Ces derniers temps, je lis de plus en plus d’articles sur les revenus des médecins. L’un des principaux arguments avancés pour les limiter est l’idée que nous, médecins, serions rémunérés avec de l’argent public. Ce récit est sciemment promu par le gouvernement de gauche et volontiers relayé par les médias.
Mais ce raisonnement ne tient pas. Les médecins sont des professionnels libéraux. Pour nous, la relation avec notre client — en l’occurrence, le patient — est primordiale. L’accord financier sur les soins prodigués en fait partie intégrante. Comme pour tout prestataire de services, le prix est en principe fixé librement. Le patient y consent ou choisit un autre médecin. Cette liberté et ce consentement mutuel sont à la base de la relation de soins.
Certes, dans le secteur des soins de santé, la réalité est un peu plus complexe. Les soins ne sont ni un produit de luxe ni un service accessoire, comme un nouveau téléphone ou un entretien automobile. Il s’agit d’un besoin fondamental, essentiel. C’est pourquoi, en Belgique, tout le monde est tenu de souscrire une assurance soins de santé.
Cette assurance peut être publique ou privée. La plupart des Belges sont affiliés à une mutualité publique, qui fonctionne comme une assurance maladie obligatoire. Mais dans un cas comme dans l’autre, le principe est le même : l’assurance intervient après que les soins ont été prodigués, selon le type de prestation (consultation, intervention, examen), et dans les limites du panier de soins couvert. Si quelqu’un n’est pas assuré, il n’y a évidemment pas d’intervention de l'assurance soins de santé.
Parce que notre pays mise sur un accès large et égal aux soins, les prestataires de soins et les assureurs négocient chaque année une convention. Elle fixe les honoraires et les accords qui s’appliquent collectivement entre médecin et patient. Il s’agit donc d’un accord institutionnalisé sur le prix des soins, visant à garantir la transparence et l’accessibilité financière.
Cela peut sembler élémentaire, mais cela engendre aussi une confusion. Pour de nombreuses prestations médicales, l’assureur paie directement le prestataire, via le système du tiers payant. D’où l’impression que la relation financière entre le médecin et le patient est reprise par l’assureur. Mais ce n’est pas le cas.
L’assureur n’est qu’un intermédiaire, agissant au nom de l’assuré. Le paiement s’effectue au nom du patient, dans le cadre de son assurance. En cas de litige sur une prestation, l’assureur peut au mieux refuser d’intervenir, mais l’honoraire reste en principe dû par le patient lui-même. Une jurisprudence récente confirme aussi que, si un assureur estime avoir versé à tort un montant, il ne peut pas le récupérer auprès du médecin. Le médecin a effectué sa prestation, et la rémunération correspondante reste due de plein droit.
Il serait bon de garder ce raisonnement en tête, alors que de nouvelles propositions du ministre visent à restreindre encore les revenus des médecins. Quiconque veut mener ce débat de manière sérieuse doit partir de bases correctes. Et l’idée que les médecins sont directement payés avec de l’argent public n’en est pas une.









Derniers commentaires
Khalil Kmeid
15 juillet 2025Ps : désolé pour les fautes de frappe…
Khalil Kmeid
15 juillet 2025Les médias et l’assurance maladie parlent souvent de l’argent que les caisses d'assurance maladie paient aux médecins , aux soignants et aux hôpitaux, aux professionnels de la santé , mais ne disent jamais qu’une bonne partie de cet argent est repayé comme impôts par les différents professionnels de la santé .
Effectivement Le tiers payant ne rend pas les professionnel(le)s de la santé des employés ou des clients de l’assurance maladie comme les médias tentent de faire croire , le client de l’assurance maladie reste le patient à qui des soins ont été donnés par le/la professionnel(le) de la santé ,
Que l’assureur santé paie directement le professionnel de la santé au lieu de rembourser son client des frais qu’il aurait payé pour des services médicaux est une facilité , une aide , une assistance afin que le client de l’assurance maladie ( le patient du professionnel de la santé) ait plus facilement accès aux soins de santé sans se tracasser , et c’est une aide nécessaire et justifiée qu’une assurance paie un service médical ou autre directement au prestataire car c’est l’ordre des choses dans une société moderne , sinon c’est une régression que le client paie et se fait rembourser par son assurance après ! Et l’assurance est dans son rôle d’aider et d’assister son client pour les frais et les coûts inhérents à ses soins de santé, car la santé n’a pas de prix mais a un coût et si l’assurance ne veut plus payer à quoi sert une assurance ?!
Bref les médias déforment sciemment ces réalités à des fins sociales et sociales malveillantes et il est temps que cette régression et ces attaques cessent une fois pour toutes .
Philippe TASSART
14 juillet 2025Quand un patient paie directement nos honoraires, qui ose dire qu'il s'agit d'argent public ? Et quand les mutuelles paient nos honoraires en tiers payant, quel insensé peut déclarer qu'il s'agit d'argent public ? L'Inami et les mutuelles ne sont que des intermédiaires, les vrais financiers, ceux qui alimentent le système, ce sont tous les cotisants, la part de l'état étant accessoire. C'est toujours l'argent des cotisants - du moins ce qu'il en reste après toutes les ponctions, honnêtes ou pas, qu'il subit dans son long périple - qui arrive dans nos poches via le tiers payant.
Je me souviens d'une histoire qui nous avait bien fait rire. Le bedeau du village clamait qu'il consommait énormément de soins médicaux car cela ne lui coûtait rien, car c'était la mutuelle qui payait. Le curé l'entendit et lui cria : " Espèce d'imbécile, tu ne sais pas que la mutuelle, c'est toi !".
Nathalie PANEPINTO
14 juillet 2025Voici une répartition plus détaillée des sources de financement de l'INAMI :
Cotisations sociales :
Ces cotisations, prélevées sur les salaires des travailleurs et les bénéfices des employeurs, constituent la principale source de revenus de l'INAMI.
Financement alternatif :
Ce financement comprend des ressources comme des taxes spécifiques, des contributions de certains secteurs professionnels, ou des revenus provenant de la gestion du patrimoine de la sécurité sociale.
Subventions de l'État :
L'État belge contribue également au financement de l'INAMI par le biais de subventions, qui représentent une part significative du budget de l'assurance maladie-invalidité.
Transferts de l'ONSS et de l'INASTI :
L'INAMI reçoit également des transferts de l'Office National de Sécurité Sociale (ONSS) et de l'Institut National d'Assistance Sociale et de Retraite (INASTI), qui représentent une part importante de ses recettes.
Il est important de noter que le financement de l'INAMI peut varier légèrement d'une année à l'autre en fonction de l'évolution de l'économie et des politiques publiques.
Nathalie PANEPINTO
14 juillet 2025Le financement de l'INAMI (Institut National d'Assurance Maladie-Invalidité) provient principalement des cotisations sociales des travailleurs et des employeurs, ainsi que de subventions de l'État et d'un financement alternatif. Ces sources se répartissent comme suit : les cotisations sociales représentent environ 57,3% du financement, le financement alternatif environ 19,4%, et les subventions de l'État environ 17,1%, selon le rapport annuel de l'ONSS pour 2020.
Alexandre Sarafidis
14 juillet 2025Le Dr Geysenbergh a raison .
Un avocat pour du prodeo est payé par notre état .
C’est d’ailleurs déplorable les montants pour cette activité .
Il y a effectivement un parallèle avec le prix Inami de certains s codes Inami .
Les cotisations sociales ,c’est le patient et l’employeur qui cotisent pour l’assurance du patient .
Le patient a le choix entre un médecin conventionné et un médecin non conventionné qui ne reçoit pas de primes diverses inami.
Comme indépendant et profession libérale ;Il doit rester libre de ses honoraires comme les avocats d’ailleurs .
Je ne vous pas de rapport avec les ingénieurs qui ne sont pas une profession libérale mais peuvent travailler comme indépendant ou salariés et parfois même pour l’état .
Le rapport entre ces 3 professions , c’est la difficulté et l’exigences des études et de la formation .
Je n’évoque pas la durée des études d’un médecin spécialiste : bac+ 12 à 15 ans ….les nuits sans sommeils … les responsabilités sont celles de la vie humaine..
Oui il y a des différences .
Nathalie PANEPINTO
14 juillet 2025Au modérateur de ce site : merci de ne pas publier d'articles comportant des erreurs. Ce n'est pas de la censure mais la désinformation des lecteurs peut nuire au sérieux de votre site.
Marie-Gabrielle DACOS
14 juillet 2025Mais si, l’inami est alimentée par les cotisations sociales des travailleurs et aussi par les impôts.
Les codes inami fixe la nature et le coût des acte médicaux. Pour les médecins conventionnés, ces coûts ne peuvent être dépassés. À la différence des avocats, ingénieurs...les médecins sont rémunérés par de l’argent publique.
Dr. M. Dacos
Raymond Moriaux
14 juillet 2025Une merveille de mauvaise foi. Ou d'incompréhension...