Toi, Catherine H.
Hervé Godiscal
30 mars 2026ce que vous contez cher confrère fut aussi toute ma vie et je la regrette pas.
Nos plus jeunes seront confrontés à des difficultés probablement plus graves .
Encourageons les à rester humains et bienveillants pour soulager les souffrants.
ëtre médecin c'est d'abord une vocation .
Peter Heinen
30 mars 2026Sehr geehrter Dr. Vincent
Lieber Kollege
Vielen Dank für Deine Worte und Einschätzung die ich zu 100% teile und unterstütze!
Wir müssen sehr aufpassen das wir uns nicht zu Unterstützern und am Ende Knechten dieser zunehmenden Marginalisierung der Interessen und Bedürfnisse unserer Patienten machen lassen, das liegt auch in unserer Verantwortung dagegen zu halten.
Das belgische Gesundheitssystem bietet dafür im Moment noch viel mehr Möglichkeiten als zum Beispiel das deutsche System in dem der Mensch und seinnHandeln weder auf Patienten noch auf Arztseite seit langem nicht mehr die Hauptrolle spielt!
Die effizienteste und somit auch preiswerteste Medizin ist die gute Medizin, dafür sind wir ausgebildet und danach sollten wir auch in unserem eigenen Interesse immer wieder streben.
Vielen Dank und alle guten Wünsche für Deine Zukunft
Peter Heinen
Neurologe
Jean-Charles DEBUCQUOIS
30 mars 2026Curieux que mon collègue, que j'ai fort bien connu, crache soudain dans la soupe nauséabonde qu'il a contribué à concocter en se compromettant avec l'administration durant ses nombreux mandats au conseil médical, présidé trop longtemps par un lèche cul en conflit d'intérêt permanent. Plutôt que de soutenir la direction et l'administration, il aurait mieux valu rejoindre les conseillers intègres conscients de leur mandat et de son importance. Trop facile a présent de se lamenter sur les conséquences catastrophiques de son propre manque de courage et de lucidité...
Jean GERAIN
30 mars 2026Cher confrère,
Je suis triste que vous soyez content de quitter l'hôpital.
Mais je vous comprends parfaitement, ressentant le même malaise que le vôtre devant la dérive de la pratique médicale.
Il est urgent de "ré-humaniser" notre profession. Je ne veux pas être soigné par l'IA. Plutôt l'euthanasie.
Je vous souhaite une agréable retraite pleine de souvenirs, agréables ou parfois difficiles, d'un métier que vous avez accompli avec passion.
Ce sentiment, aucun politicien détraqué ne pourra vous l'ôter.
La médecine doit rester un art, pas un commerce.
Bon vent...
Confraternellement,
Dr Jean Gérain
Diane DE LONGUEVILLE
30 mars 2026Bien trop vrai et c'est très dommage. je quitte également les institutions pour essayer de mon côté de faire revenir un peu d'humanité dans mes soins. Les fameux critères de qualité pour obtenir des financements sont également les pierres tombales des soins hospitaliers. Quand il faut 10000 procédures écrites, on perd le sens du patient.
Thierry Marchal
30 mars 2026Magnifique Pol, je partage ton constat, y compris en médecine générale où l'on pourrait à l'avenir soigner le dossier plus que le patient.
Souhaitons replacer celui-ci au centre !
Bien à toi.
Thierry