Les ministres en charge de l'environnement, du climat ou de la transition écologique aux niveaux fédéral, wallon et bruxellois, ont exprimé mercredi, lors d'une conférence de presse en ligne, leur volonté d'avancer "plus vite et plus loin" pour rencontrer les objectifs de développement durable en 2030.
La Belgique n'est actuellement pas sur la bonne voie, d'après un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publié plus tôt dans la journée.
Les ministres Zakia Khattabi, Céline Tellier et Alain Maron, tous trois Ecolo, ont qualifié de "précieuses" les recommandations de l'OCDE pour la suite de leurs travaux et assuré "regarder dans la même direction".
Le rapport de l'OCDE dresse un bilan sévère des politiques environnementales belges des 13 dernières années. Le constat est clair : la Belgique n'est pas sur la bonne voie pour atteindre les objectifs de développement durable en 2030. Elle est invitée à renforcer ses politiques dans les domaines du changement climatique, de la gestion de l'eau, de la lutte contre la pollution de l'air ou encore de la protection de la biodiversité.
"Il n'y a pas de surprise. Les rapports de ce type se succèdent et se ressemblent et nous forcent à nous engager dans une dynamique et un dialogue constants", a affirmé la ministre fédérale Zakia Khattabi. "Le plus grand tabou aujourd'hui reste l'agriculture, mais la nouvelle stratégie de l'Union européenne en matière de produits chimiques donne un cap ambitieux pour une agriculture plus durable".
De leur côté, les ministres Alain Maron et Céline Tellier ont mis en avant les efforts déjà déployés en matière notamment de lutte contre la pollution de l'air, la protection de la biodiversité et la qualité de l'eau. "La biodiversité est une thématique particulièrement importante que nous plaçons au c?ur des travaux du gouvernement wallon. Mais l'action prend du temps et ne se voit qu'après plusieurs années", a fait valoir Mme Tellier.
Dans son rapport, l'OCDE pointait également la fragmentation des compétences et le manque de coordination entre les gouvernements fédéral et régionaux, un frein, selon l'organisation, à la cohérence des politiques en matière climatique, énergétique, fiscale ou encore de mobilité favorables à l'environnement. La ministre flamande du Climat, Zuhal Demir (N-VA), retenue au parlement flamand, n'était pas présente à la conférence de presse des trois autres ministres.
"Chaque Région peut et doit agir de son côté, mais il y a des structures de coordination qui aujourd'hui fonctionnent et nous avançons sur des projets communs liés notamment au climat", a assuré M. Maron.
"La prochaine décennie sera cruciale tant du point de vue des enjeux climatiques et de biodiversité que de la santé humaine. Nous travaillons à mieux articuler nos travaux et sommes alignés avec la Région bruxelloise et le Fédéral, et j'espère aussi avec la Flandre", a ajouté Mme Tellier.
Dans un communiqué commun, signé par les quatre ministres compétents, Zuhal Demir a accueilli favorablement les recommandations de l'OCDE. "Il n'a pas échappé à l'OCDE que la Flandre tente de redresser le cap de la politique environnementale. La Flandre déploie des efforts importants avec, notamment, le Blue Deal, la lutte contre la sécheresse, notre approche concernant la fraude sur le fumier et notre position de leader dans le traitement circulaire des matériaux et des sols. Bien entendu, l'OCDE signale également des points importants à améliorer. L'application des réglementations environnementales, la réduction de la pollution à l'azote et l'amélioration de la quali té de l'air font partie des priorités du gouvernement flamand. Nous avons encore beaucoup de travail devant nous, mais plaçons l'amélioration du cadre de vie parmi nos priorités", a-t-elle conclu.